Texte Libre

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!


Il sera question dans ces pages
Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, art martial traditionnel coréen
D'une certaine tendance de sa pratique, Shiwol.
De ce qui s'effusionne dans Shiwol et dans les alentours : 
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme,
et s'agite de tout son corps divisé.

Nous nous égarerons aussi parfois dans des digressions hors de propos, mais nous espérons que les lecteurs, informés que bien souvent, le plus intéressant dans un livre, ce sont les notes de bas de page, pas ne nous en voudront pas

Et s'ils éprouvent quelque rancune, nous attendons avec une certaine impatience leur commentaire
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L'Europe, au-delà du MDK

Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 11:06

Le 25 mars 2007, pendant l'Euro Soo Bahk Do, on célébrait le 50 ème anniversaire du Traité de Rome.
Extrait d'un article de l'écrivain hongrois György Konràd, paru dans le Courrier International n°855 (22 au 28 mars 2007)

(...) S'il faut répondre à la question "Qu'est-ce qui rassemble l'Europe?", je réponds sans hésitation : sa culture symbolique, les arts, l'écriture, et à l'intérieur de cela, la littérature religieuse et laïque, qui a pris forme il y a des centaines et des milliers d'années. Le débat public sera sans doute de plus en plus centré sur les relations de l'Europe avec les autres parties du monde, du moins avec d'autres grandes puissances. Pour ce qui est de l'ancienneté de la civilisation et de la taille de la populataion, autrement dit du point de vue des ressources humaines, ce sont la Chine et ses voisins d'Asie du Sud-Est qui sont les pays les plus forts. Du point de vue de la possession d'une force armée sachant faire respecter sa volonté et d'une puissance économique et scientifique, les Etats-Unis sont évidemment à la première place. En revanche, du point de vue de la pluralité, de l'urbanité, du niveau de vie et de l'héritage artistique, c'est l'Europe.
L'Europe, en revanche, a chuté deux fois durant le siècle dernier, avec les deux guerres mondiales, et elle s'est couchée dans le lit des tyrannies les plus répugnantes. L'Europe n'a aucune raison, ni aucun droit de se pavaner. Il suffit de passer en revue mes expériences et celles de mon entourage proche et lointain pour que je ne tombe pas dans le panneau de l'autoportrait collectif vantant nos mérites. Je dois évoquer aussi le revers de l'autocongratulation : les procédés infâmes, les mésententes mesquines, l'éclipse des valeurs, l'ersatz d'idées en lieu et place d'une véritable politique humaniste.
Seule une minorité de l'humanité vit dans des Etats de droit démocratique. Il faudrait que les membres de la minorité démocratique de l'humanité se serrent les coudes et réfléchissent, de la façon la plus ouverte qui soit à leur biens communs, à leurs responsabilités et à leur stratégie (...)
L'Europe va user de ce qu'elle a : sa capacité intellectuelle fondée sur la pluralité. Elle sera obligée d'aimer sa diversité, car c'est sa force : l'homme à plusieurs niveaux, opposé à l'homme à un seul niveau. Quant à ce que nous avons appris de la liberté de penser, nous ne devons jamais nous en départir, sous peine de nous attirer la honte et le ridicule.

C'est ici en Europe qu'on trouve le plus de créations humaines et de monuments historiques par kilomètre carré. C'est ici que le moi pensant est devenu l'objet principal de la pensée. Ce qui est absolu ailleurs se révèle ici relatif. Chez nous, en Europe, un peu plus de mots, de réflexions, de citations et d'analyses entourent l'amour, la table, la politique et la littérature. C'est un continent verbal. Nous pensons en recourant à notre héritage textuel et iconographique. Nous vivons dans la mythologie que nous ont léguée ceux qui nous ont précédés sur ces terres. Nous nous reposons sans cesse les mêmes questions.
Les vrais Européens, ce sont les traducteurs. C'est grâce aux traducteurs que l'Europe multilingue a pu devenir, ici et là, un tissu culturel (...). Grâce à la curiosité des individus et aux traductions, la culture européenne est une culture d'accueil. L'Europe doit son statut de super-puissance à sa culture, au fait que ses habitants lisent relativement beaucoup et que l'on trouve toujours parmi eux des lecteurs passionnés.
La culture européenne n'a pas de frontières, elle est partout dans le monde (...). Mais une politique culturelle n'a de  succès que si elle favorise la connaissance mutuelle des individus et des communautés, au delà des frontières des Etats et des langues. Je compare la tâche de la politique culturelle européenne à celle de planter, soigner et nourrir une fleur rare : celle de la curiosité mutuelle (...).

Si vous voulez l'Union, vous devez vouloir vous mettre, de temps en temps, dans la peau d'un autre Européen -éventuellement à travers des livres. Sans une gymnastique de l'esprit européen, nous assisterons au grand abrutissement. Nous vivons sur un continent loquace, où les hommes parlent beaucoup et volontiers, où ils aiment formuler la réalité de mille et une manières. Nous pouvons rougir à cause de ce flot verbal, mais nous pouvons aussi en être fiers. Reconnaissons notre complexité et réjouissons-nous en.
Par Dodeline - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /Jan /2007 13:28

 "On ne saurait gouverner sans être laconique".

                                           Saint-Just

Par Dodeline - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 17:18
(...) Cette nation aura pour législation un fac simile, le plus ressemblant possible, du droit naturel. Sous l'influence de cette nation motrice, les incommensurables friches d'Amérique, d'Asie, d'Afrique et d'Australie seront offertes aux émigrations civilisantes ; les huit cent mille boeufs annuellement brûlés pour les peaux dans l'Amérique du Sud seront mangés ; elle fera ce raisonnement que s'il y a des boeufs d'un côté de l'Atlantique, il y a des bouches qui ont faim de l'autre côté. Sous son impulsion, la longue traînée des misérables envahira magnifiquement les grasses et riches solitudes inconnues (...) ; les meurt-de-faim et les va-nu-pieds, ces frères douloureux et vénérables de nos splendeurs myopes et de nos prospérités égoïstes, auront, en dépit de Malthus, leur table servie sous le même soleil. (...)
La paix, déesse à huit mamelles, majestueusement assise au milieu des hommes ; aucune exploitation, ni des petits par les gros, ni des gros par les petits et partout la dignité de l'utilité de chacun sentie par tous ; l'idée de domesticité purgée de l'idée de servitude ; l'égalité sortant toute construite de l'instruction gratuite et obligatoire ; l'égout remplacé par le drainage ; le châtiment remplacé par l'enseignement ; la prison transfigurée en école ; l'ignorance, qui est la suprême indigence, abolie ; l'homme qui ne sait pas lire aussi rare que l'aveugle-né (...)

La liberté du coeur humain respectée au même titre que la liberté de l'esprit humain, aimer étant aussi sacré que penser. Une vaste marche en avant de la foule Idée conduite par l'esprit Légion. La circulation décuplée ayant pour résultat la production et la consommation centuplées ; (...)
Pour guerre l'émulation. L'émeute des intelligence vers l'aurore. L'impatience du bien gourmandant les lenteurs et les timidités. Toute autre colère disparue. Un peuple fouillant les flancs de la nuit et opérant au profit du genre humain une immense extraction de clarté. Voilà quelle sera cette nation.
Cette nation aura pour capitale Paris, et ne s'appellera point le France ; elle s'appellera l'Europe.
Elle s'appellera l'Europe au vingtième siècle et, aux siècles suivants, plus transfigurée encore, elle s'appellera l'Humanité.
L'Humanité, nation définitive, est dès à présent entrevue par les penseurs, ces contemplateurs des pénombres (...).
Par Gavroche - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 15:35
Introduction à l'ouvrage Paris-Guide paru à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1867

V. Hugo développe dans ce texte sa vision des Etats-Unis d'Europe. C'est l'occasion pour lui d'un plaidoyer pour le nécessaire dépassement des Nations et des nationalismes. Trois ans plus tard, la guerre franco-prussienne allait trancher en faveur des ces Etats-nations modernes dont les rivalités permanentes et l'équilibre impossible constitueraient pendant trois quarts de siècle l'histoire tragique et suicidaire du continent. Mais en 1867, l'avenir était encore ouvert (... )
Ecrits Politiques, Livre de Poche, anthologie établie et annotée par Franck Laurent

Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette nation sera grande, ce qui ne l'empêchera pas d'être libre. Elle sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l'humanité. Elle aura la gravité douce d'une aînée. Elle s'étonnera de la gloire des projectiles coniques (forme de balle ou d'obus alors très moderne), et elle aura quelque peine à faire la différence entre un général d'armée et un boucher ; le pourpre de l'un ne lui semblera pas très distincte du rouge de l'autre. Une bataille entre Italiens et Allemands, entre Anglais et Russes, entre Prussiens et Français, lui apparaîtra comme nous apparaît une bataille entre Picards et Bourguignons.(...) Elle trouvera bête cette oscillation de la victoire aboutissant invariablement à de funèbres remises en équilibre, et Austerlitz toujours soldé par Waterloo. Elle aura pour "l'autorité" à peu près le respect que nous avons pour l'orthodoxie ; un procès de presse lui semblerait un procès d'hérésie ; elle admettra la vindicte contre les écrivains juste comme nous admettons la vindicte contre les astronomes, et, sans rapprocher autrement Béranger de Galilée, elle ne comprendra pas plus Béranger en cellule que Galilée en prison. E pur si muove, ("et pourtant, la Terre tourne", phrase qu'aurait murmurée Galilée après s'être rétracté) loin d'être sa peur sera sa joie. Elle aura la suprême justice de la bonté. Elle sera pudique et indignée devant les barbaries. La vision d'un échafaud dressé lui fera affront. Chez cette nation, la pénalité fondra et décroîtra dans l'instruction grandissante comme la glace au soleil levant. La circulation sera préférée à la stagnation. On ne s'empêchera plus de passer. Aux fleuves frontières succèderont les fleuves artères. Couper un pont sera aussi impossible que couper une tête (...)
Par Gavroche - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /Déc /2006 10:36
(De notre envoyé spécial a Bruxelles)

La plaisanterie culottée de certains journalistes de la RTBF -chaîne de télévision belge francophone-, à faire palir de jalousie les intermittents du spectacle de France, a provoqué une vive réaction depuis la semaine dernière en Belgique.

Au moment où tous les honnêtes gens, fatigués de leur journée de travail baissent leur garde face au monde et allument leur poste de télévision, entre 20 et 20h30, un flash spécial a présenté aux téléspectateurs l'inimaginable : la secession de la Flandre, et la fuite du roi (la rumeur disait "en direction de Kinshasa" ...).

Pourquoi ce canular serait-il impossible en France ?

Sur une chaîne nationale, personne ne serait prêt à prendre de tels risques pour sa place et la suite de sa carrière. Si les intermittents ont réussi à plusieurs reprises à utiliser la complicité d'employés de la télévision, il leur a toujours fallu un élément de violence pour "prendre l'espace publique" ne serait-ce que quelques minutes (on se souvient de l'envahissement du plateau de la Star Académy ou celui de la cérémonie des Césars). C'est dans la mesure où ils mettaient à nu la nécessité de cet élément de violence que leurs actions servaient véritablement leur cause.

Ce qui est épatant dans le cas du canular de la RTBF, c'est que c'est un journaliste investi de la parole "vraie", (imaginons un PPDA en France) qui s'est mouillé. Et ce faisant, il s'est montré plus que jamais, journaliste : il a joué avec ce qu'il représente comme corps, visage et discours, pour des dizaines de milliers de braves gens crédules. Il a donné du jeu entre les représentations dominantes que génère à chaque seconde l'écran de télévision, et le réel. Il est intéressant de savoir que tous les signes offerts aux spectateurs que ce flash était un faux sont passés inaperçus. Preuve que le vide entre représentation et réel, même s'il est offert, n'a pas été saisi par la majorité des récepteurs que sont les téléspectateurs.

Dignes successeurs de Magritte, les concepteurs du canular, même s'ils ont été rappelés à l'ordre, s'en sortent pour l'instant indemnes. Et selon des informations récentes, le canular commence à produire des effets intéressants : on apprend aujourd'hui par exemple le rapprochement des rédactions de grands journaux, l'un wallon, l'autre flamand, pour "lutter contre les stéréotypes".

Même si ce projet nous semble digne de Sysiphe -il demanderait une révolution complète du système de circulation de l'information, du système de production, du rapport à l'image animée ...-, il a le mérite de montrer qu'un grand éclat de rire malicieux bien placé peut beaucoup plus qu'on ne le pense.

Par Dodeline - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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