Texte Libre

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!


Il sera question dans ces pages
Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, art martial traditionnel coréen
D'une certaine tendance de sa pratique, Shiwol.
De ce qui s'effusionne dans Shiwol et dans les alentours : 
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme,
et s'agite de tout son corps divisé.

Nous nous égarerons aussi parfois dans des digressions hors de propos, mais nous espérons que les lecteurs, informés que bien souvent, le plus intéressant dans un livre, ce sont les notes de bas de page, pas ne nous en voudront pas

Et s'ils éprouvent quelque rancune, nous attendons avec une certaine impatience leur commentaire
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 22:15

Mardi, Jong Tae arrive de New York. C'est l'instructeur assistant du Maître au do-jang de New Milford; il sera pour moi, quelque chose entre le lièvre (celui qui donne l'allure, qui trace le sillon), le grand frère (Opa, en coréen, qui désigne aussi, curieusement, le petit ami), et le bourreau.
Volonté de fer, humilité, discipline. Là encore, je reviens à zéro. Je ne sais rien, il faut oublier dix ans, revenir où on en est resté, et reprendre. A côté de lui, je me perçois de manière différentielle. Pourquoi n'ai-je pas la souplesse et la légèreté des coréens, pourquoi me fait-il l'effet d'être si bien éduqué, pourquoi mes tendons sont si durs, mes hanches comme bloquées. Je regarde dans le do-jang sa manière de faire les hyungs. Il les a apprises, pour l'essentiel de son instructeur, devenu Sa Bom (Maître Hong) à l'Université de Corée à Séoul. Je me rappelle avoir vu ce style dans le do-jang central du quartier de Yongsan.Travail très bas sur les appuis, mouvements de mains ronds et aériens.

Il fait le repas, met la table, la débarrasse. Il est toujours d'humeur égale. Je discutaille pour m'attribuer la vaisselle, sinon, il l'aurait faite aussi.
 En dehors de cela, il donne la plupart des cours. Il faut préciser que ce genre de compagnon est une figure classique de l'entraînement coréen au sein du Moo Duk Kwan. Une fois que la ligne est posée (par le Maître), les cadres ... répètent, vont au bout des séries, ne faiblissent pas, et entraînent derrière eux ceux qui prétendent vouloir savoir.
Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 10:29

Ce matin, longue discussion avec le Maître. La forêt alentours est toute enneigée. Il fait -7. Nous parlons de ce qui est "traditionnel coréen" dans notre art martial.
Comment se réclamer de la tradition et ne pas devenir de fieffés passéistes réactionnaires ? Comment considérer que le "Sa Bom" est un modèle, et ne pas être dans l'imitation pure et simple de ses mouvements et de ses actes ? Le Maître sait ce que peut être la violence réactionnaire, celle par exemple du système politique coréen des années 80 qui sclérosait complètement la société, en premier lieu sa jeunesse, et contre lequel il s'éleva: manifestations, prison, clandestinité dans un monastère, arrivée en France, seule destination disponible pour laquelle on n'exigeait pas de visa.
"il faut échapper à tout esprit de chapelle" ; si je comprends bien, ce n'est pas tant à cause de la chapelle elle-même que de la limite que ça représente, pour la pensée et pour l'action. "l'art martial n'a rien à voir avec ça", me dit-il.
 "Nous devons chercher l'art".
Pendant ce temps, dans le salon où nous sommes, la télé coréenne diffuse à plein tubes des dramas, ceux qui s'exportent si bien aujourd'hui à travers toute l'Asie. Le Maître sort la table à repasser, puis travaille son do-bok, comme il a travaillé son yok soodo sur la table du salon pendant que nous parlions : pok- pok -pok -pok... Détaché de ses gestes. Mais comme il les a répétés des milliers de fois, quelque chose de lui est tout à fait concentré en eux. Au bout d'un petit moment de repassage tout de lenteur, il me demande de lui tenir le poignet. Je m'approche de la table à repasser sans bien comprendre.Vitesse sécheresse, aïe, ouh ... voilà c'était ho sin sool, première technique. Tout en repassant, le Maître m'énonce et me démontre quelques-uns des principes à partir desquels il les exécute. Autant dire pour moi, retour au tout premier jour, et à l'état d'inexpérience, et de timidité devant les mouvements ; ça fait drôlement mal.
Plus tard, dans le do-jang glacé, tout un tas de problèmes physiques d'adaptation : essoufflement, mal d'estomac, énergie ras les pâquerettes, qui n'ont pas encore poussé.
Ne rien hâter, commencer par respirer si c'est la seule chose possible.

Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 00:14
Il y a les rites, et parmi eux, les honneurs à rendre aux hommes d'un certain passé en ce qu'ils sont pour quelque chose de notre présent. Nous entendons continuer de quelque manière ce qu'ils ont fondé ; et nous cherchons à le continuer, non pas comme ils l'auraient fait, mais comme nous pouvons le faire. Pour eux, cet autel austère est dressé. Pour nous, il est aussi le lieu où nous affermissons nos mains.

Ce qui bat la mesure : c'est le compte par la voix du maître, c'est le tambour coréen au milieu d'une fête, c'est le silence dans le mouvement.
Les deux diapasons sont dans la cuisine, l'un à un mètre soixante-dix, l'autre à un mètre quatre-vingt-dix. On peut jouer avec, de diverses manières : faire des coups de pied autour, l'interdit étant de briser leur immobilité ; faire des courants d'air en balayant l'espace qui les environne, et les faire tournoyer légèrement ; jouer avec leur va et vient, et ne déclencher son propre déplacement que par rapport à ce mouvement premier ...

Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Lundi 5 mars 2007 1 05 /03 /Mars /2007 22:47

En arrivant à l'aéroport JFK, l'étranger passe presque immédiatement à proximité des fourches caudines : la bannière Stars and Stripes, et en face un écran avec CNN en continu. Welcome to the United States of America ! La pancarte a dû m'échapper, alors je me le souhaite à moi-même. Mais je suis déjà dans la file d'attente des contrôles d'identité. Comme la prise d'empreinte digitale des index des deux mains prend du temps, et qu'en plus, on vous tire le portrait obligtoirement, vous faîtes comme tout le monde : you watch CNN en continu. Si c'est pas du conditionnement ça, c'est que je suis déjà en boîte de conserve!

L'émission se veut trash. Premier sujet :une histoire où une mère aurait eu des jeux érotiques devant sa fille. Si seulement cette présentatrice qui suinte la castration de partout avait vu Numéro 2 de Jean-Luc Godard, serait-elle à cette place là, à ce moment là, avec ce discours là ? Ce mélange de puritanisme et de pornographie que me faisait remarquer un ami avisé est bien là, dans toute sa splendeur.
Sujet suivant : un ex-joueur de la NBA, grand noir très beau publie un livre qui révèle son homosexualité et les pratiques sexuelles de la ligue pro de Basket. Il a l'air tellement à l'aise, épanoui, ironique ce qu'il faut ... si j'étais américaine, je voterais pour lui, c'est sûr ! Vous me dites qu'il ne se présente pas à l'élection présidentielle ? Ouais peut-être, enfin, pas encore.

C'est mon tour au guichet. Mince, je suis en train de me faire engueuler parce que j'ai mal rempli mon formulaire, que j'ai pourtant recommencé trois fois dans l'avion. Je commence à expliquer au type que son formulaire est rédigé de façon à ce qu'on confonde les lignes, les cases etc ... je passe quand même, ma barbe est trop courte pour cette fois.

Je trouve tout de suite Maître Choï et sa femme : vroum, c'est parti pour deux heures de route vers le Nord.

Le premier plaisir, c'est le bulgogi du soir, accompagné d'un kim'chi digne de ce nom. Pas de doute, je suis bien dans une enclave coréenne significative du Connecticut.
Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Lundi 5 mars 2007 1 05 /03 /Mars /2007 14:41
                                           Par Marek, le 6 mars 2007

                     
Par Dodeline - Publié dans : Shiwol 5ème arrdt
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Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /Mars /2007 21:18
Paillettes et  fanfreluches tourbillonent dans Chinatown.


Ceci n'est pas un exercice d'équilibre à la poutre. La police fouille et réalise, avec ses machines, la transparence (dans l'espoir que les radiographies dernier cri des sacs de voyage dissiperont l'opacité ambiante).




Pensée du point de vue de la lune, au milieu des cratères...
Par Dodeline - Publié dans : méditations physiques
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Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /Fév /2007 19:35

L'entrainement. Se réveiller le matin en pensant qu'un nouveau jour est là, et qu'il est à gagner, par quelque biais, même si l'on est tout endolori du jour précédent. 

Comment le sera-t-il ? A quelles conditions le sera-t-il ? Que veut dire "gagner", quand toute signification du terme est captée par les matchs sportifs, la performance sous toutes ses formes, et la nécessité économique (gagner sa vie) ?

C'est recommencer, sans anticiper sur la prochaine douleur, qui, c'est sûr, viendra. Juste la laisser venir en son temps, sans crainte.

Pas besoin d'aller aux amériques pour de pareilles considérations ... Peut-être, mais notre route nous a mené là.

Par Dodeline - Publié dans : shwl
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 12:50
Outre le taoïsme, (et en particulier les écrits de Lao Tseu) qui est de première importance pour la pratique du Soo Bahk Do, il n'est pas inutile d'avoir quelques notions de la pensée de Confucius. En effet, la pensée confucéenne, et l'idéologie qui en provient sont fort utiles si l'on veut comprendre le ciment de l'ordre social en Corée (mais aussi en Chine bien sûr, au Japon au Viet-Nam).
 Quel rapport, me direz-vous, entre le Soo Bahk Do et le fonctionnement de la société sud-coréenne ? C'est un sujet qui reste à approfondir, mais il nous semble que ce qui est appelé "protocole" dans le Soo Bahk Do Moo Duk Kwan peut difficilement être compris par une tête occidentale si l'on ne s'attache pas aux moeurs coréennes. On peut, bien sûr, être dans un rapport d'acceptation par rapport à ce protocole, l'estimer utile à bien des égards, ou le respecter tout simplement parce que les hauts gradés le demandent ; mais le comprendre est tout différent. Pour quelle raison jugeons-nous utile cette compréhension ? Tout simplement car il nous paraît impossible de prétendre transmettre quelque chose si on ne l'a pas compris sous quelques aspects, ou au moins, si on n'a pas cherché à le faire.
Nous aborderons
de manière simple dans nos prochains articles quelques notions.

Ci-dessus, le caractère Ren désigne ce qu'on pourrait appeler le sens de l'humain.  Nous en parlerons prochainement.
Par Dodeline - Publié dans : documentation martiale
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 23:45
Maître Zouraris, 6ème dan, Responsable du Comité Technique de Grèce est venu à Paris et nous a fait l'honneur de donner cours au Shiwol do-jang.
Nos jeunes élèves du cours du vendredi étaient un peu surpris tout d'abord, et certains même un peu effrayés. Mais petit à petit, devant la physionomie que prenait l'entraînement, la barrière de la langue s'est estompée ; il n'est plus resté que les exercices inédits que nous proposait le Maître, son enthousiasme et son exigence. Ils attendent non sans impatience une prochaine expérience de ce genre.
Ci-dessous, des photos du cours adultes qui a suivi.





Nikos Zouraris Sa Bom Nim came from Greece to teach at Shiwol do-jang (January 21-22).Here is a french  group on chilsong ilo hyung.
Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /Fév /2007 11:21
En faisant un petit tour sur le forum des White Tigers (cf nos liens favoris), vous pourrez lire la traduction d'un bout d'histoire du Soo Bahk Do en Italie, grâce au travail réalisé par Robert.
Il nous semble important de saluer comme il se doit ce genre d'initiatives :

-Elle atteste du fait qu'il existe bien un Soo Bahk Do européen, c'est-à-dire, des pratiquants qui ont un intérêt pour ce qui se passe en dehors de leur club, et de leur pays. Sans cet intérêt pour le lointain, les relations internationales ne sont qu'un vaste agrégat d'individus, qui jouent des coudes et qui rentrent plus ou moins méchamment en concurrence pour une suprématie dont on se demande bien quel pourrait en être l'objet raisonnable.

-S'intéresser à l'histoire du pays voisin, c'est reconnaître qu'il en a une, qu'elle lui est propre; c'est apercevoir combien les choses ne se réduisent pas à ce qu'elles sont comme état présent, mais qu'elles sont prises dans un processus (l'histoire), dans des enchaînements de causes.
Et s'il en est ainsi, cela signifie que le monde -européen ou non- est constructible, qu'on peut non seulement le connaître, mais aussi le transformer par nos actions ( "les philosophes n'ont cessé d'interpréter le monde, il s'agit de le transformer").

- Soulignons également l'importance qu'a toujours eu pour le Moo Duk Kwan le fait de traduction. Qu'a fait Hwang Kee, notre Grand-Maître fondateur, sinon traduire et interpréter le Moo Yei Do Bo Tong Ji ? A ce propos, avez-vous déjà essayé de retrouver les formes Chilsong et Yukro (à prononcer "Yukno") dans ce livre ? Ouvrez-le et vous ne verrez presque rien que nous connaissions. Pourquoi? Précisément parce qu'il y a eu cette opération de traduction et d'interprétation. Et ce n'est pas tant le Moo Yei Do Bo Tong Ji qui est originel -même si en tant que source inspiratrice, il a bien sûr son importance- mais cette opération d'étude, de traduction et d'interprétation.
De même aujourd'hui, les langues différentes des pays membres du World Moo Duk Kwan, rend ce fait de traduction d'une importance décisive.

- Intellectuellement enfin, la traduction est une expérience fort édifiante. Il est bien connu que toute traduction est nécessairement une trahison. C'est l'axiome duquel tout traducteur doit partir, sous peine d'en rester à barboter dans une mare de littéralité, qui l'empêchera à tout coup de pouvoir mener sa tâche à bien. La beauté de l'acte de traduction consiste à n'être dans aucune des deux langues, mais toujours entre les deux; si bien que le traducteur est cet être
perpétuellement suspendu et tremblant, qui doit choisir sa prochaine infidélité. Il sait qu'il y aura toujours quelque chose de manqué, et de non rendu, et c'est pour cette raison qu'il doit chercher entre les deux langues, son style.

             Gianluca Barbasso et Andrea Raparelli au Ko Dan Ja
                           (Sokcho, Corée, octobre 2005)


Par Dodeline - Publié dans : Nouvelles européennes
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