Lundi 17 août 2009
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17:06
" Le Kata est un modèle de répertoire technique codifié dans la pratique des arts japonais. Il signifie littéralement moule ou prototype. Mais en assistant à l'exécution d'un
même Kata, votre réaction et appréciation peuvent être différentes. Pourquoi ? Ce n'est pas seulement l'habileté technique qui vous touche, mais il y autre chose qui rentre en ligne de compte car
un Kata n'est pas un simple moule.
En japonais le concept de Kata est très large, ce n'est pas seulement une séquence gestuelle mais cela peut être un seul mouvement ou une seule
posture. Une seule technique magnifique pourrait être considérée à elle seule comme un Kata.
La répétition de chaque technique est le Keiko, qui est habituellement traduit par le mot "entraînement" mais dont le sens est différent. Keiko signifie "apprendre par ce qui a
été élaboré dans le passé", donc le Keiko implique la répétition du Kata ou plutôt l'entraînement du Kata ne peut être que le Keiko. Que veut dire cela ? En exécutant un Kata,
si votre longueur d'onde correspond à celle de l'adepte d'antan qui avait élaboré ou exécuté le même geste, au bout d'un certain temps, vous aurez une sensation de compréhension, voire même de
symbiose avec cet adepte. A ce moment là, vous pouvez percevoir le message technique de l'adepte, qui est pourtant décédé depuis longtemps. Le message d'un maître du passé vous est alors parvenu.
Il résonne dans votre corps, vous ressentez les mêmes sensations que le maître que vous n'avez pas connu. Votre corps est doublé de l'expérience de ce maître et vous pouvez alors déceler le
sens technique porté dans le Kata que vous avez travaillé, en éprouvant une forte émotion. C'est ainsi que le Kata devient un modèle indispensable de l'enseignement de l'art. La répétition est un
processus pour parvenir à faire correspondre sa longueur d'onde avec celle du maître du passé. Heureux sont ceux qui rencontrent ce type de Kata".
(Kenji Tokitsu, in Karaté
Bushido n°375, p57, Février 2009)
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Vendredi 14 août 2009
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11:19
Maître Jang par Xiao Shan.
L'été. Le mois d'août, où tout s'arrête, ou presque.
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Dimanche 9 août 2009
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16:34
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Samedi 8 août 2009
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Vendredi 7 août 2009
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13:58
Un entraînement, par exemple
Ce matin, lever tôt, partie tard.
Un petit parc pas loin, découvert par hasard, fera l'affaire.
Découverte de ce nouvel espace, tout en dévers, où il faut dénicher le plat (de résistance). Choix d'un arbre, qui doit être droit, pour mieux évaluer les trajectoires des techniques, un cordeau
naturel si l'on veut.
Je réalise au bout de quelques minutes d'exercice que c'est un acacias. Un petit chat roux tigré passe derrière l'arbre ; il revient sur ses pas quelques minutes plus tard ; il mordille
l'écorce. Je regarde la bête langoureuse, sous le signe de Dionysos, leur Miss Acacias et la métamorphose de Mister Cat. Voilà une jolie coïncidence. Instantanément, son corps est en ligne de mire. A sa hauteur, un
coup de pied tournant au ras du sol serait parfait. Le chat comme cible.
Il s'approche, et je lui caresse le museau. Il se met sur le dos, m'offre son ventre ; pour une raison qui m'échappe, difficile de refuser. J'interromps sa séance de caresses pour me remettre ...
à la mienne. Il ne l'entends pas de cette oreille, me passe entre les jambes, se frotte à mes chevilles. Sa tendresse est sans borne, mais je suis occupée.
Il finit par aller se lover contre le tronc de l'acacia, pour y chercher le sommeil.
Une telle déclaration de la part d'un inconnu, il n'y a qu'un chat rouquin au mois d'août pour vous la faire.
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Dimanche 2 août 2009
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20:16
Mercredi 17 juin, 5.30
La petite voiture grise aux rétroviseurs éprouvés file vers l'aéroport.
A mon arrivée, le Maître attend déjà, souriant. S'il n'est pas en avance, c'est nécessairement que je suis en retard. Il est tôt, mais pas tant.
Les files de véhicules en direction de la Grande Ville l'indiquent déjà. Dans le flux, j'insers la petite voiture.
Quelques jours auparavant, le maître avait appelé pour dire ce qu'il souhaitait. En voiture, il réitère, sans donner plus de détails. Je traduis : tandis que la circulation se densifie sur
le périphérique, direction Sud Sud-Est.
Au bout d'un certain temps, nous voilà dans un parking sous-terrain ;
des centaines d'emplacements vides. Nous attendons sur le parvis du grand magasin. Dans un rayon de soleil, je m'étire, toute engourdie, le maître prend déjà quelques postures
inconfortables. La journée sera longue.
La lourde grille s'ouvre. Nous nous dirigeons, comme on nous l'a conseillé sur le côté du bâtiment. Pas de trace du type censé nous renseigner davantage. Sa collègue mi-blasée, mi-désolée
nous conseille d'aller voir ailleurs. Il faut pousser plus vers l'Est, et s'aventurer vers des territoires inconnus. Je doute de l'utilité de ce déplacement, de l'itinéraire totalement improvisé.
Les routes mènent toutes quelque part, la preuve, le nombre de voitures qui les empruntent à cette heure-ci. Mais combien parmi elles sont à ce point focalisées sur cette zone ?
A notre arrivée, je reconnais l'endroit pour y être venue 5 ou 6 ans auparavant. Les quelques clients qui nous précèdent sont graves, presque inquiets : ils construisent leur maison, leur allée
ou le mur qui doit les protéger. Ils ne plaisantent pas avec la sécurité.
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Vendredi 31 juillet 2009
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16:37
Du 22 au 27 septembre prochains se déroulera le 7ème symposium de la fédération mondiale de Soo Bahk Do, World Moo Duk Kwan. Maître Bartolacci qui fait partie du comité
technique de la Fédération US, organise cette manifestation dans la ville d'Atlanta, où il vit et enseigne.
Un symposium "nouvelle formule" qui promet. Plus d'informations bientôt dans ces pages ... En attendant, on peut consulter :
http://www.wmdksymposium.com/WMDKSymposium/Welcome.html
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Vendredi 31 juillet 2009
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16:17
Suite et fin des extraits du texte de H. Von Kleist, Sur le théâtre de marionnettes
"- Ainsi mon excellent ami, me dit Monsieur C..., vous êtes en possession de tout ce qu'il faut pour me comprendre. Nous voyons que, dans le monde
organique, plus la réflexion paraît faible et obscure, plus la grâce est souveraine et rayonnante. -Cependant, comme l'intersection de deux lignes situées d'un même côté d'un point se retrouve
soudain de l'autre côté, après avoir traversé l'infini, ou comme l'image d'un miroir concave revient soudain devant nous, après s'être éloigné à l'infini :ainsi revient la grâce, quand la
conscience est elle aussi passée par un infini ; de sorte qu'elle apparaît sous sa forme la plus pure dans cette anatomie humaine qui n'a aucune conscience, ou qui a une conscience infinie donc,
dans un mannequin, ou dans un dieu.
- Par conséquent, lui dis-je un peu songeur, nous devrions manger une fois encore du fruit de l'Arbre de la Connaissance, pour retomber dans l'état d'innocence ?
- Sans aucun doute, me répondit-il ; c'est le dernier chapitre de l'histoire du monde."
Photo de Luc Viatour,
http://www.lucnix.be
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Mardi 21 juillet 2009
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16:49
Suite des extraits choisis du texte de Heinrich Von Kleist
- A ce propos, me dit amicalement Monsieur C..., je voudrais vous raconter une autre histoire, dont vous comprendrez aisément qu'elle a sa place
ici.
" Je me trouvais, lors d'un voyage en Russie, dans la propriété de Monsieur de G..., un gentilhomme livonien, dont les fils pratiquaient alors intensément l'escrime. Surtout l'aîné, qui venait de
quitter l'université se vantait d'être un virtuose et me proposa, comme j'étais un matin dans sa chambre, une rapière. Nous nous battîmes ; mais il se trouva que je lui étais supérieur ; la
passion acheva de le troubler ; presque chaque coup que je donnai le touchait et finalement sa rapière s'envola dans un coin de la pièce. A moitié pour plaisanter, et à moitié dépité, il me dit
en ramassant son arme qu'il avait trouvé son maître, mais que dans ce monde chacun trouvait le sien et qu'il voulait me conduire au mien. Les deux frères éclatèrent de rire et s'écrièrent :
"Allons ! Allons ! Descendons au bûcher ! " Ils me prirent par la main et me menèrent devant un ours que leur père, Monsieur de G..., faisait élever dans la cour.
" Lorsque stupéfait, je me trouvai face à lui, l'ours se tenait sur ses pattes arrière, le dos appuyé au poteau où il était attaché, la griffe droite levée, prête à frapper, et il me regardait
dans les yeux : il s'était mis en garde. Quand je me vis confronté à un tel adversaire, je ne sus si je rêvais ; pourtant, Monsieur de G... me dit : "Attaquez, attaquez ! Et essayer donc de lui
donner un coup ! " Une fois remis de ma première surprise, je poussai une botte ; l'ours fit un mouvement de patte très bref et para l'attaque. J'essayai de le suborner avec des feintes ; l'ours
ne bougea pas. Je poussai encore une botte soudaine, avec une telle adresse que j'en aurais infailliblement touché la poitrine d'un homme : l'ours fit un mouvement de patte très bref et para
l'attaque. A présent, j'étais presque dans la situation du jeune Monsieur de G... Le sérieux de l'ours achevait de me faire perdre contenance, les attaques et les feintes alternaient, la sueur me
ruisselait sur le corps : en pure perte ! Non seulement l'ours parait toutes mes attaques, comme le premier escrimeur du monde, mais (ce en quoi aucun escrimeur au monde ne l'eût imité) il ne
répondait même pas à mes feintes : son oeil dans le mien, comme s'il avait pu lire dans mon âme, il restait griffe levée, prêt à frapper, et quand mes attaques n'étaient qu'esquissées, il ne
bougeait pas. "
A suivre
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Mardi 21 juillet 2009
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21
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/2009
16:20
Suite des extraits choisis du texte de Heinrich Von
Kleist.
Je lui dis qu'aussi adroitement qu'il mène l'affaire de ses paradoxes, il ne me ferait jamais croire qu'il puisse y
avoir plus de grâce dans un mannequin mécanique que dans la structure du corps humain.
Il répondit qu'il était absolument impossible à l'homme d'y rejoindre un tant soit peu le mannequin. Que seul un dieu pourrait, dans ce domaine, se mesurer à la matière et que c'était là où les
deux extrêmités du monde circulaire venaient se retrouver.
Ma surprise allait croissant, et je ne savais que répondre à de si étranges affirmations.
Il semblait, répliqua-t-il, tout en prenant une pincée de tabac, que je n'avais pas lu avec attention le troisième chapitre du Premier Livre de Moïse ; et qu'à celui qui ne connaissait pas cette
première période de la culture humaine, on ne pouvait guère parler des suivantes, et encore moins de la dernière.
Je lui dis que je savais fort bien quels désordres la conscience provoque dans la grâce naturelle de l'homme. Un jeune homme de mes connaissances avait, par une simple remarque, pour ainsi dire
sous mes yeux, perdu son innocence, et n'en avait plus jamais retrouvé le paradis, malgré tous les efforts qu'on pût imaginer.- "Mais ajoutai-je, quelles conséquences pouvez-vous en tirer ?"
Il me demanda de quel évènement je voulais parler.
" Je me baignai, lui racontai-je, il y a environ trois ans, avec un jeune homme, dont l'anatomie était empreinte d'une grâce prodigieuse. il devait être dans sa seizième année et on pouvait à
peine déceler chez lui les premiers signes de vanité provoqués par les faveurs des femmes. Le hasard voulait que nous ayons vu à Paris, peu de temps auparavant, cet éphèbe qui s'enlève une épine
du pied ; le moulage de cette statue se trouve dans la plupart des collections allemandes. le regard qu'il jeta dans un grand miroir à l'instant où pour l'essuyer, il posait le pied sur un
tabouret, le lui rappela ; il sourit et me dit quelle découverte il venait de faire. Je venais à vrai dire de la faire moi aussi, dans le même instant ; mais était-ce pour mettre à l'épreuve la
grâce qui l'habitait, ou aller à l'encontre de sa vanité et l'en guérir un peu : je ris et rétorquai qu'il devait avoir des visions ! Il rougit et leva une deuxième fois le pied pour me le
prouver ; mais, comme on aurait facilement pu le prévoir, sa tentative échoua. Déconcerté, il leva le pied une troisième et une quatrième fois, et il le leva bien dix fois encore : en pure perte
! Il était hors d'état de reproduire ce mouvement -que dis-je ? Les mouvements qu'il faisait étaient si comiques, que j'eus de la peine à retenir mon rire.
A dater de ce jour, pour ainsi dire de cet instant, une transformation inexplicable s'opéra en lui. Il passait des journées entières devant le miroir ; et un charme après l'autre le quittait. Une
forme mystérieuse et invisible semblait s'être posée, tel un filet de fer, sur le libre jeu de ses gestes, et quand une année eut passé, on ne trouvait plus trace en lui du charme qui avait fait
la joie de ceux qui l'entouraient (...)
à suivre
Par Dodeline
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