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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 14:29
(...)
J'appris que le maître était occupé et qu'il n'aurait pas de temps à me consacrer mais que cela ne m'empêchait pas de travailler. Au moment de partir, j'allai saluer le maître qui me jeta un coup d'oeil distrait, fit un signe de la tête et sans sourire replongea dans ses écrits. C'était la première fois qu'il se comportait de cette façon. Ce fut un coup terrible pour moi. Sa froideur contrastait trop fortement avec la chaleur qu'il m'avait témoignée jusqu'à maintenant. Même sa femme semblait distante et, bien que toujours aimable et polie, je la sentais lointaine.
Avais-je commis quelque erreur ? Avais-je manqué de politesse ? Ma joie s'envola tout à coup et mon inquiétude ne fit qu'augmenter car pendant plus d'un mois la même scène se renouvela. N'y tenant plus, je pris la décision d'aller parler au maître pour savoir ce qui n'allait pas.
Le keiko (la session d'entraînement) s'étant terminé plus tôt que prévu, je pris une douche rapide, et bien décidé à éclaircir ce mystère, je demandai la permission de parler au maître. Je ne savais comment formuler ma question. Ce ne fut d'ailleurs pas nécessaire. Il posa tranquillement son pinceau et rangea son matériel, puis me donna une magistrale leçon :

- "Inutile de parler. Tu t'inquiètes bien à tort des apparences ! Je t'ai observé attentivement à chaque fois que tu es venu. Ton comportement a changé à partir du jour où j'ai cessé de te témoigner quelque attention. Ta paix t'a alors soudainement quitté, tu es devenu instable et agressif, ton mental n'a plus connu de repos et ton iai a été celui d'un débutant. Veux-tu connaître la raison de tous ces conflits et souffrances ?"
J'acquiesçai d'un air timide.
-" La raison est ton égoïsme, ta faiblesse et ton intolérance".

J'étais touché au plus profond de mon amour-propre et peiné au plus haut point. Ma première réaction fut d'essayer de me justifier. Le maître ne m'en laissa pas le temps, et m'arrêta de la main avec un sourire qui semblait dire "je sais".

-"Lorsque je dis intolérance, égoïsme et faiblesse, je parle bien entendu des sentiments que tu as eus à mon égards uniquement. Mais si tu regardes bien ce qui s'est passé en toi, tu conviendras que personne d'autre que toi-même n'en est responsable, et qu'aucune cause extérieure n'est à accuser, sauf le silence entre nous. Tout cela n'est en réalité que le jeu des réactions de l'égo.
Egoïsme car ton égo s'est approprié mon amitié au point de vouloir la limiter à certains comportements pouvant satisfaire ton besoin de sécurité affective. (...)

Ton mental s'est soudainement cristallisé alors qu'il devrait être constamment comme de l'eau, eau qui prend la forme du récipient dans lequel elle se trouve et n'offre auucune résistance. Toi, au contraire, tu n'as été qu'un bloc de glace dont la forme fut celle de ton propre égo, d'une relation entre toi et moi déjà conditionnée par l'habitude. Si cela avait continué, le lien qui nous unit aurait été rompu et je n'aurais pu te garder.
Intolérant tu l'as été, car j'aurais très bien pu avoir quelque raison sérieuse de rester silencieux. C'est un manque d'intuition et de respect que de décider des sentiments de celui qui te guide. C'est un affront car c'est lui témoigner un total manque de confiance. L'égo n'accepte pas d'être évincé, de n'être rien. Il chercher constamment à attirer l'attention sur lui, il cherche constamment à être apprécié et récompensé. Il ne veut pas mourir et s'accroche désespérément aux formes et aux sentiments qui ramènent à son univers limité.
Faible tu l'as été car que t'importe celui qui te guide ? Tu as ton sabre, n'est-ce pas suffisant? Où dois-tu trouver les moyens de la libération si ce n'est en toi-même ! Rien en dehors de ton Soi n'a d'importance. Ne cherche jamais aide et consolation en dehors du Soi, ou tu risques d'être profondément déçu. Est-il besoin de parler d'immuabilité si, à la moindre épreuve, ton mental se trouble comme une jeune fille craintive ? N'oublie jamais ce qui vient d'arriver.
-"Merci sensei. Je suis désolé de n'avoir pas mieux réagi. L'attachement est une chose subtile qui agit imperceptiblement. Je me suis laissé prendre. J'essaierai à l'avenir de ne plus agir avec aussi peu de vigilance.
-" C'est une bonne chose d'avouer franchement son erreur. C'est à coup sûr un bon moyen de se refaire un esprit neuf. Mais pourquoi être désolé ? Encore une réaction de l'égo qui s'apitoie sur lui-même. Le passé est un rêve mort qui n'a plus d'intérêt une fois la leçon apprise. Donc, reprends ton calme et ton sabre, ne compte plus que sur toi, soit indifférent à tout ce qui t'entoure et travaille."
(...)
                                                         in Iaido, l'art de trancher l'égo de M. Coquet (éditions l'Or du temps)

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commentaires

Franck 20/06/2007 11:30

Aaaaaah l'égo.J'ai lu plusieurs textes sur celà dernièrement. Ca titille et ca chatouille, en effet. Je vais peut-être essayer de faire une petite synthèse de méthodes permettant de lutter contre l'ego.Le problème c'est que tant qu'on doute de soi, on se focalise sur soi.Avec l'experience et la maitrise peut-être que celà diminue.

Dodeline 20/06/2007 12:00

L'affaire est bourée de paradoxes. Lutter contre l'égo est la meilleure façon de lui donner de la force. La psychanalyse qui appelle l'égo  le moi, n'a pas cessé d'en parler et a nommé cette lutte de l'égo pour sa survie résistance. Elle oppose le moi au sujet,  quelque chose comme la vérité de ce que nous sommes ; tandis que le moi serait tout ce que nous croyons que nous sommes, du fait de tout ce que nous avons traversé depuis que nous sommes embryon.La question ne serait donc pas de lutter contre le moi, mais comme dirait Freud, de faire advenir le sujet. Sur la manière de le faire, il y a toute une panoplie de "travail sur soi" dont les arts martiaux et parmi eux le Soo Bahk Do.

Dodeline 19/06/2007 21:48

Suis toujours contente quand les textes qui me titillent, chatouillent aussi des lecteurs de passage.J'aimerais que tu me confirmes le sens de la fin de ton commentaire "des récits comme celui-là, c'est quand tu veux" : cela signifie-t-il que tu aurais de petites fables à nous livrer, directement issues de ton expérience ?Ce serait avec plaisir, bien sûr, que je les lirais -les publierais, si tu le souhaitais ?-Avec grand plaisir même ...

Robert Dequinze 19/06/2007 14:17

Comme il est bien vrai que nous attachons trop d'importance aux réactions de notre entourage, à l'image qu'il donne de nous alors que ces réactions sont très souvent conditionnées par leur situation du moment. A défaut d'être une panacée, l'attitude positive induit souvent un rayon de soleil sur notre entourage. Le sourire furtif d'un passant que l'on croise, par exemple,  tranche avec l'indifférence coutumière. Rester à l'écoute en évitant de juger produit souvent le même effet. La plus grande difficulté vient d'un changement dans l'humeur d'un proche quand souvent on n'y peut rien.Se détacher de la souffrance (la grande compassion) est l'un des aspects de la philosophie Bouddhiste (positif celui-là). Non pas pour le fait d'apprendre à pardonner mais pour trouver la paix en soi en rendant la source de la souffrance complètement transparente.Souvent, tout bien imparfait que je sais être, j'aime pourtant me sonder dans un miroir, car on ne se ment pas à soi-même. Je n'ai pas de sabre, à l'exception des Catanas que m'ont offerts les White-Tigers, mais j'emporte toujours ma joie de vivre ... et c'est contagieux.Des récits comme ceux-ci ... c'est quand tu veux !Bizou ELO.Robert