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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 21:09

Heinrich Von Kleist (1777-1811), auteur notamment du Prince de Hombourg et de Penthésilée, fait partie des écrivains inclassables, capables d'oeuvres d'une fulgurante modernité. Nous publions ici des extraits de son texte court Sur le théâtre de marionnettes. Nous l'avons lu comme une étude sur le mouvement, question on ne peut plus centrale dans les arts martiaux.
Le texte se présente sous la forme d'une conversation entre un danseur et un journaliste admirateur, à propos du mouvement des marionnettes. Le journaliste cherche à comprendre l'admiration que voue le danseur célébre à ce type de spectacles réputés populaires et réservés aux enfants.


(...) Quel avantage cette poupée aurait-elle sur les danseurs vivants ?
- Quel avantage ? Avant tout mon excellent ami, un avantage négatif : elle ne ferait en effet jamais de manières. Car l'affectation apparait comme vous le savez, au moment où l'âme (vis motrix) se trouve en un point tout autre que le centre de gravité du mouvement. Et comme le machiniste ne dispose, par l'intermédiaire du fil de fer ou de la ficelle, pas d'un autre point que celui-ci, les membres sont comme ils doivent être, morts, de simples pendules, et se soumettent à la seule loi de la pesanteur ; une propriété merveilleuse, qu'on chercherait en vain chez la plupart de nos danseurs.
" Vous n'avez qu'à regarder la P..., poursuivit-il, quand elle joue le rôle de Daphné et que poursuivie par Apollon, elle se retourne vers lui ; son âme est logée dans les vertèbres des reins ; elle se plie comme si elle voulait se briser, telle une naïade de l'Ecole du Bernin. Voyez le jeune F..., quand il symbolise Pâris debout entre les trois déesses, et tend la pomme à Vénus : son âme se tient cachée (c'est effroyable à voir) dans le coude.
" De telles erreurs, ajouta-t-il pour couper court, sont inévitables depuis que nous avons mangé du fruit de l'Arbre de la Connaissance. Mais le Paradis est vérouillé, et le Chérubin à nos trousses ; il nous faudrait donc faire le tour du monde pour voir s'il n'est peut-être pas rouvert par derrière".
Je ris. il est vrai pensai-je, que l'esprit ne saurait se tromper là où il n'existe pas. Mais je remarquai qu'il ne m'avait pas encore tout dit et le priai de poursuivre.
" Du reste, me dit-il, ces poupées ont l'avantage d'être antigravitationnelles. Elles ne savent rien de l'inertie de la matière, propriété on ne peut plus contraire à la danse : car la force qui les soulève dans les airs est supérieure à celle qui les retient au sol. Que ne donnerait notre bonne G... pour peser soixante livres de moins ou pour qu'un contrepoids de cette importance vienne l'aider à exécuter ses pirouettes et ses entrechats ? Comme les elfes, les poupées n'ont besoin du sol que pour le frôler et réanimer l'envolée de leurs membres par cet arrêt momentané ; nous-mêmes en avons besoin pour y reposer un instant et nous remettre des efforts de la danse : instant qui n'est manifestement pas de la danse, et dont il n'y a rien d'autre à faire que de l'écarter autant qu'on peut."

(à suivre

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