Texte Libre


Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!
Il sera question dans ces pages
Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, art martial traditionnel coréen
D'une certaine tendance de sa pratique, Shiwol.

De ce qui s'effusionne dans Shiwol et dans les alentours :
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme, et s'agite de tout son corps divisé.
Nous nous égarerons aussi parfois dans des digressions hors de propos, mais nous espérons que les lecteurs, informés que bien souvent, le plus intéressant dans un livre, ce sont les notes de bas de page, ne nous en voudront pas. Et s'ils éprouvent quelque rancune, nous attendons avec une certaine impatience leur commentaire.
Pour venir vous entraîner avec nous, cliquez à gauche de la page d'accueil et vous saurez où nous trouver en chair et en os. 

 

Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /2007 11:08

La Corée est un merveilleux terrain de circulation vallonné pour qui aime aller à pied.
C'est ainsi qu'après avoir gravi différentes faces des Monts Sorak; Bera et moi nous dirigeâmes plein sud vers le Mont Taebek !


L'Empereur du Ciel eut avec une de ses concubines un fils nommé Hwanung. Celui-ci émit un jour le souhait de descendre dans le monde des hommes. Son père lui choisit pour résidence les monts Taebaek, situés au Gangwon-do, au sud de Gangneung.

Les pentes étaient plus charmantes, plus variées, moins entretenues aussi : pas de doute, on était descendu dans la hiérarchie : nous n'étions plus dans un parc naturel national, trésor de la nation coréenne, mais seulement régional. Trésor encore à définir. En s'approchant du sommet, les nuages s'épaississaient. Il semblait que ce devait être toujours ainsi, sur le Mont Taebek, sûrement pour cacher Hwanung du regard des collines avoisinantes.
A notre arrivée, voici ce que l'on trouva :

Nous manquions certes un peu de ferveur religieuse ce jour là ...
Au-dessus de nous, les avions passaient si près qu'on aurait bien pu croire que nous étions recherchées par toutes les forces armées coréennes rassemblées!
Derrière nous, ce n'était pas beaucoup mieux ; une troupe de pipistrelles piaillait, et manifestait son existence de toutes les manières possibles et imaginables.

J'aperçus un instant une belle silhouette masculine avec un grand chapeau de tissu, une démarche lente et pesante, empreinte de noblesse; elle disparut dans la brume; Les pipistrelles, elles, restaient. Elles finirent par nous interpeler. Zut, ah non ... Je tournai la tête mais il était trop tard !

Nous finîmes par nous laisser inviter. En nous approchant, nous découvrîmes tout un éventail d'adjuma.






Elles étaient sorties en rangs resserrés ; ce n'était certes pas le petit groupe discret gentil de copines, mais l'escadron pour faire l'ascension du Mont Taebek!
 Bera et moi devions leur faire bien de la peine, preuve vivante que nous étions que la modernité occidentale n'est pas un progrès de la civilisation. Nous n'avions rien, avec notre dépouillement revendiqué, ni pour nous abriter du soleil ou du vent, ni pour couvrir notre gorge, ni pour boire ou grignoter ; elles avaient pensé à tout ! Kim'chi, à haute dose (quel déshonneur ce serait pour une adjuma que de manquer de kim'chi en une quelconque occasion), soju à volonté, kim pap, et des tas d'autres choses qui avaient déjà été dévorées.
Elles commencèrent à bavarder, comme si nous nous étions toujours connues ; elles nous prenaient à témoin, nous racontaient des blagues, en coréen, tout en percevant qu'on n'y comprenait à peu près rien, et elles se fichaient de nous dès qu'elles pouvaient. Elles nous servaient du soju, nous proposaient tout ce qu'il leur restait, et elles enchaînaient.
Au final, Bera prit l'initiative d'immortaliser cette rencontre au sommet ; lorsqu'elles aperçurent son appareil, ce fut encore de nouvelles exclamations pour trouver la meilleure pose, le moyen qu'absolument tout le monde soit sur la photo en même temps -mais comment la prendre alors, la photo ... tous les randonneurs avaient fui ...-. Bera, installée à Daegu à cette époque leur proposa de leur envoyer les pièces à conviction de notre nouvelle fraternité, ce qui fit monter notre cote au-delà des nuages, et des avions. Tout prêt de la demeure de l'Empereur du ciel et de sa concubine.

PS : Bera nou précise à la lecture de cet article que les adjuma téléphonèrent ensuite au secrétariat de son lieu de travail, et que la jeune coréenne chargée de la réception fut à son tour fort secouée ...

Par Dodeline - Publié dans : Kim'Chi franco-coréen
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 23:39
Pour accéder à notre nouvelle rubrique, maintenez votre regard à gauche de l'écran, descendez lentement, passez au-dessus des liens, du pseudo, de la catégorie de la description ... cliquez sur "galerie" ; vous y êtes.
De gauche à droite : Louis F, Adrien, Marek, Elie -en train de montrer sa technique secrète-, Baptiste et Louis, au passage de grade, le jeudi soir 21 décembre 2006.
Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /2007 12:26
Le matin suivant, il y avait une certaine légèreté dans l'air ; Tattetan sentit qu'elle n'avait pas à en faire trop, que quelque chose avait été lancé la veille, et qu'il suffisait de lui laisser suivre son cours naturellement. C'est pourquoi, les demoiselles ne coururent pas jusqu'au bois, se contentant de marcher en échangeant quelques banalités. Ce matin-là fut consacré à la répétition de ce qui avait été vu la veille, et à la mise en place des kicho et des il soo sik appliqués. Ce n'était pas très compliqué mais il fallait une mise en place légèrement différente de la pratique habituelle.
 Ce jour-là, c'est Xiao Shan qui devait veiller à être à l'heure au travail. Pégaze hénissant non loin de là, elles enfourchèrent la bête et volèrent jusqu'à la gare du Nord. Xiao Shan attrappa le cheval de fer de justesse. Etait-ce que les dieux acceptaient enfin la co-existence de la démonstration et des contraintes de la vie quotidienne?
Le soir, en arrivant chez Xiao Shan, Tattetan lui fit remarquer que le ciel leur était favorable puisque malgré la saison froide et pluvieuse, les matins avaient été jusqu'alors, doux et radieux. Grand mal lui en fit, puisque le lendemain à l'heure du réveil, il tombait des cordes. Xiao Shan, malgré le courage dont elle avait fait preuve depuis le début de l'histoire, commençait à être sérieusement malade. Il n'était pas question de l'envoyer sous les seaux d'eau glacée. Si la fièvre gagnait, on risquait de gâcher tous les efforts accomplis jusque là.
Tattetan demanda à Xiao Shan si son immeuble comportait des espaces vides. Elles descendirent au niveau des garages et constatèrent que l'accès n'en était pas libre. En remontant, elles tombèrent sur le hall de l'immeuble : cela aurait pu constituer un joli do-jang éphémère mais il aurait fallu s'exposer aux regards des résidents partant travailler, à leurs questions éventuelles, voire à leur hostilité. Finalement, elles poussèrent la porte du garage à vélos. Il y faisait chaud puisqu'une grosse tuyauterie
ravitaillant l'immeuble en chauffage passait là. Le seul inconvénient, c'était que ce garage à vélos était aussi le local à poubelles. Elles rirent d'abord de cette facheuse coïncidence, puis le temps filant, elles se mirent à travailler : Moo Pal Dan Gum, kicho, il soo sik. Il fallait raccourcir les gestes à cause de l'exiguité du lieu, mais au final ce fut une séance brève et efficace. Le soir, elles avaient de toute façon rendez-vous au gymnase Ortolan, où elles pourraient, comme dit la Fable,  s'entraîner de manière "fort civile". Ce qui fut fait, sans autre forme de procès.
Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Lundi 1 janvier 2007 1 01 /01 /2007 15:10
       Kyongju, octobre 2005. Tombes royales du royaume de Silla
Par Dodeline - Publié dans : Kim'Chi franco-coréen
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 10:26

Bonjour à tous,

Un passage de grade aura lieu le jeudi 21 décembre 2006 au gymnase Ortolan, rue Ortolan Paris 5ème (métro Place Monge) à 20h30. L’heure tardive s’explique par le fait que nous souhaitons réunir tous les élèves en même temps, enfants et adultes. Cela leur permet de se rencontrer, et de voir d’autres pratiquants que leurs partenaires d’entraînement habituels. Pour les enfants surtout, venir dans une salle beaucoup plus grande, et dans des circonstances plus solennelles leur donnera une idée différente de leur pratique.

Sont convoqués pour passer le grade supérieur :

-Louis Fouasson., 8ème gup

-Adrien Lacrépinière, 8ème gup

-Marek Dangue, 10ème gup

-Elie Duboux, 10ème gup

-Baptist Paillieux, 10ème gup

- Louis Vaisse, 10ème gup


Louis F. et Adrien ont un sujet de rédaction à rendre le mardi 19 décembre :

Quelle différence y a-t-il entre le sport et l’art martial (le Soo Bahk Do) ?

Louis V. devra répondre à la question pour le jeudi 21 décembre :

Qu’ai-je appris à travers la pratique du Soo Bahk Do ?


Nous attendrons que Marek et Elie se soient familiarisés avec l’écriture pour leur poser un petit sujet de rédaction, probablement au prochain passage de grades, à la fin mars. Quant à Baptiste, nous en resterons pour l’instant à des questions de vocabulaire.


Pour que les enfants ne se couchent pas trop tard, nous les ferons passer les premiers. Une fois terminée leur prestation, ils seront autorisés à rentrer avec leurs parents ou accompagnateur (autour de 21h15-21h30), ce que ne font pas les adultes pratiquants, qui doivent rester présents du début à la fin du passage de grades.

Nous souhaitons que les enfants viennent pour l’occasion avec un do-bok lavé et repassé, et avec leur écusson cousu à gauche.

Voici le vocabulaire coréen à réviser. La plupart des termes sont connus par les enfants.

Vocabulaire pour les ceintures blanches


Hana : 1             junbi : position de préparation
Doul : 2              kiap : le cri (expulsion de l’air)
Set : 3                kam sa ham ni da : merci
Net : 4                hadan maki : défense niveau bas
Dasote : 5   jung dan kong kiok : coup de poing niv.moyen
Yosote : 6          apcha noki : coup de pied de face
Ilgup : 7              kimajasé : position du cavalier
Yodole : 8   paro : retour en position de préparation
Ahop : 9             Shijak : commencer
Yole : 10


Vocabulaire pour les ceintures orange

Sang dan kongkiok/Sangdan maki : coup de poing niveau haut / défense niveau haut
Aneso pakero maki /aneso pakero chagui :
défense de l’intérieur à l’extérieur / coup de pied de l’intérieur à l’extérieur
Pakeso andero maki /pakeso andero chagui :
Défense de l’extérieur à l’intérieur/coup de pied de l’extérieur à l’intérieur
Hadan soudo maki : défense niveau bas avec le tranchant
Jongguljasé : position flexion jambe avant
Huguljasé : position flexion jambe arrière
Yongi : courage
Jong shin tong il : concentration
Sonebe(nim) / houbé : élève plus avancé / élève moins avancé

Par Dodeline - Publié dans : Shiwol 5ème arrdt
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /2006 17:18
(...) Cette nation aura pour législation un fac simile, le plus ressemblant possible, du droit naturel. Sous l'influence de cette nation motrice, les incommensurables friches d'Amérique, d'Asie, d'Afrique et d'Australie seront offertes aux émigrations civilisantes ; les huit cent mille boeufs annuellement brûlés pour les peaux dans l'Amérique du Sud seront mangés ; elle fera ce raisonnement que s'il y a des boeufs d'un côté de l'Atlantique, il ya des bouches qui ont faim de l'autre côté. Sous son impulsion, la longue traînée des misérables envahira magnifiquement les grasses et riches solitudes inconnues (...) ; les meurt-de-faim et les va-nu-pieds, ces frères douloureux et vénérables de nos splendeurs myopes et de nos prospérités égoïstes, auront, en dépit de Malthus, leur table servie sous le même soleil. (...)
La paix, déesse à huit mamelles, majestueusement assise au milieu des hommes ; aucune exploitation, ni des petits par les gros, ni des gros par les petits et partout la dignité de l'utilité de chacun sentie par tous ; l'idée de domesticité purgée de l'idée de servitude ; l'égalité sortant toute construite de l'instruction gratuite et obligatoire ; l'égout remplacé par le drainage ; le châtiment remplacé par l'enseignement ; la prison transfigurée en école ; l'ignorance, qui est la suprême indigence, abolie ; l'homme qui ne sait pas lire aussi rare que l'aveugle-né (...)

La liberté du coeur humain respectée au même titre que la liberté de l'esprit humain, aimer étant aussi sacré que penser. Une vaste marche en avant de la foule Idée conduite par l'esprit Légion. La circulation décuplée ayant pour résultat la production et la consommation centuplées ; (...)
Pour guerre l'émulation. L'émeute des intelligence vers l'aurore. L'impatience du bien gourmandant les lenteurs et les timidités. Toute autre colère disparue. Un peuple fouillant les flancs de la nuit et opérant au profit du genre humain une immense extraction de clarté. Voilà quelle sera cette nation.
Cette nation aura pour capitale Paris, et ne s'appellera point le France ; elle s'appellera l'Europe.
Elle s'appellera l'Europe au vingtième siècle et, aux siècles suivants, plus transfigurée encore, elle s'appellera l'Humanité.
L'Humanité, nation définitive, est dès à présent entrevue par les penseurs, ces contemplateurs des pénombres (...).

Par Gavroche - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /2006 15:35
Introduction à l'ouvrage Paris-Guide paru à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1867

V. Hugo développe dans ce texte sa vision des Etats-Unis d'Europe. C'est l'occasion pour lui d'un plaidoyer pour le nécessaire dépassement des Nations et des nationalismes. Trois ans plus tard, la guerre franco-prussienne allait trancher en faveur des ces Etats-nations modernes dont les rivalités permanentes et l'équilibre impossible constitueraient pendant trois quarts de siècle l'histoire tragique et suicidaire du continent. Mais en 1867, l'avenir était encore ouvert (... )
Ecrits Politiques, Livre de Poche, anthologie établie et annotée par Franck Laurent

Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette nation sera grande, ce qui ne l'empêchera pas d'être libre. Elle sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l'humanité. Elle aura la gravité douce d'une aînée. Elle s'étonnera de la gloire des projectiles coniques (forme de balle ou d'obus alors très moderne), et elle aura quelque peine à faire la différence entre un général d'armée et un boucher ; le pourpre de l'un ne lui semblera pas très distincte du rouge de l'autre. Une bataille entre Italiens et Allemands, entre Anglais et Russes, entre Prussiens et Français, lui apparaîtra comme nous apparaît une bataille entre Picards et Bourguignons.(...) Elle trouvera bête cette oscillation de la victoire aboutissant invariablement à de funèbres remises en équilibre, et Austerlitz toujours soldé par Waterloo. Elle aura pour "l'autorité" à peu près le respect que nous avons pour l'orthodoxie ; un procès de presse lui semblerait un procès d'hérésie ; elle admettra la vindicte contre les écrivains juste comme nous admettons la vindicte contre les astronomes, et, sans rapprocher autrement Béranger de Galilée, elle ne comprendra pas plus Béranger en cellule que Galilée en prison. E pur si muove, ("et pourtant, la Terre tourne", phrase qu'aurait murmuré Galilée après s'être rétracté) loin d'être sa peur sera sa joie. Elle aura la suprême justice de la bonté. Elle sera pudique et indignée devant les barbaries. La vision d'un échafaud dressé lui fera affront. Chez cette nation, la pénalité fondra et décroîtra dans l'instruction grandissante comme la glace au soleil levant. La circulation sera préférée à la stagnation. On ne s'empêchera plus de passer. Aux fleuves frontières succèderont les fleuves artères. Couper un pont sera aussi impossible que couper une tête (...)

Par Gavroche - Publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /2006 10:49
    Here are some pictures of the team of Greece in action

           Viki and Johana






















                          Ioannis Karasauvas, Ilias Stefanatos
                   and Nikos Roussos performing Yukro Sa dan



                                                        Ioannis taking training notes






















              
                                Nikos Zouraris Sa Bom Nim
                                at  the airport, ready to fly...
Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
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Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /2006 17:28

La semaine dernière, Jenny a quitté Paris pour rejoindre les States. Ceinture orange, chevelure assortie à la ceinture, elle était des plus sérieuses à l'entraînement. Elle a aidé notre groupe plus d'une fois, que ce soit  par la tempérance de son caractère ou  par son objectif photographique. Enfin, ses talents de traductrice nous manquent déjà ; ils nous avaient été particulièrement utiles pour notre travail sur les statuts européens.

Donc, Jenny, l'américaine, nous aidait à construire la Fédération Européenne ; tout comme le font d'autres citoyens américains du Moo Duk Kwan, à Rome par exemple, ou aux Etats-Unis. Jenny, pour rester à Paris était dans l'obligation d'enchaîner des "petits boulots". Comment fait-on, en 2006 pour rester en France, quand on n'est pas européen, qu'on a une vocation artistique, c'est-à-dire un métier où l'embauche à durée indéterminée n'existe pas ... Eh bien par exemple, on reste "illégal", en voguant sur les eaux grises du travail au noir et de la clandestinité. On se dit qu'on va trouver une solution, que c'est Paris, la ville où tant d'artistes ont pu faire leur oeuvre, qu'il n'y a pas de raison. On kiape fort quand on en a l'occasion, et on patiente. Jenny en a eu assez. Elle est rentrée "chez elle" parce qu'au moins, elle pourra faire des photos sans souci de papiers. Son do-bok qu'elle nous a confié est le premier étendard non permanent du Moo Duk Kwan élevé à la gloire des artistes et des clandestins. Et comme c'est un do-bok, cet étendard est blanc.

Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
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Mardi 26 décembre 2006 2 26 /12 /2006 15:20

Tattetan se mit à trottiner dans la rue de la Vega ... 
Ce n'est pas qu'elle en avait particulièrement envie, ni qu'elle en voyait l'absolue nécessité mais :
1) ça caillait dur.
2) elle connaissait leur tendance au papotage.
3) l'activation physique les réveillerait tout en les concentrant.

Elle attendait une plainte de Xiao Shan, qui n'arriva pas.

En entrant dans le bois encore plein de nuit, les demoiselles passèrent devant une camionnette faiblement éclairée ; ce n'était certes pas une lumière douce et tamisée, plutôt une pauvre ampoule dégageant une faible lueur blafarde et crue. Un bref instant, la dame de la camionnette considéra Tattetan et Xiao Shan, capuchonnées et emmitoufflées.
Ce fut le signe qu'elle pouvait lever le camp.

Les filles étaient seules, mais sur le périphérique qui passait juste en amont, les files d'automobiles se densifiaient.

Elles avancèrent en trottinant dans le bois, sombre, humide et mystérieux.

 Heureusement qu'au 18ème siècle, on avait, afin d'aménager le bois de Vincennes, intensément coupé les arbres. A cette époque bénie des Lumières, Tattetan et Xiao Shan devaient le fait d'oser rentrer. Avec davantage d'arbres et d'âmes errantes, on se demande comment les demoiselles auraient pu trouver le courage de préparer leur démonstration. 

Tattetan n'avait pas encore le programme intégral en tête. Elle se l'avoua à demi-mot : la nuit aurait dû lui porter conseil, et amener des éléments supplémentaires de chorégraphie ... Là, ça n'avait pas beaucoup progressé. "Peut-être, se dit-elle, est-ce dû à la brutalité de ma chute dans les bras de Morphée ? Mon corps lui sera passé entre les mains, tandis que seuls mes rêves seront demeurés accrochés à ses doigts." Elle se dit pour finir que tout cela n'était pas grave, et que s'ils y étaient, elle les retrouveraient bien la nuit suivante.

Elle proposa à Xiao Shan de commencer par 3 exercices respiratoires, Moo Pal Dan Gum. Puisque Xiao Shan les connaissait, il suffisait de caler leur souffle l'une par rapport à l'autre. Cela avait l'avantage de n'être pas trop fatiguant pour un début, et de pouvoir fonctionner comme un diapason. Ensuite, le travail en synchronie serait plus aisé. Assez rapidement, elles furent ensemble. Ce qui leur permit de travailler peu après la forme des Sept Etoiles, deuxième du nom, Chilsong Iro.

Elles virent le jour poindre à l'horizon. Le ciel devint blanc, puis rosé. Ce serait une belle journée, et elles l'avaient vu naître. Il n'était pas loin de 8 heures. Le périphérique rugissait plus que jamais et Tattetan pensa qu'il fallait se presser. La directice, sans aucun doute, se fichait pas mal des Chilsong au lever du jour. Tattetan eût beau se le dire, elle arriva, comme le jour d'avant, en retard.
                                                          (A suivre)

Par Dodeline - Publié dans : shwl
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