Vendredi 3 août 2007
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En l'honneur de notre 100ème article sur ce blog, nous nous devions de redevenir (un peu) sérieux. C'est pourquoi nous vous proposons une définition
fouillée du terme "tradition", qui revêt une si grande importance dans les arts martiaux. Comme cette définition est dense, nous la découperons. Si ce rythme de publication ne vous sied
pas, nous vous conseillons de vous référer directement à l'ouvrage. Il s'agit du Dictionnaire d'ethnologie et d'anthropologie de P. Bonte et M. Izard.
La tradition se définit -traditionnellement- comme ce qui d'un passé persiste dans le présent où elle est transmise et demeure agissante et acceptée par ceux qui la
reçoivent, et qui, à leur tour, au fil des génération, la transmettent.
Comment s'opère la transmission ? Oralement bien sûr puisque les hommes ont répété leur passé avant d'avoir inventé l'écriture ; par exemple, quand il s'agit de perpétuer des pratiques ; par
l'écrit également puisqu'il permet de recueillir ce qu'on juge digne ou nécessaire de conserver. Mais que transmet-on ? Ce qu'il convient de savoir et de faire au sein d'un groupe qui ainsi se
reconnaît ou s'imagine une identité collective durable, l'important étant(...) de (croire) s'y conformer correctement : raconter des mythes comme on les a entendus, revendiquer une histoire telle
qu'on l'a apprise, faire sienne des idées de toutes sortes qui sont autant d'idées reçues. Comment d'ailleurs faire autrement ? Cet ensemble plus ou moins cohérent, c'est ce qu'on appelle une
culture. Toute culture est traditionnelle. Même si elle se voit nouvelle, rompant avec un passé jusqu'alors maintenu, même si elle se veut et est peut-être issue de son présent, elle vise à se
perpétuer, à devenir une tradition (...)
Mais alors, à quoi rime la distinction entre les sociétés dites traditionnelles et celles prétendues ne pas l'être, parce qu'elles seraient historiques, changeantes
et toujours à caractériser par leurs modernités successives ? En fait, elles ne sont pas moins traditionnelles les unes que les autres (...)
Toutefois, il serait vain de vouloir doser, pour chaque société, le poids des traditions. On ne voit pas chez soi ce qu'on ne peut pas ne pas voir chez l'autre, on s'attribue ce qu'on lui dénie :
les traditions étant la plupart du temps inconscientes ou du moins implicites, on constate celles de l'autre, on ignore les siennes et corrélativement, on est sensible chez soi au changement et
on le valorise ; chez l'autre, au conservatisme qui nous permet de l'identifier. (à suivre)
Par Dodeline
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Publié dans : documentation martiale
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