Samedi 6 février 2010
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Dans la guerre comme dans la paix, le dernier mot appartient à ceux qui ne se rendent jamais.
Citation de Clémenceau en exergure du journal résistant Combat
Par Dodeline
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Jeudi 4 février 2010
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En Octobre dernier, vous aviez pu découvrir dans Taekwondo Choc un entretien de Maître Choi réalisé par l'Association
Shiwol.
Voici dans le numéro de Février le second volet.
Cette demaine chez tous les bons marchands de journaux.
Par Dodeline
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Dimanche 31 janvier 2010
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11:55
"Tous les corps tombent, mais ce qui compte, c'est la singularité de la chute"
(anonyme).
Par Dodeline
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Mardi 8 décembre 2009
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22:42
18h10 ce mardi. Private s'agite dans les couloirs, avec sa copine Naomi.
Marchant en sens inverse, je l'attrappe par l'épaule et lui dit de se calmer ; peut-être est-ce la 36ème fois que je profère ces paroles, dans ce lieu aujourd'hui ; elle s'écroule par terre de
tout son grand corps en rigolant de manière hystérique. Je lui dis de venir m'aider, et je m'aperçois que c'est la seule chose qui pouvait la sortir de cet état de délaissement, et de profond
ennui, que son excitation ne sert qu'à tromper. Elle me suit et en quelques pas elle a changé d'état.
En salle des maîtres, je sors du carton les do-boks tout neufs, et lui en tend 5 ou 6, en lui demandant de les ranger dans le placard que j'ai préalalblement ouvert.
On fait quelque chose ensemble, un enfant et un adulte ; peut-être est-ce pour elle la première fois de la journée, de la semaine, je n'ose pas dire, du mois. J'en veux pour preuve le sérieux et
le calme qu'elle a soudain, elle que je ne vois jamais ainsi. Puis elle me demande d'une façon ingénue, où enfin, il n'y a plus aucune simagré.
" Est-ce que tu veux que je te passe tous les draps ? "
Dans son lit frais de do-bok, l'école, le blanc sans couture. Vite de quoi écrire, vite !
Par Dodeline
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Mercredi 25 novembre 2009
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22:43
Camille et Victoire sont en CM1b. Elles s'entraînent toutes les deux depuis le mois de septembre à Shiwol. Depuis trois
semaines, après chaque cours, elles voudraient poser 25000 questions sur le Soo Bahk Do ; souvent je ne comprends pas le rapport entre telle ou telle interrogation qu'elles me lancent à toute
allure ; elles prennent le sujet par des bouts inattendus, et puis elles en changent. Elles se parlent, se chipotent même parce que ce n'est pas la bonne question, que ça ne va pas etc
...
Vendredi prochain, le 27 novembre, c'est l'anniversaire de Camille, elle fête ses 9 ans. Et ce jour là, Camille et
Victoire présentent à leur classe un exposé sur le Soo Bahk Do. Elles ont trouvé des photos sur internet sur des sites que je n'ai jamais visités. Etrangement, elles ont aussi choisi une photo
de petite dimension, qui ne présente pas beaucoup d'intérêt, on ne distingue pas les visages, pas vraiment les techniques, seulement 2 personnes face à face. Sur l'image,prise en Corée en 2005,
l'un des personnages est de dos. Les filles ne savaient pas que c'était leur prof. C'est bien de devenir un personnage de dos de leur exposé, pour quelqu'un qui est si souvent en position
frontale.
Pour accompagner l'exposé, elles ont décidé de faire une petite démonstration. Et quoi qu''il arrive, tout cela est
impressionnant.
Par Dodeline
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Samedi 24 octobre 2009
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22:21
Tout fraîchement rentré d'Asie, où il a fait un grand tour, notre
président, Marc Mangin qui n'est plus que vice, mais toujours bien aimé exposera une partie de son travail photographique sur la Chine
à partir du 2 Novembre au Lucernaire, dans le 6ème arrdt de Paris.
A ne pas manquer, en attendant ses futures prises de vues martiales.
Par Dodeline
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Vendredi 21 août 2009
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18:53
Suite d'une expédition avec Maître Choi à la fin juin 2009
On ne plaisante pas avec la sécurité ; on aurait aussi bien pu dire "on ne rigole pas avec la propriété".
Que peut vouloir dire Le Kwan Jang Nim lorsqu'il exprime que le projet d'une fédération mondiale, c'est de construire un "home" (il n'a certes pas parlé de "sweet home"...) pour tous les
adeptes du Soo Bahk Do ? La première des propriétés, c'est la cahute, la cabane, la grotte, ce qui abrite.
Nous nous retrouvions au rayon "matériaux de construction". On nous a envoyés au fond du rayon pour que nous trouvions de quoi nous abriter. Style plat. Le regard du Maître furète, et
je constate que rien ne l'arrête. Il faut interpréter : c'est ce qui s'appelle revenir bredouilles. L'épuisement me guette ; est-ce les 6 heures de recherche au milieu des
embouteillages et des routes inconnues ou la perspective d'une après-midi où les mamans viendront constater les progrès de leurs chers bambins ? Comme dirait Maître Wei, la sage tortue dans
Kung Fu Panda : "hier est derrière, demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau"*. Il faut se le dire à certains moments.
Il n'est pas loin de midi lorsque nous arrivons à l'hôtel. Et pour je ne sais quelle raison, je me prépare à la prochaine tuile.
A la fin de l'après-midi, je retrouve le Maître au café. Je lui fais remarquer, qu'aujourd'hui, 18 juin, c'est le jour de l'appel du Général De Gaulle, qui appela 69 ans plus tôt les
français à résister à l'envahisseur allemand nazi. Et un peu bêtement, dans une tentative pour l'immerger dans l'histoire de France, je demande :
- Et nous Maître, à votre avis, à quoi nous devons résister ?
Et comme une évidence taoïste, il me répond :
- Mais on ne doit pas.
* probablement une traduction pas très fine du jeu de mots pas plus fin de l'amerenglish, "present is a present".
Par Dodeline
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Dimanche 2 août 2009
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20:16
Mercredi 17 juin, 5.30
La petite voiture grise aux rétroviseurs éprouvés file vers l'aéroport.
A mon arrivée, le Maître attend déjà, souriant. S'il n'est pas en avance, c'est nécessairement que je suis en retard. Il est tôt, mais pas tant.
Les files de véhicules en direction de la Grande Ville l'indiquent déjà. Dans le flux, j'insers la petite voiture.
Quelques jours auparavant, le maître avait appelé pour dire ce qu'il souhaitait. En voiture, il réitère, sans donner plus de détails. Je traduis : tandis que la circulation se densifie sur
le périphérique, direction Sud Sud-Est.
Au bout d'un certain temps, nous voilà dans un parking sous-terrain ;
des centaines d'emplacements vides. Nous attendons sur le parvis du grand magasin. Dans un rayon de soleil, je m'étire, toute engourdie, le maître prend déjà quelques postures
inconfortables. La journée sera longue.
La lourde grille s'ouvre. Nous nous dirigeons, comme on nous l'a conseillé sur le côté du bâtiment. Pas de trace du type censé nous renseigner davantage. Sa collègue mi-blasée, mi-désolée
nous conseille d'aller voir ailleurs. Il faut pousser plus vers l'Est, et s'aventurer vers des territoires inconnus. Je doute de l'utilité de ce déplacement, de l'itinéraire totalement improvisé.
Les routes mènent toutes quelque part, la preuve, le nombre de voitures qui les empruntent à cette heure-ci. Mais combien parmi elles sont à ce point focalisées sur cette zone ?
A notre arrivée, je reconnais l'endroit pour y être venue 5 ou 6 ans auparavant. Les quelques clients qui nous précèdent sont graves, presque inquiets : ils construisent leur maison, leur allée
ou le mur qui doit les protéger. Ils ne plaisantent pas avec la sécurité.
Par Dodeline
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Vendredi 31 juillet 2009
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16:17
Suite et fin des extraits du texte de H. Von Kleist, Sur le théâtre de marionnettes
"- Ainsi mon excellent ami, me dit Monsieur C..., vous êtes en possession de tout ce qu'il faut pour me comprendre. Nous voyons que, dans le monde
organique, plus la réflexion paraît faible et obscure, plus la grâce est souveraine et rayonnante. -Cependant, comme l'intersection de deux lignes situées d'un même côté d'un point se retrouve
soudain de l'autre côté, après avoir traversé l'infini, ou comme l'image d'un miroir concave revient soudain devant nous, après s'être éloigné à l'infini :ainsi revient la grâce, quand la
conscience est elle aussi passée par un infini ; de sorte qu'elle apparaît sous sa forme la plus pure dans cette anatomie humaine qui n'a aucune conscience, ou qui a une conscience infinie donc,
dans un mannequin, ou dans un dieu.
- Par conséquent, lui dis-je un peu songeur, nous devrions manger une fois encore du fruit de l'Arbre de la Connaissance, pour retomber dans l'état d'innocence ?
- Sans aucun doute, me répondit-il ; c'est le dernier chapitre de l'histoire du monde."
Photo de Luc Viatour,
http://www.lucnix.be
Par Dodeline
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Mardi 21 juillet 2009
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16:49
Suite des extraits choisis du texte de Heinrich Von Kleist
- A ce propos, me dit amicalement Monsieur C..., je voudrais vous raconter une autre histoire, dont vous comprendrez aisément qu'elle a sa place
ici.
" Je me trouvais, lors d'un voyage en Russie, dans la propriété de Monsieur de G..., un gentilhomme livonien, dont les fils pratiquaient alors intensément l'escrime. Surtout l'aîné, qui venait de
quitter l'université se vantait d'être un virtuose et me proposa, comme j'étais un matin dans sa chambre, une rapière. Nous nous battîmes ; mais il se trouva que je lui étais supérieur ; la
passion acheva de le troubler ; presque chaque coup que je donnai le touchait et finalement sa rapière s'envola dans un coin de la pièce. A moitié pour plaisanter, et à moitié dépité, il me dit
en ramassant son arme qu'il avait trouvé son maître, mais que dans ce monde chacun trouvait le sien et qu'il voulait me conduire au mien. Les deux frères éclatèrent de rire et s'écrièrent :
"Allons ! Allons ! Descendons au bûcher ! " Ils me prirent par la main et me menèrent devant un ours que leur père, Monsieur de G..., faisait élever dans la cour.
" Lorsque stupéfait, je me trouvai face à lui, l'ours se tenait sur ses pattes arrière, le dos appuyé au poteau où il était attaché, la griffe droite levée, prête à frapper, et il me regardait
dans les yeux : il s'était mis en garde. Quand je me vis confronté à un tel adversaire, je ne sus si je rêvais ; pourtant, Monsieur de G... me dit : "Attaquez, attaquez ! Et essayer donc de lui
donner un coup ! " Une fois remis de ma première surprise, je poussai une botte ; l'ours fit un mouvement de patte très bref et para l'attaque. J'essayai de le suborner avec des feintes ; l'ours
ne bougea pas. Je poussai encore une botte soudaine, avec une telle adresse que j'en aurais infailliblement touché la poitrine d'un homme : l'ours fit un mouvement de patte très bref et para
l'attaque. A présent, j'étais presque dans la situation du jeune Monsieur de G... Le sérieux de l'ours achevait de me faire perdre contenance, les attaques et les feintes alternaient, la sueur me
ruisselait sur le corps : en pure perte ! Non seulement l'ours parait toutes mes attaques, comme le premier escrimeur du monde, mais (ce en quoi aucun escrimeur au monde ne l'eût imité) il ne
répondait même pas à mes feintes : son oeil dans le mien, comme s'il avait pu lire dans mon âme, il restait griffe levée, prêt à frapper, et quand mes attaques n'étaient qu'esquissées, il ne
bougeait pas. "
A suivre
Par Dodeline
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