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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 13:36
Voici un texte rédigé par Mélanie Carreira, 2ème dan de Soo Bahk Do, élève américaine de Maître Choï Eui-sun. Nous reproduirons la version originale de son texte dans notre rubrique en anglais.

Lors de notre réunion d’élèves migrateurs de Maître Choï, il nous interroge sur la tradition. Nos réponses vont à l’essentiel et, en cela, semblent n’appartenir qu’à nous. C'est au tour de John de parler, à moi, puis à Jackie, qui n’a rien à ajouter. Après une courte pause, Maître Choï dit:  « Personne ne me questionne, alors je n'ai aucune réponse à donner »
 
Nous rions. C’est vrai, on accepte sa remarque. Et nous l’ interrogeons.

« La tradition, c’est ce qui est naturel ». Nous hochons la tête comme des pantins pendant les dix minutes qui suivent, alors que le Maître nous offre une perspective sur la tradition que nous n’aurions pas aperçu par nous-mêmes ; mais nous la connaissons en quelque sorte depuis toujours. Les histoires qu’il nous raconte sont de cet ordre ; comme si nous savions quelque chose depuis toujours mais dont nous ne prenons conscience vraiment que lorsqu’on nous en parle.
"La tradition n’est pas une coutume, c’est la terre, les animaux et les humains qui travaillent ensemble d’une manière harmonieuse et positive. Certaines actions engendrent un cercle, un flux.
Jamais négatives ou à contre-courant, ne causant nulle souffrance le jour suivant ou deux ans plus tard. Ce genre de douleurs sont le résultat de ce qui n’est pas naturel, et on ne trouve aucune tradition en elles."

C’est ce qu’il dit, si j’ai bien compris. Nous hochons toujours la tête. Maître Choï acquièce et continue en nous taquinant : “Vous ne dîtes rien ? Vous hochez simplement la tête?” Il veut un dialogue et nous sommes à ce moment tout pantois. L’image de Bjork jaillit dans ma tête à ce moment, je ne saurais dire comment elle se connecte à la conversation en cours, je continue à me taire. John pose une question et la réponse du Maître me frappe vivement : “les gens se trompent, dit-il, ils pensent que nous ne faisons que des mouvements physiques, chacun crie et se bat. Les arts martiaux ne portent pas le nom adéquat et les gens ne comprennent pas complètement de quoi il s’agit –il s’agit de ce qu’il y a d’artiste en nous, de notre sensibilité ».

Sensibilité, quel mot ! Je repense à la tradition et je comprends soudain le sens de ce qu’il dit.
 
C’est quelque chose à quoi j’ai pensé dernièrement, c’est quelque chose à quoi je pense toujours. J’ai passé trois heures à regarder Bjork avec vénération sur Youtube l’autre nuit. Elle est parmi les gens les plus exigeants et attirants que je connaisse. Quand elle parle, on sent une formidable énergie en elle. La manière dont elle parle de son travail, du processus créatif,  me fait réfléchir à ce qu’est véritablement un artiste. C’est pour cela que je l’aime et l’admire, que j’aime et admire des gens que je rencontre. Que j’admire Maître Choï.
(…)

Bjork parle du bourbier avec lequel les auteurs ont à se débattre, et qui parviennent à une œuvre accomplie seulement vers 70 ans ; elle dit : « je crois que cela prend beaucoup de temps de devenir ce que vous êtes ». C’est sidérant.

 Je pense à Maître Na, la nuit où nous nous sommes assis au do-jang central à Séoul, et avons bu du thé vert. Il m’a dit que son but dans la vie était par-dessus tout d’être humain. J’ai réalisé dernièrement que les artistes qui me fascinent, ceux qui ont quelque chose d’inhabituel, une sorte de magnétisme, sont ceux qui crée comme un acte divin. Bjork dit qu’elle chante parce que c’est sa manière d’être la plus naturelle, que c'est comme respirer ; elle ne peut pas trouver d’équilibre sans cela. Elle crée parce qu’elle existe, elle ne l’a pas choisi. Si je devais reformuler les propos de Maître Na en ce qui me concerne, j’aimerais être comme lui, comme Bjork, comme Maître Choï. Etre ce que je sens qu’ils sont tous trois : eux-mêmes au plus haut point. Etre moi, absolument. Y contribuer avec ce que j’ai, en équilibre avec la nature, être une partie de la terre. Je commence à voir ce qu’est la tradition  grâce à la définition donnée par Maître Choï. La tradition, c’est le chemin qui mène vers ce qui est naturel. Celui qui nous révèle à nous-mêmes. C’est toujours l’argument auquel je pense pour défendre toute forme de culture, l’intérêt d’en savoir plus, et l’utilité de connaître un système d’expression (la musique, les arts, l’écriture …). Ce sont des outils qui nous ouvrent la voie, nous offrent des chemins. Ils  exigent de nous des efforts et nous permettent d’accéder à la dimension spirituelle de tout art. Nous nous en nourrissons et nous sommes éblouis par ce que Beethoven et Mozart ont su. Nous en ferons ce que nous voulons.

Les traditions sont là pour nous rappeler que nous avons des valeurs et pourquoi elles sont nos valeurs. Elles nous forcent à réfléchir. Art, sensibles, vivantes. C’est ce que je fais, ou ce que je dois faire. Parce que j’y suis astreinte, c’est une nécessité pour moi. Les traditions, les gens, ce sont des points de référence. Ils m’aident à me définir, ils m’obligent à ne pas supposer toute définition comme acquise.

Je crois que je vais me remettre au jardinage.

 

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