Samedi 23 juin 2007
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Suite à l'extrait de l'art de trancher l'égo que nous avons proposé, plusieurs lecteurs se sont
asticotés et l'un d'eux a même eu envie d'écrire une variation sur le thème.
Il était une fois un jeune garçon dont les études évoquaient un chemin assez particulier, peu ordinaire, émaillé d’anecdotes parfois amusantes, parfois moins drôles,
qui chaque fois ont été sources d’enseignement. Durant la première ligne droite, il est un élève relativement brillant, assez turbulent et plutôt rêveur.
Un jour, un énorme bulldozer dont la cabine rejoignait le ciel vînt s’amuser avec les talus qui bordaient l’école. Il était visible de la fenêtre. Intrigué par les
articulations souples et majestueuses de l’engin, notre rêveur se mit à l’imiter, formant avec son bras un superbe « Zed » dont la main constituait la benne qui, avec tant de facilité
s’enfonçait d’abord profondément dans le sol, pour ensuite en ressortir débordante de terre, emportant au passage quelques brindilles qui lui donnait l’impression d’être affublée d’une
moustache.
Dans sa tête, il analysait les mouvements et tentait d’en comprendre la magie. Il était fasciné par le spectacle qui s’offrait à lui.
"Encore un robot belliqueux, mais celui-ci est de taille! Il s'agit peut-être d'une machine de guerre pilotée?!
Mais ce n'est pas le moment de se poser des questions ...
Brutalement, il fut interrompu par les grognements de l’instituteur qui plongé dans les tables de multiplication ou dans des problèmes insolubles l’envoya faire un séjour dans le couloir afin
de méditer sur l’art des grimaces.
Abasourdi et révolté contre pareille incompréhension, cette histoire est restée à jamais gravée
dans sa petite tête haute de 10 ans, et l’instituteur qui était coutumier en la matière, est passé ad vitam au statut d’une personne insignifiante. En revanche, la curiosité du petit garçon de
l’époque ne s’est jamais atténuée, à l’image de l’imposant bulldozer et de la lumière que cette expérience lui a apportée. Au fait, était-il réellement si grand … ce
bulldozer ?
La seconde ligne droite fût plutôt normale, sans étincelles ni catastrophe. Les professeurs se sont succédés, le garçonnet devenu adolescent reste fidèle à sa quête
en poursuivant des études scientifiques. Passionné par les langues étrangères, il réussira une année dans une école de traducteur puis décidera de changer d’horizon au grand dam de son papa.
Aujourd’hui, pourtant, il ne regrette en rien son parcours ; la connaissance des langues est dans son métier son plus grand atout. La reconnaissance des fleurs apprise au cours de botanique,
lui a donné le goût du jardinage qu’il partage avec sa moitié.
Tu sais, le petit garçon dont il est question, c’est celui-là même qui t’écrit ces quelques lignes.
texte : Robert Dequinze
dessin : Raoul Giordan
Par Dodeline
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Publié dans : littérature et témoignages
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