Dimanche 1 février 2009
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17:09
Du mois d'octobre à décembre derniers, l'Association Shiwol a proposé aux élèves de l'Ecole de théâtre O clair de la
lune un atelier d'initiation au Soo Bahk Do.
Un lundi soir comme les autres, Martine arrive tout sourire pour l'atelier "Corps en mouvement"
Jeune retraîtée, elle a décidé de suivre à Paris les cours de l'Ecole O clair de la lune, bien qu'habitant en lointaine banlieue.
Martine, c'est l'incarnation de Neh Gung Weh Yu, devise chère à notre école Moo Duk Kwan : être doux à l'extérieur, dur à l'intérieur. Il lui faut cette volonté là : Martine est en
fauteuil. C'est sans doute cette situation qui lui a donné la patience à toute épreuve qui la caractérise.
Ce qui frappe dans le groupe que j'encadre, c'est d'abord une mixité réussie. Il y a là un mélange de générations, de situations ; des élèves valides, d'autres ayant un handicap visible. Dans la
pratique, cela finit par s'égaliser. Une grande timidité pour un apprenti comédien, c'est quelque chose avec quoi il doit composer, tout comme celui qui ne peut pas utiliser sa main droite devra
développer une dextérité particulière avec sa main gauche. Nous sommes au coeur des arts martiaux et de ses légendes : le héros manchot invincible, l'idiot du village par lequel la justice
arrive, l'orgueil du guerrier qui finit par le perdre. Polir la matière dans laquelle chacun est fait, en dessiner les lignes, donner forme à ce que chacun est, dans la fond. N'importe quelle
école digne de ce nom doit donner l'occasion à ses élèves, à ses étudiants, de travailler à cela. Avoir un corps, au départ, moins apte que les autres, n'empêche rien. Si l'on pense à la
performance physique pure, alors oui, on verra l'invalidité comme une entrave. Mais quant à développer ce que l'on est, qui est le véritable enjeu de l'art martial, alors l'horizon se dégage ;
pour tout un chacun, jeune, vieux, avec ou sans rhumatisme, névrosé, hystérique, d'ici ou d'ailleurs etc, pour tous et pour chacun, dans l'art martial, tout est constructible. A condition bien
sûr que les Etats ne criminalisent pas à tout bout de champ, ce qui n'est pas conforme à leur conception de la normalité (on reconnaîtra ... qui on reconnaîtra).
Quelques-uns des élèves ayant participé à notre atelier prennent la pose
Dans notre atelier d'une dizaine de séances, nous avons travaillé les techniques de base, et assez rapidement, la confrontation : que faire avec le corps hostile de l'autre ? Il soo sik et ho sin
sool fut la réponse que nous avons proposée.
Enfin, il y eu pour finir l'examen où chacun montra ce qu'il avait appris, dans notre atelier en binôme. Comme les épreuves de l'examen étaient variées, j'eus l'occasion de voir les élèves dans
des improvisation théâtrales inattendues. Et je les découvris alors, comme je ne les avais pas encore vus.