La circulation des douleurs a travers le passage du temps : tels pourraient s'intituler les quelques jours recents passes a s'entrainer outre
atlantique, comme on dit.
Pour s'y retrouver, quand on n'est pas chez soi, il semble indispensable d'imaginer des habitudes, d'inventer ses propres rites en
somme.
Pourquoi ? Ce n'est pas vraiment clair ; sinon qu'il n'y a pas d'experience humaine sans sentiment du temps. Et pour que le temps s'inscrive,
il faut quelque chose d'autre que la nouveaute, l'adaptation permanente (ndlr : sos anthropologues !! : ne pourrait-on pas
appeler cela un continuum technico-rituel ?). L'entrainement, c'est precisement quelque chose qui doit s'inscrire dans le corps, non
pas seulement parce qu'il va augmenter ses capacites, sa force, sa souplesse... mais parce qu'il y aura eu tout un processus complexe pour que cela se produise. Se produise eventuellement.
Bref, ces jours derniers, pour evacuer les douleurs, il s'est avere indispensable d'aller courir. Sinon, le corps est tellement dur qu'on ne peut pas le travailler, a moins d'etre tout a fait
brutal envers soi, ou d'avoir un mental en fer forge. Rite number 1.
Et puis apres divers types d'exercices, le rite number 2 est apparu. Chez le Maitre, pour aller jusqu'a la douche, il faut monter des escaliers. C'est ce que nous nommerons ici le check
point. Rien a voir avec les uniformes qui vous demandent, dans certains endroits du monde, vos papiers, vos raisons pour passer la frontiere, ou les activites terroristes auxquelles vous
comptez vous livrer. Non, ce check point la consiste a sentir quel effort vous demande cet acte anodin de monter une dizaine de marches, recouvertes d'une trop epaisse moquette. Ce qui
se passe mieux, ce qui se passe moins bien que la veille. Quels grincements font les articulations des membres inferieurs. Bref, tout un payasage, toute une symphonie interieure. Plus ou moins
interessante, il faut le dire.
Bien a vous,
from Handol martial arts do-jang, Danbury, Ct, USA
Deja 2 semaines que le summer camp europeen a Obertschappina est termine et pas un article, pas une trace, pas une photo sur ce
blog.
Les photos viendront, les commentaires aussi peut-etre, a moins que nous ne nous contentions d'une ou deux anecdotes. C'est que
les temps et les amis nous demandent d'etre modestes, en tout, et que pour une fois, nous sommes bien prets a leur accorder raison. Paresse ? Zest de sagesse ? Rudeness
?
Du fin fond de la colonie coreenne du Connecticut, on nous apprend la patience, ce que Gide appelait de ses voeux dans les
premieres pages des Nourritures terrestres. Rien de neuf sous le soleil donc, a moins qu'il n'advienne en soi par les autres ce qui est toujours une experience inedite : saturation,
fecondation, synthese, germination, croissance, quel que soit le nom qu'on lui donne.
Un salut tout particulier a Ratagile, Xiao Shan, Mourad, Foad, et Jean-Marie (pardon Monsieur Jean-Marie) ainsi qu'aux camarades de Suisse qui se
reconnaitront.
Samedi soir 28 juin, dans la salle Claude Levi-Strauss du musée des arts premiers avait lieu la dernière des présentations des sidérants danseurs de Hip-Hop Last 4 one. Dans cette même programmation, était intégrés des morceaux classiques d'un
ensemble de Gayageum, appelé de manière regrettable par les medias "cithare coréenne".
Cet ensemble intégralement féminin, dont chacune des musicienne était vêtue d'un majestueux han bok, était dirigé par une femme plus âgée à l'allure noble et à l'air sévère. Sa fonction
était de jouer du tambour, c'est-à-dire de marquer le temps. Où nous avons reconnu ce que nous appellerions volontiers Sonbé, dans le do-jang. A moins qu'elle n'ait eu celle de
maître de musique.
Plus tard, et pour un morceau contemporain, un chef d'orchestre est venu. Occasion de comprendre par comparaison, que la Corée avait conservé pour jouer sa musique ancienne
une structure traditionnelle des fonctions. Et que se superposaient là différentes époques, inspirations et styles qui cohabitent.
Un des intérêts de cette programmation était de rassembler un public jeune, habitué aux cris et aux exclamations des battles de hip-hop, portant volontiers baggy et casquettes retournée
et des spectateurs plus tranquilles, amateurs de culture coréenne ou curieux.
A l'applaudimètre, ce furent les danseurs de Hip-Hop, aux exploits physiques impressionnants qui l'emportèrent haut la main. Il est vrai que nos oreilles sont peu habituées à la musique
ancienne d'extrême-Orient. Nous nous garderons bien de dire que ces applaudissements allaient vers ceux qui maîtrisent réellement un art. Dans 800 ans, que restera-t-il du
Hip-Hop? Ce qu'il y a d'appréciable, c'est que les danseurs de Hip-Hop, véritables stars en Corée, ont gardé la modestie de ceux qui savent que la véritable épreuve est
celle du passage du temps.

Le mardi 24 juin au Point éphémère, eut lieu le dernier passage de grade de la saison.
Alors qu'au bord du canal en contrebas, on se désaltérait, on écoutait de la musique et on papotait tant et mieux, sur le parquet nouvellement installé, nos jeunes élèves affrontaient la chaleur
étouffante et l'anxiété de l'examen.
Pour l'occasion, comme ce fut le cas précédemment, Maître Boussalaa, directeur technique européen s'était déplacé de Belgique, cette fois accompagné par Bruno Schoonejans Sa Bom Nim.

Les maîtres posent des questions à un groupe d'élèves: Adrien, Louis, Rachel, Thalis et Germain.
Ce fut une session d'examen tout particulièrement placée sous le signe de YONGI,
le courage, tant chacun avait fait un effort pour être là : les maîtres de Belgique, qui auront fait 700 km en quelques heures, mais aussi Xiao Shan assistante de ce soir là,
qui avait passé les 3 jours précédents au lit, malade ; nous avons vu aussi le visage des enfants, incommodés par la chaleur, et dont certains avaient du coup oublié beaucoup ce
qu'ils avaient fait si bien quelques jours avant. C'est toute la valeur de l'examen, et l'essentiel de son intérêt : devenir capable d'être à son meilleur dans les conditions les moins
favorables. Souhaitons que ce jour constitue une expérience pour les élèves dont ils se souviendront.
Dans le cadre des cours du mercredi pour les schtroumpfs moyens et les grands schtroumpfs, se sont déroulées les petits examens de fin
d'année. La fatigue, l'excitation et l'impatience n'ont pas troublé outre mesure les enfants, qui ont donné, devant leurs parents, tout ce qu'il leur restait sous la semelle. Et c'est peu
dire, puisque les enfants pratiquent, comme il se doit, pieds nus.
Ici, le groupe dit "de 15h", où l'on trouve les plus grandes
qualités martiales, en même temps que des farces qui exigent un talent déjà confirmé.
Puis, comme nous voulions tout de même rejoindre les élèves sur la photo, nous avons confié notre appareil à Lucien, du cours dit "de 14h",
celui des enfants de 4 et 5 ans. Il portait ce jour là un tee-shirt remarquable et remarqué, anec en son centre, le Taegukki (drapeau coréen) et les inscriptions en hangeul,
désormais inscrites dans le marbre : Dae Han Min Guk ! (on dirait chez nous "allez la France")
Voilà le résultat ...

Il y a comme un appel d'air dans l'avion, à moins que ce ne
soit la mer qui nous fasse tanguer ...
La semaine prochaine, dernier cours et la remise des diplômes.
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