Texte Libre

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!


Il sera question dans ces pages
Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, art martial traditionnel coréen
D'une certaine tendance de sa pratique, Shiwol.
De ce qui s'effusionne dans Shiwol et dans les alentours : 
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme,
et s'agite de tout son corps divisé.

Nous nous égarerons aussi parfois dans des digressions hors de propos, mais nous espérons que les lecteurs, informés que bien souvent, le plus intéressant dans un livre, ce sont les notes de bas de page, pas ne nous en voudront pas

Et s'ils éprouvent quelque rancune, nous attendons avec une certaine impatience leur commentaire
Pour venir vous entraîner avec nous, cliquez à gauche de la page
d'accueil et vous saurez où nous trouver en chair et en os. 

 

Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 12:51

Nous avons trouvé à Porto Heli le lieu introuvable. Entre l'église à la blancheur éclatante, et le bord de mer, en face, des coins mousseux de végétation méditerranéenne décrite par Hölderlin. 
C'est une maison abandonnée. Hantée par des jeunes désoeuvrés, qui ont aussi bien écrit des poèmes pour célébrer l'instant, que fait leurs besoins sur le parquet (autre manière de cueillir la rose éphémère?). Nous ça nous va, parce que la constellation Shiwol n'ignore pas que dans les poubelles et les immondices, peuvent se trouver les germes les plus précieux de l'avenir. Rien de ce qui est humain ne nous est étranger, disait le poète rendu fou.  Rien de ce qui est vivant ne doit nous rester étranger -question de composition des corps- Mais on préfèrera toujours un coup de pied pointé vers la Lune, que de regarder entre nos jambes. Reconnaître chaque cratère de l'astre satellite, c'est autre chose.
La terrasse serait assez grande pour accueilir un do-jang extérieur, qu'on couvrirait avec des toiles pour se protéger du soleil. A l'intérieur, on installerait deux ou trois chambres et un bureau. Les chambres seraient pour ceux qui se proposent de résider là, parce qu'ils prendront plusieurs semaines ou mois de leur existence pour s'entraîner d'arrache-pied. Le bureau serait le lieu de recherche. Une bibliothèque composée de tous les livres mis en commun serait l'un des trésors du lieu. On pourrait également séjourner là pour réfléchir ou écrire. Il y aurait un jardin, à la taille modeste mais suffisante pour cultiver un peu.


newdo-jang.jpg

Par Dodeline - Publié dans : littérature et témoignages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 22:02

La Terre :
Un bout de plage, sur lequel il nous était demandé de courir, ramper, sauter. 
Un fois dans l'eau, à mi-jambe, avait lieu le véritable test. Le sable se faisait alors fins cailloux, sur lesquels il s'agissait d'évoluer. En termes de réaction, il y avait : 
- la coupure simple. La matière minérale s'avère plus solide que la peau ; elle cède en se déchirant. Un peu de sang apparaît. Mais le principal est que la barrière entre le corps et l'extérieur que constitue la peau est rompue. C'est par cette faille que les grains de sable et autres cailloux peuvent pénétrer (cf, Cléo, notre jeune ami de l'ile de Syros, qui a collectionné les plaies tout au long de la semaine).
-l'irritation : elle se traduit par un échauffement plus ou moins pénible de la peau du pied. Elle se fait surtout sentir entre les entraînements, et au petit matin, lors du réveil. A long terme, un durcissement conséquent se produit et transformeau bout d'un certain temps la peau en une sorte de cuir. Mais c'est un cuir brûlant. La barrière épidermique a résisté malgré tout.

ErwStechute.jpg

L'Eau :
La mer, à propos de laquelle les poètes ont déjà tout dit; 
d'huile, le matin quand nous arrivions sur la plage. Le sel de notre sueur se mélangeait au sien, et faisait sentir l'effort plus léger. Mais le do-bok alors était lourd. 

NikosVagueli.jpg

Le Métal :
Le katana du maître Zouraris, éblouissant au soleil couchant, comme dans le film Rebellion, avec Toshiro Mifune.

Nikokkpa.jpg
Le Feu :
Le roi Soleil, dans toute sa souveraineté et son excessive puissance. Tout le monde a eu droit à son coup. Autour de lui, on s'organisait. Sortir le matin avant qu'il ne chauffe trop et, le soir, non loin de son coucher.

L'Air : contaminé par le feu, il était l'élément rare. Il fallait le chercher dans la respiration des hyung, dans le souffle du vent. Le matin était son moment, entre Moo Pal Dan Gum, exercices respiratoires variés et évasion méditative. Ces instants moins denses étaient à saisir, devant l'horizon.

Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /Juil /2007 22:29
Placement du ventre, posture du dos, vitesse, kiai, tous les détails furent passés en revue, et continuellement réajustés. J'avais hâte de pouvoir apprendre à couper. Ce genre de test était bien entendu parfaitement inutile sur le plan stratégique, mais était très révélateur des qualités et des défauts de frappe (...).
Désormais, le Maître ne parlait plus beaucoup, et encore moins pendant les séances d'entraînement.  Par contre, il restait plus souvent à m'observer. Cela fut un peu gênant au début, puis très vite, je m'y habituai.
Un jour, après l'entraînement, il me demanda à brûle-pour-point :

"- Peux-tu venir demain ?"

J'avais un programme chargé, mais je savais que je pouvais aisément l'adapter aux circonstances changeantes qui survenaient fréquemment. Pourtant, je répondis légèrement :

"- Oui, peut-être, Sensei, je ne sais pas si j'aurai le temps, j'ai ..."

Il ne me laissa pas finir ma phrase et ajouta :

"- La permanence de la conscience n'est qu'une simple idée née de l'action du temps. Le temps dépend de la mémoire et, la mémoire, du mental. Le temps est aussi inexistant que le mental, comment peux-tu parler de temps ?"

"- C'est une façon de parler", répondis-je, touché par sa réplique tranchante.

"- Les mots ne doivent pas être réduits à l'état de phrases puériles et vides de signification. On ne doit rien dire plutôt que d'aligner les mots sans signification profonde. Chaque mot doit transporter l'énergie qui lui convient. A l'avenir, fais donc attention à ce que tu dis. La puissance du kiai commence par le contrôle de la parole".


(...)


"- Il semble difficile de concilier l'action et le non-agir. Pouvez-vous éclaircir cette notion dans le contexte du iaido ?"

"- L'art du non-agir n'est nullement de ne rien entreprendre ou de ne rien construire. C'est avant tout l'art de faire un avec l'environnement. Cela entraîne automatiquement le respect des lois qui régissent la nature, dont l'homme est un élément fondamental. Ce respect de l'ordre naturel établit une similitude de vibrations entre l'âme universelle et l'âme humaine Cela suppose de notre part une connaissance des lois de cette nature. Lorsque je parle de connaissance, je ne pense pas à ce qui est emmagasiné dans notre intellect mais à ce qui fait qu'un homme devient un jour l'incarnation vivante de ces lois, et par là-même devient un véritable sage, un sage qui, comme l'entend Lao Tseu "crée sans posséder, agit sans rien attendre, ne s'attache pas au fruit de ses oeuvres, et dans l'abandon, ne demeure pas abandonné.". (...)

                                                                   
                                                  Iaido ou L'art de trancher l'ego, de Michel Coquet (L'or du temps)
Par Dodeline - Publié dans : littérature et témoignages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 14:16
Aujourd'hui encore, il fait chaud. Le soleil nous brûle.
Nous sommes déjà vendredi, et le journal au jour le jour que nous avions envisagé n'a pas été tenu. C'est que, nous avons à la fois beaucoup de temps libre, et pas une seconde. Ce constat a donné lieu à midi à une discussion à table sur ce qu'est le temps, et ce que signifie en avoir ou ne pas en avoir. Athéna avait beaucoup à dire, comme souvent. On s'est dit que la philosophie des arts martiaux, pour ce qu'on en perçoit, fait la part belle à la notion d'actuel, c'est-à-dire, à l'intensité de l'instant.
On en est venu a l'idée que le temps n'existait pas, ou du MarcKwanak2--640x480-.JPG moins qu'il n'existait qu'en tant qu'il est la puissance (invisible ou Moo Sang) de l'actuel. En même temps, ce qui n'est pas, ou encore le virtuel, représente la puissance de ce qui est présent (que ce virtuel soit passé ou futur).
Au final, on a trouve ces développements un peu oiseux, sans être oisifs, parce que tout en disant cela, on avait mal partout à cause de l'entrainement ; cela nous rappelait que nous n'étions plus si jeunes que nous l'avions été. Et par conséquent, que quelque chose de nous passait. Pourtant, même plus jeunes, nous aurions eu tout aussi mal. Oui, bien sûr, il y a un mythe de la jeunesse triomphante.
Que ces considérations nous viennent après une séance d'entrainement au katana sur la plage n'est peut-être pas hasardeux. Le rapport que le samourai entretenait avec son arme et avec la mort nous a plongé dans une nébuleuse propice.
Vive l'entrainement et les pensées qu'il fait surgir.
Yassou!

Ce n'était pas la première fois que cette idée du temps trouait notre pratique du Soo Bahk Do. Il y a 6 ans ou peut-être 8, un ami nous parlait de ce sujet avec verve ; il lui était tombé dessus lors des intermèdes de ses entraînements nocturnes sur le mont Kwanak, près d'Anyang, en Corée.
 
Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /Juin /2007 10:08
Kalimera,

Nous sommes bien arrivés en Grèce, dimanche vers 4h du matin. Problèmes de retard d'avion puis d'attente de bagages, et il ne nous restait déjà plus que 3 heures à dormir. Nous sommes 4, Athéna, Xiao Shan Tattetan, et Kyom son . Les filles sont majoritaires, ça n'arrive pas souvent!
Première discipline à acquérir : apprendre à dormir dès que l'occasion se présente, car on ne sait jamais quand elle se representera.
Le soleil local plombant aidant, il nous fournit l'occasion de ne retrancher dans nos chambres, dans la piscine ou dans la mer pour nous rafraîchir.
Hier soir, une brève exploration des do-jang naturels alentours nous a donné l'occasion de faire l'expérience de notre résistance a la brûlure, sur un beton poreux ayant accumulé toute la chaleur du jour.
Nous avons fouetté Xiao Shan à laquelle Maitre Nikos Zouraris a remis sa ceinture rouge "à la grecque" : elle pompant, et les élèves plus gradés à tour de rôle un coup de la nouvelle ceinture sur ses fesses. Certains n'y sont pas allés de main morte.

Ce matin, premier entrainement sur la plage, entre terre et mer. Nous vous en dirons plus long plus tard car c'est l'heure de la sieste. Les trajectoires martiales affirment de nouvelles valeurs.
  
 
hadanmakgrece--640x480-.JPG


L'équipe des Thunder en démonstration

-------------144.jpg

 

StefErwyukro1.jpg

Erwan et Stéphanie dans Yukno Cho Dan

Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 23 juin 2007 6 23 /06 /Juin /2007 00:10
Suite à l'extrait de l'art de trancher l'égo que nous avons proposé, plusieurs lecteurs se sont asticotés et l'un d'eux a même eu envie d'écrire une variation sur le thème.

Il était une fois un jeune garçon dont les études évoquaient un chemin assez particulier, peu ordinaire, émaillé d’anecdotes parfois amusantes, parfois moins drôles, qui chaque fois ont été sources d’enseignement. Durant la première ligne droite, il est un élève relativement brillant, assez turbulent et plutôt rêveur.
por10robot.gif   
Un jour, un énorme bulldozer dont la cabine rejoignait le ciel vînt s’amuser avec les talus qui bordaient l’école. Il était visible de la fenêtre. Intrigué par les articulations souples et majestueuses de l’engin, notre rêveur se mit à l’imiter, formant avec son bras un superbe « Zed » dont la main constituait la benne qui, avec tant de facilité s’enfonçait d’abord profondément dans le sol, pour ensuite en ressortir débordante de terre, emportant au passage quelques brindilles qui lui donnait l’impression d’être affublée d’une moustache.
Dans sa tête, il analysait les mouvements et tentait d’en comprendre la magie. Il était fasciné par le spectacle qui s’offrait à lui.
 
"Encore un robot belliqueux, mais celui-ci est de taille! Il s'agit peut-être d'une machine de guerre pilotée?! Mais ce n'est pas le moment de se poser des questions ...

Brutalement, il fut interrompu par les grognements de l’instituteur qui plongé dans les tables de multiplication ou dans des problèmes insolubles l’envoya faire un séjour dans le couloir afin de méditer sur l’art des grimaces.                           

Abasourdi et révolté contre pareille incompréhension, cette histoire est restée à jamais gravée dans sa petite tête haute de 10 ans, et l’instituteur qui était coutumier en la matière, est passé ad vitam au statut d’une personne insignifiante. En revanche, la curiosité du petit garçon de l’époque ne s’est jamais atténuée, à l’image de l’imposant bulldozer et de la lumière que cette expérience lui a apportée. Au fait, était-il réellement si grand … ce bulldozer ?
 
La seconde ligne droite fût plutôt normale, sans étincelles ni catastrophe. Les professeurs se sont succédés, le garçonnet devenu adolescent reste fidèle à sa quête en poursuivant des études scientifiques. Passionné par les langues étrangères, il réussira une année dans une école de traducteur puis décidera de changer d’horizon au grand dam de son papa. Aujourd’hui, pourtant, il ne regrette en rien son parcours ; la connaissance des langues est dans son métier son plus grand atout. La reconnaissance des fleurs apprise au cours de botanique, lui a donné le goût du jardinage qu’il partage avec sa moitié.
Tu sais, le petit garçon dont il est question, c’est celui-là même qui t’écrit ces quelques lignes.                                                                                        
 

                                                                                                  texte : Robert Dequinze
                                                                                                  dessin : Raoul Giordan

 
Par Dodeline - Publié dans : littérature et témoignages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 09:27

Le mardi  19 juin a eu lieu à la Maison des Jeunes de Saint-Médard  la remise  des diplômes  et des ceintures. Nous avons tenu à ce que les nouveaux promus  posent  dans la position de leur choix.
Il y a eu l'option classique,  mesurée, choisie par Baptiste :  un hadan maki dans le plus pur style. Nous vous laissons apprécier  l'attitude, qui nous rappelle sa casse impeccable pleine de décision et de maîtrise réalisée au coude lors du passage de grade .

                                                                                                                        Baptiste
remiz190607-003--800x600-.jpg
Elie, dans un style plus aérien, et acrobate  avait souhaité poser en yop chagui. Si vous voulez voir nos essais , reportez-vous à la galerie Kinder garten...  Finalement, il a opté  pour  un aneso pakero maki.

remiz190607-008--800x600-.jpg                        remiz190607-001--800x600-.jpg
                Elie



Bravo à tous pour vos efforts.

Passez de bonnes vacances,

Entretenez vos techniques,

Exercez votre concentration,

Soo Bahk!











                                                                                            Elie, Sambre, Baptiste et Adrien.
                                                                               




                                                                                                  
Par Dodeline - Publié dans : Shiwol 5ème arrdt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 10:28
Vendredi 15 juin dernier s'est déroulé au  centre J. Verdier le premier passage de grades officiel de l'association Shiwol do-jang. A cette occasion, 19 enfants entre 5 et 8 ans sont venus accompagnés par les parents, frères, soeurs, et amis, le tout formant un public nombreux et attentif. La quasi totalité des enfants passait son premier examen et s'en trouvait fort impressionnée. Tout était tellement différent des cours habituels : le lieu, beaucoup plus grand, les participants parfois inconnus, le public nombreux, la présence du plus haut gradé en France. Tout devenait difficile !
Mais c'était là une épreuve véritable, celle de se concentrer sur ce qu'on sait et ce qu'on est, plutôt que d'être la girouette des conditions extérieures. Nul doute que les candidats s'en souviendront à l'avenir. Bravo à tous de ne pas avoir refusé l'obstacle. C'est le début.


pass150607--800x600-.jpg

Résultats de ce passage, mercredi 20 et vendredi 22 juin, avec remise des diplômes.
Par Dodeline - Publié dans : Shiwol10ème arrdt
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /Juin /2007 16:29
(...)
J'appris que le maître était occupé et qu'il n'aurait pas de temps à me consacrer mais que cela ne m'empêchait pas de travailler. Au moment de partir, j'allai saluer le maître qui me jeta un coup d'oeil distrait, fit un signe de la tête et sans sourire replongea dans ses écrits. C'était la première fois qu'il se comportait de cette façon. Ce fut un coup terrible pour moi. Sa froideur contrastait trop fortement avec la chaleur qu'il m'avait témoignée jusqu'à maintenant. Même sa femme semblait distante et, bien que toujours aimable et polie, je la sentais lointaine.
Avais-je commis quelque erreur ? Avais-je manqué de politesse ? Ma joie s'envola tout à coup et mon inquiétude ne fit qu'augmenter car pendant plus d'un mois la même scène se renouvela. N'y tenant plus, je pris la décision d'aller parler au maître pour savoir ce qui n'allait pas.
Le keiko (la session d'entraînement) s'étant terminé plus tôt que prévu, je pris une douche rapide, et bien décidé à éclaircir ce mystère, je demandai la permission de parler au maître. Je ne savais comment formuler ma question. Ce ne fut d'ailleurs pas nécessaire. Il posa tranquillement son pinceau et rangea son matériel, puis me donna une magistrale leçon :

- "Inutile de parler. Tu t'inquiètes bien à tort des apparences ! Je t'ai observé attentivement à chaque fois que tu es venu. Ton comportement a changé à partir du jour où j'ai cessé de te témoigner quelque attention. Ta paix t'a alors soudainement quitté, tu es devenu instable et agressif, ton mental n'a plus connu de repos et ton iai a été celui d'un débutant. Veux-tu connaître la raison de tous ces conflits et souffrances ?"
J'acquiesçai d'un air timide.
-" La raison est ton égoïsme, ta faiblesse et ton intolérance".

J'étais touché au plus profond de mon amour-propre et peiné au plus haut point. Ma première réaction fut d'essayer de me justifier. Le maître ne m'en laissa pas le temps, et m'arrêta de la main avec un sourire qui semblait dire "je sais".

-"Lorsque je dis intolérance, égoïsme et faiblesse, je parle bien entendu des sentiments que tu as eus à mon égards uniquement. Mais si tu regardes bien ce qui s'est passé en toi, tu conviendras que personne d'autre que toi-même n'en est responsable, et qu'aucune cause extérieure n'est à accuser, sauf le silence entre nous. Tout cela n'est en réalité que le jeu des réactions de l'égo.
Egoïsme car ton égo s'est approprié mon amitié au point de vouloir la limiter à certains comportements pouvant satisfaire ton besoin de sécurité affective. (...)

Ton mental s'est soudainement cristallisé alors qu'il devrait être constamment comme de l'eau, eau qui prend la forme du récipient dans lequel elle se trouve et n'offre auucune résistance. Toi, au contraire, tu n'as été qu'un bloc de glace dont la forme fut celle de ton propre égo, d'une relation entre toi et moi déjà conditionnée par l'habitude. Si cela avait continué, le lien qui nous unit aurait été rompu et je n'aurais pu te garder.
Intolérant tu l'as été, car j'aurais très bien pu avoir quelque raison sérieuse de rester silencieux. C'est un manque d'intuition et de respect que de décider des sentiments de celui qui te guide. C'est un affront car c'est lui témoigner un total manque de confiance. L'égo n'accepte pas d'être évincé, de n'être rien. Il chercher constamment à attirer l'attention sur lui, il cherche constamment à être apprécié et récompensé. Il ne veut pas mourir et s'accroche désespérément aux formes et aux sentiments qui ramènent à son univers limité.
Faible tu l'as été car que t'importe celui qui te guide ? Tu as ton sabre, n'est-ce pas suffisant? Où dois-tu trouver les moyens de la libération si ce n'est en toi-même ! Rien en dehors de ton Soi n'a d'importance. Ne cherche jamais aide et consolation en dehors du Soi, ou tu risques d'être profondément déçu. Est-il besoin de parler d'immuabilité si, à la moindre épreuve, ton mental se trouble comme une jeune fille craintive ? N'oublie jamais ce qui vient d'arriver.
-"Merci sensei. Je suis désolé de n'avoir pas mieux réagi. L'attachement est une chose subtile qui agit imperceptiblement. Je me suis laissé prendre. J'essaierai à l'avenir de ne plus agir avec aussi peu de vigilance.
-" C'est une bonne chose d'avouer franchement son erreur. C'est à coup sûr un bon moyen de se refaire un esprit neuf. Mais pourquoi être désolé ? Encore une réaction de l'égo qui s'apitoie sur lui-même. Le passé est un rêve mort qui n'a plus d'intérêt une fois la leçon apprise. Donc, reprends ton calme et ton sabre, ne compte plus que sur toi, soit indifférent à tout ce qui t'entoure et travaille."
(...)
                                                         in Iaido, l'art de trancher l'égo de M. Coquet (éditions l'Or du temps)
Par Dodeline - Publié dans : littérature et témoignages
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 00:45
chutok.jpg                                                                     Chute d'eau, Monts Sorak,  Août 2005
Par Dodeline - Publié dans : Kim'Chi franco-coréen
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés