Texte Libre

Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!

Semptembre 2006
I
l sera  question, dans ces pages, des sujets les plus graves — parce que la vie est
courte — et des questions les plus futiles — parce qu'il arrive qu'on la trouve longue ;

Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, l'art martial traditionnel coréen cher à notre cœur.undefined
D'une certaine tendance de sa pratique : comment ça vit, ce que ça pense,pourquoi ça veut.
De ce qui s'effusionne dans la pratique de Shiwol et dans les alentours : les amis d'Europe ; les amis de plus loin et d'ailleurs.
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme, surtout pas son matin, et qui s'agite de tout son corps divisé.

 

Septembre 2007
Voici tout juste un an que Shiwol s'active! Que de chemin parcouru, mais que de distan
ce à parcourir encore!
Nous avons un peu réussi, peut-être.
Que tous les terrains, toutes les occasions, tous les états de conscience intéressent celui qui cherche ce qu'il y a d'art possible dans le Soo
Bahk Do Moo Duk Kwan. Ce qu'il y a à connaître est immense.

 

Jeudi 28 février 2008

Depuis que je suis en Europe, mon cher Rhédi, j'ai vu bien des gouvernements : ce n'est pas comme en Asie où les règles de la politique se trouvent partout les mêmes.
J'ai souvent cherché le gouvernement le plus conforme à la raison. Il m'a semblé que le plus parfait est celui qui va à son but à moins de frais ; de sorte que celui qui conduit les hommes de la manière qui convient le plus à leur penchant et à leur inclination est le plus parfait.
Si dans un gouvernement doux, le peuple est aussi soumis que dans un gouvernement sévère, le premier est préférable, puisqu'il est plus conforme à la raison, et que la sévérité est un motif étranger.
Compte, mon cher Rhédi, que dans un état, les peines plus ou moins cruelles ne font pas que l'on obéisse plus aux lois. Dans les pays où les châtiments sont modérés, on les craint comme dans ceux où ils sont tyranniques et affreux.
Soit que le gouvernement soit doux, soit qu'il soit cruel, on punit toujours par degrés : on inflige un châtiment plus ou moins grand à un crime plus ou moins grand. L'imagination se plie d'elle-même aux moeurs du pays où l'on est : huit jours de prison ou une légère amende frappent autant l'esprit d'un européen, nourri dans un pays de douceur que la perte d'un bras intimide un asiatique (...)
D'ailleurs, je ne vois pas que la police, la justice et l'équité soient mieux observées en Turquie, en Perse, chez le Mogol, que dans les républiques de Hollande, de Venise et dans l'Angleterre même ; je ne vois pas qu'on y commette moins de crimes, et que les hommes intimidés par la grandeur des châtiments y soient plus soumis aux lois.
Je remarque, au contraire, une source d'injustice et de vexation au milieu de ces mêmes états.
Je trouve même le prince, qui est la loi même, moins maître que partout ailleurs. Je vois que dans ces moments rigoureux, il y a toujours des mouvements tumultueux, où personne n'est le Chef, et que, quand une fois l'autorité violente est méprisée, il n'en reste plus assez à personne pour la faire revenir ;
Que le désespoir même de l'impunité confirme le désordre et le rend plus grand ;
Que dans ces états, il ne se forme point de petite révolte, et qu'il n'y a jamais d'intervalle entre le murmure et la sédition ;
Qu'il ne faut point que les grands évènements y soient préparés par de grandes causes ; au contraire, le moindre accident produit une grande révolution, souvent aussi imprévue de ceux qui la font, que de ceux qui la souffrent.
Lorsque Osman, empereur des Turcs fut déposé, aucun de ceux qui commirent cet attentat ne songeait à le commettre : ils demandaient seulement en suppliant qu'on leur fît justice sur quelque griefs ; une voix, qu'on n'a jamais connue, sortit de la foule par hasard, le nom de Mustapha fut prononcé, et soudain Mustapha fut empereur.
 
 
Montesquieu, Lettres Persanes, Usbek à Rhédi, de Paris, le 2 de la lune de Rebiab 1, 1715

 

par Dodeline publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Mercredi 27 février 2008

Un stage de trois jours pour les 6-11 ans a eu lieu ce début de semaine au centre J.Verdier.

Au programme : 
- pour les plus gradés : préparation à l'Euro Soo Bahk Do, qui aura lieu le 15 mars à Wavre (Belgique). Adrien et Louis nous ont ainsi gratifiés d'un beau duo sur Pyong Ahn Cho Dan.

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- pour les élèves de l'année, révision et perfectionnement des techniques apprises récemment.


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- pour les nouveaux venus, l'occasion de découvrir ce qu'est un art martial, ou pour d'autres venant de disciplines différentes, une manière de s'entraîner.

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Bravo à Lino, qui a eu l'étonnement en même temps que le courage de nous entendre chanter en plusieurs langues son anniversaire. A observer sa physionomie, difficile de dire ce qu'il en a pensé : ce qu'on appelle un sentiment mélangé ?


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par Dodeline publié dans : Shiwol10ème arrdt
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Samedi 23 février 2008

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Une longue attente
commence pour Freak ; entamée tôt ce matin,
elle durera jusqu'à 23h. C'est celle de son lit.
Pour moi alors, c'est l'anxiété moyenne de qui donne cours à un public inconnu. Mais à cette heure matinale dans le centre sportif, elle est un peu désagréable.
Rapidement en do-bok, et réveil en mouvement. Deux adolescentes, entrevues dans les vestiaires courent en tous sens dans la salle en gloussant. Elles me prennent à partie pour que j'entre dans le jeu.
Les maîtres Boussalaa et Schoonejans me présentent aux élèves qui arrivent peu à peu; puis c'est à mon tour de donner cours.
La plus grande part de ce qui était prévu doit être abandonnée, vive l'improvisation.
Le système de communication qui fonctionne d'habitude avec ses propres élèves est absent. Les signes qu'on émet, les miens, ceux des enfants que j'ai devant moi, fonctionnent  entre eux comme un dialecte et une langue, pleines d'incertitude sur le sens. Qui est dans le dialecte, qui est dans la langue, ce n'est pas la question.
Les maîtres sont assis et prennent des notes, je suis debout, et m'efforçant de ne pas jouer faux. Le temps est un peu arrêté. Il faut lâcher un peu de maîtrise, laisser filer, sinon rien ne pourra passer. On doit trouver l'art : l'équilibre entre la maîtrise et l'informe. Captiver sans rendre captif. On devrait peut-être sentir à chaque fois qu'on donne cours ce que demande un public, ce qu'il attend, ce à quoi il aspire (la blague qui fait rigoler, l'exercice qui plaît à tout le monde ...). Et trouver le moment précis où le lui donner. Pas trop tôt pour qu'il pousse son effort, ni trop tard, on l'aurait perdu . Quel travail!

par Dodeline publié dans : méditations physiques
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Dimanche 17 février 2008

Vibration du réveil à 5h07.

Grand froid dans la pièce, nuit noire dehors, sauf le reflet des lumières du bureau d'en dessous qui se reflètent dans la fenêtre en face. 
Comment faire pour passer du chaud-couchée-sous-la-couette au froid-debout à la poursuite du temps ? Je doute ergo, je suis ... réveillée.

L'eau bout. Sencha.

Ting ting tong tang tong : message de Freak, déjà en route.

Rue vide, selle déchirée, givrée. Direction Porte de la Chapelle. L'air glacé m'oblige à conduire les yeux fermés. Heureusement, la route est droite et Pégase la connaît.

J'attache ma monture, et je regarde l'heure. 6h. Quel progrès.

Freak est là, qui tousse, pâle, tout en noir.

Il y a ceux qui ne se sont pas encore couchés, qu'on reconnaît au volume sonore qui les transporte, et d'autres, silencieux, ombres anonymes dans le petit matin. L'histoire ne dit pas qui sont ceux qui voyagent vraiment. Nous partons.

Le jour se lève, une heure et demi plus tard, le ciel devient, et nous devenons avec lui. Toujours le sentiment de renaître. Et le temps, dans l'intervalle a filé incroyablement. Freak prétend que nous ne l'avons pas senti passer car nous étions sans musique. On n'aurait pas le sentiment du temps sans métronome ? 

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La frontière, traversée comme on passe devant un snack-bar un peu glauque, où l'on pourrait s'arrêter et pourtant ... ce n'est pas ça, une frontière.

En l'occurence, y'avait qu'à suivre les panneaux, on arrive à Wavre sans lézard.

par Dodeline publié dans : méditations physiques
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Mercredi 13 février 2008

Il y a eu, il y a quelques mois, une disposition prise à l'échelle européenne, par je ne sais quelle commission de Bruxelles. Il me semble qu'il s'agissait d'interdire purement et simplement la fessée au sein des familles. Ce qui choqua alors, et bien peu le formulait, c'est cette ambition de légiférer dans les chaumières. Cette manière pour la loi de venir le soir vers 21h-22h, quand les gosses refusent d'aller se coucher, au milieu du salon. Au parlement de Bruxelles, on avait réussi à mettre à l'ordre du jour que la loi se mette elle aussi à tirer la langue.

Plus récemment, une claque d'un professeur à son élève de 6ème fit si grand bruit, que l'enseignant fut mis en garde à vue, et suspendu pour un temps, de ses fonctions.

La claque est vexante pour celui qui la reçoit; elle est la pointe physique de paroles qui n'ont pas eu d'effet. A cause de son côté soudain et inattendu, elle transforme la situation. Contre les claques réflexe, où l'énervement l'emporte et qui peuvent être mal maîtrisées, nous pensons à des claques stratégiques. Rarissimes et intervenant juste au moment approprié, celui où le cadre saturé n'offre plus rien aux interlocuteurs que leur seule co-présence irréversiblement appauvrie. 

Si le destin des enseignants, et au-delà, des adultes en général, est de devenir de décevants écrans, jamais assez plats au goût de ces chers zenfants, alors autant qu'ils, que dis-je, que nous nous efforcions de garder encore un peu forme humaine.

 

 

par Dodeline publié dans : méditations physiques
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