Texte Libre

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!


Il sera question dans ces pages
Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, art martial traditionnel coréen
D'une certaine tendance de sa pratique, Shiwol.
De ce qui s'effusionne dans Shiwol et dans les alentours : 
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme,
et s'agite de tout son corps divisé.

Nous nous égarerons aussi parfois dans des digressions hors de propos, mais nous espérons que les lecteurs, informés que bien souvent, le plus intéressant dans un livre, ce sont les notes de bas de page, pas ne nous en voudront pas

Et s'ils éprouvent quelque rancune, nous attendons avec une certaine impatience leur commentaire
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littérature et témoignages

Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 16:20

Suite des extraits choisis du texte de Heinrich Von Kleist.

Je lui dis qu'aussi adroitement qu'il mène l'affaire de ses paradoxes, il ne me ferait jamais croire qu'il puisse y avoir plus de grâce dans un mannequin mécanique que dans la structure du corps humain.
Il répondit qu'il était absolument impossible à l'homme d'y rejoindre un tant soit peu le mannequin. Que seul un dieu pourrait, dans ce domaine, se mesurer à la matière et que c'était là où les deux extrêmités du monde circulaire venaient se retrouver.
Ma surprise allait croissant, et je ne savais que répondre à de si étranges affirmations.
Il semblait, répliqua-t-il, tout en prenant une pincée de tabac, que je n'avais pas lu avec attention le troisième chapitre du Premier Livre de Moïse ; et qu'à celui qui ne connaissait pas cette première période de la culture humaine, on ne pouvait guère parler des suivantes, et encore moins de la dernière.
Je lui dis que je savais fort bien quels désordres la conscience provoque dans la grâce naturelle de l'homme. Un jeune homme de mes connaissances avait, par une simple remarque, pour ainsi dire sous mes yeux, perdu son innocence, et n'en avait plus jamais retrouvé le paradis, malgré tous les efforts qu'on pût imaginer.- "Mais ajoutai-je, quelles conséquences pouvez-vous en tirer ?"
Il me demanda de quel évènement je voulais parler.
" Je me baignai, lui racontai-je, il y a environ trois ans, avec un jeune homme, dont l'anatomie était empreinte d'une grâce prodigieuse. il devait être dans sa seizième année et on pouvait à peine déceler chez lui les premiers signes de vanité provoqués par les faveurs des femmes. Le hasard voulait que nous ayons vu à Paris, peu de temps auparavant, cet éphèbe qui s'enlève une épine du pied ; le moulage de cette statue se trouve dans la plupart des collections allemandes. le regard qu'il jeta dans un grand miroir à l'instant où pour l'essuyer, il posait le pied sur un tabouret, le lui rappela ; il sourit et me dit quelle découverte il venait de faire. Je venais à vrai dire de la faire moi aussi, dans le même instant ; mais était-ce pour mettre à l'épreuve la grâce qui l'habitait, ou aller à l'encontre de sa vanité et l'en guérir un peu : je ris et rétorquai qu'il devait avoir des visions ! Il rougit et leva une deuxième fois le pied pour me le prouver ; mais, comme on aurait facilement pu le prévoir, sa tentative échoua. Déconcerté, il leva le pied une troisième et une quatrième fois, et il le leva bien dix fois encore : en pure perte ! Il était hors d'état de reproduire ce mouvement -que dis-je ? Les mouvements qu'il faisait étaient si comiques, que j'eus de la peine à retenir mon rire.
A dater de ce jour, pour ainsi dire de cet instant, une transformation inexplicable s'opéra en lui. Il passait des journées entières devant le miroir ; et un charme après l'autre le quittait. Une forme mystérieuse et invisible semblait s'être posée, tel un filet de fer, sur le libre jeu de ses gestes, et quand une année eut passé, on ne trouvait plus trace en lui du charme qui avait fait la joie de ceux qui l'entouraient (...) 

à suivre

Par Dodeline - Publié dans : littérature et témoignages
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 15:52

Heinrich Von Kleist (1777-1811), auteur notamment du Prince de Hombourg et de Penthésilée, fait partie des écrivains inclassables, capables d'oeuvres d'une fulgurante modernité. Nous publions ici des extraits de son texte court Sur le théâtre de marionnettes. Nous l'avons lu comme une étude sur le mouvement, question on ne peut plus centrale dans les arts martiaux.
Le texte se présente sous la forme d'une conversation entre un danseur et un journaliste admirateur, à propos du mouvement des marionnettes. Le journaliste cherche à comprendre l'admiration que voue le danseur célébre à ce type de spectacles réputés populaires et réservés aux enfants.


(...) Quel avantage cette poupée aurait-elle sur les danseurs vivants ?
- Quel avantage ? Avant tout mon excellent ami, un avantage négatif : elle ne ferait en effet jamais de manières. Car l'affectation apparait comme vous le savez, au moment où l'âme (vis motrix) se trouve en un point tout autre que le centre de gravité du mouvement. Et comme le machiniste ne dispose, par l'intermédiaire du fil de fer ou de la ficelle, pas d'un autre point que celui-ci, les membres sont comme ils doivent être, morts, de simples pendules, et se soumettent à la seule loi de la pesanteur ; une propriété merveilleuse, qu'on chercherait en vain chez la plupart de nos danseurs.
" Vous n'ave qu'à regarder la P..., poursuivit-il, quand elle joue le rôle de Daphné et que poursuivie par Apollon, elle se retourne vers lui ; son âme est logée dans les vertèbres des reins ; elle se plie comme si elle voulait se briser, telle une naïade de l'Ecole du Bernin. Voyez le jeune F..., quand il symbolise Pâris debout entre les trois déesses, et tend la pomme à Vénus : son âme se tient cachée (c'est effroyable à voir) dans le coude.
" De telles erreurs, ajouta-t-il pour couper court, sont inévitables depuis que nous avons mangé du fruit de l'Arbre de la Connaissance. Mais le Paradis est vérouillé, et le Chérubin à nos trousses ; il nous faudrait donc faire le tour du monde pour voir s'il n'est peut-être pas rouvert par derrière".
Je ris. il est vrai pensai-je, que l'esprit ne saurait se tromper là où il n'existe pas. Mais je remarquai qu'il ne m'avait pas encore tout dit et le priai de poursuivre.
" Du reste, me dit-il, ces poupées ont l'avantage d'être antigravitationnelles. Elles ne savent rien de l'inertie de la matière, propriété on ne peut plus contraire à la danse : car la force qui les soulève dans les airs est supérieure à celle qui les retient au sol. Que ne donnerait notre bonne G... pour peser soixante livres de moins ou pour qu'un contrepoids de cette importance vienne l'aider à exécuter ses pirouettes et ses entrechats ? Comme les elfes, les poupées n'ont besoin du sol que pour le frôler et réanimer l'envolée de leurs membres par cet arrêt momentané ; nous-mêmes en avons besoin pour y reposer un instant et nous remettre des efforts de la danse : instant qui n'est manifestement pas de la danse, et dont il n'y a rien d'autre à faire que de l'écarter autant qu'on peut."

(à suivre

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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 16:21

Les perles de rosee, emouvantes au petit matin 
Figees dans un brillant vernis d'eternel
Pays clair opaque
Nombreuses inclinaisons confondues en remerciement en excuses
Confondues
Un grand honneur captif
Les regards ne se croisent pas
Clignement du fer au contact du sol
Battement de coeur sous les coups des tambours
Terre mille fois violee
En mille et une nuits profondes.

Des tresors des bijoux des brillants
Des formes des figures et des danses
Que le ciel ne regrettera pas
Pourvu qu'il explose en averse.

(a continuer)


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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 15:31

 

Adrien au travail


 
Quand j'avais 8 ans, j'aimais Capitaine Flam à cause de l'espace et des étoiles, de la blondeur, et de la combinaison ; Albator parce qu'il portait une cape qui flottait toujours au vent, et qu' il avait l'oeil caché par un bandeau noir ; j'aimais Mats Wilander parce qu'il était un modèle de discrétion, Yannick Noah parce qu'il faisait des coups extraordinaires.
Quand j'avais 8 ans, je jouais au foot avec les garçons, et l'un d'eux m'avait surnommé Jean Tigana. Un jour, après une récréation, un gars de l'équipe adverse m'a tapée comme si j'avais été un garçon, très violemment. Ce fut un choc et une reconnaissance.

Adrien, lui, il a eu le privilège de se faire corriger son Yopodo chagui par le Kwan Jang Nim.


Ensuite, Kwan Jang Nim lui a expliqué des trucs ; en anglais, bien sûr, mais je parierais que Adrien a compris. Je n'étais pas là, encore à papoter à droite à gauche, à refaire le monde, sans Capitaine Flam.
Mais Xiao Shan veillait, et elle a fait ses clics.








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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 11:04
undefined Si son père et son maître ont tous deux perdu un objet
l'homme devra d'abord rechercher l'objet perdu du maître.

Si son père et son maître portent tous deux un fardeau
l'homme déchargera d'abord son maître.

                   
Si son père et son maître sont emmenés en captivité

il rachète d'abord son maître et ne paie qu'ensuite la rançon du père.

C'est que si son père l'introduit dans la vie de ce monde-ci, le maître qui lui communique sa science l'introduit dans la vie du monde futur.

                    D'après Maïmonide, Le livre de la connaissance
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Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 22:14
Le moustique sait fort bien, si petit soit-il
Qu'il est bête de proie.
Mais après tout
Il ne fait que se remplir le ventre
Il ne met pas mon sang à la banque.

D.H Lawrence, Pensées
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 17:04
Je n'ai jamais vu créature sauvage
Ayant pitié de soi.
Un petit oiseau gelé tombera mort d'une branche
Sans plainte.

D.H Lawrence, Pensées

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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 22:55
Un jour, au monastère se présente un homme  d'un très bon niveau en arts martiaux.
En regardant pratiquer un moine devant lui, il demande au maître des lieux :

- Combien faut-il de temps pour atteindre le niveau de ce moine ?

- 10 ans, lui répondit le maître.

L'homme qui avait bon opinion de lui-même reste interloqué. Il s'attendait à moitié moins.
Il demande :

- Mais si je m'entraîne tous les jours ?

- 20 ans, lui dit le maître.

N'en croyant pas ses oreilles, l'homme insiste.

- Mais si je m'entraîne nuit et jour sans m'arrêter un seul instant ?

- 30 ans.

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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /Oct /2007 16:29
                                            Les racines aiment l'argile, l'être humain aime la mer.
                      Les fruits ressemblent à des bijoux et leur écorce à la carapace d'un crabe.
                                        Amers, ils ont pourtant quelquefois un goût de douceur.
                                     Tombent les feuilles et s'enhardit le vent, on est en octobre.


                                                            Ch'oe Ch'i-Won (857-?)



racinescor--e4--640x480-.jpg                                                                               forêt coréenne (été 2004)
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 19:22

... "sans se pencher sur le présent, il est impossible de comprendre le passé "

Au détour d'une page de Marc Bloch,  dans L'étrange défaite, on trouve cette idée, somme toute assez simple, et qui ne l'est finalement pas tant, du fait qu'elle est une inversion d'un lieu commun rabattu qui l'opacifie.
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