Jeudi 28 avril 2011
4
28
/04
/Avr
/2011
20:22
Retour sur notre "phénoménologie" du pitchagi.
Sur quasiment toutes les photos de pitchagi, vous ne verrez aujourd'hui, en plus du mouvement de jambe, que des mains ouvertes (cf les
photos précédentes). C'est tellement admis, qu'on ne se demande pas pourquoi : il doit en être ainsi, d'abord et surtout parce que Kwan Jang Nim lui-même le montre ainsi.
Mais, il faut savoir que ça n'a pas été toujours ainsi. Par exemple ci-dessous. Cette photo date de 1978 (la même année que les propos
que nous avons reproduits très récemment, dans l'article La supériorité de la défensive)
Ici, pas de main ouverte. Le coup de pied est présenté dans sa dimension dynamique, dans son application possible. Que le main soit sur
la gachette ou dans la poche, ce n'est pas là l'essentiel.
Six ans plus tard, en 1984, revoici notre pitchagi.
Il n'est plus question d'application combat, il n'y a pas d'adversaire apparent. C'est une photo dénuée d'agressivité, comme si la
vocation défensive du Soo Bahk Do, dont il était question en 1978 , dans l'entretien de Black Belt, devait devenir visible. C'est cette photo qui fut choisie pour être emblématique du Soo Bahk Do
aux Etats-Unis, d'abord puis ailleurs dans le monde.
Mais revenons à la position des mains. La position de la main avant, celle qui se voit lorsqu'on observe le pitchagi de devant, est
presque parallèle à la jambe. C'est comme si la main donnait la direction au pied. D'autre part, on note que la main est à hauteur du visage.
Si l'on compare avec le "pitchagi du 21ème siècle", on observe tendanciellement :
- que la main est descendue (au niveau moyen, celui du plexus solaire et non plus au niveau haut, celui du visage).
- le bol du pied tend à être encore davantage projeté latéralement. C'est ici bien visible chez Diego Salinas Sa Bom Nim, mais aussi
par exemple chez Kim Yoo-Oeb Sa Bom Nim qui -enseigne à Daegu, en Corée-. Ce qui pourrait amener à un changement de cible : ce n'est plus le menton de l'adversaire mais bien plutôt, et de manière
univoque, sa tempe.
On peut alors se poser la question suivante : y a-t-il quelque chose à interpréter dans le fait que la main s'ouvre d'une part, mais
aussi qu'elle "descende" ?
1) La main qui s'ouvre fait que le coup de pied "s'immobilise". Ce qu'on voit, c'est la posture, c'est-à-dire le rapport des parties du corps entre elles, les rapports de lignes.
C'est ce rapport des lignes entre elles qui dessine la forme du coup de
pied et qui donne sa dimension proprement esthétique au mouvement. On devra entendre "esthétique" dans toute la force de ses significations.
(à suivre)
Commentaires