La circulation des douleurs a travers le passage du temps : tels pourraient s'intituler les quelques jours recents passes a s'entrainer outre
atlantique, comme on dit.
Pour s'y retrouver, quand on n'est pas chez soi, il semble indispensable d'imaginer des habitudes, d'inventer ses propres rites en
somme.
Pourquoi ? Ce n'est pas vraiment clair ; sinon qu'il n'y a pas d'experience humaine sans sentiment du temps. Et pour que le temps s'inscrive,
il faut quelque chose d'autre que la nouveaute, l'adaptation permanente (ndlr : sos anthropologues !! : ne pourrait-on pas
appeler cela un continuum technico-rituel ?). L'entrainement, c'est precisement quelque chose qui doit s'inscrire dans le corps, non
pas seulement parce qu'il va augmenter ses capacites, sa force, sa souplesse... mais parce qu'il y aura eu tout un processus complexe pour que cela se produise. Se produise eventuellement.
Bref, ces jours derniers, pour evacuer les douleurs, il s'est avere indispensable d'aller courir. Sinon, le corps est tellement dur qu'on ne peut pas le travailler, a moins d'etre tout a fait
brutal envers soi, ou d'avoir un mental en fer forge. Rite number 1.
Et puis apres divers types d'exercices, le rite number 2 est apparu. Chez le Maitre, pour aller jusqu'a la douche, il faut monter des escaliers. C'est ce que nous nommerons ici le check
point. Rien a voir avec les uniformes qui vous demandent, dans certains endroits du monde, vos papiers, vos raisons pour passer la frontiere, ou les activites terroristes auxquelles vous
comptez vous livrer. Non, ce check point la consiste a sentir quel effort vous demande cet acte anodin de monter une dizaine de marches, recouvertes d'une trop epaisse moquette. Ce qui
se passe mieux, ce qui se passe moins bien que la veille. Quels grincements font les articulations des membres inferieurs. Bref, tout un payasage, toute une symphonie interieure. Plus ou moins
interessante, il faut le dire.
Bien a vous,
from Handol martial arts do-jang, Danbury, Ct, USA