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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 23:21
Extraits de l'entretien donné par le Kwan Jang Nim Hwang au magazine Black Belt (octobre 2005). Le Grand-Maître Hwang venait d'être désigné à l'été 2005 "homme de l'année" par le magazine américain Black Belt.



BB : Le World Moo Duk Kwan est renommé pour sa discipline et son degré de standardisation. Il est décrit comme une pluralité de parties qui fonctionnent ensemble comme un seul corps. Par exemple un pratiquant de Washington D.C peut se rendre à un cours dans l'Illinois sans perdre ses repères d’entraînement. Les pratiquants de Soo Bahk Do font cela fréquemment sans même y penser. Comment comptez-vous conserver cette qualité de standardisation sans perdre en créativité ?

KJN Hwang : Je crois que cette standardisation est la plus grande réussite du Kwan Jang Nim (ndlr : Hwang Kee, le fondateur). C'était dès le départ un de ses objectifs principaux pour le Moo Duk Kwan. Sans standardisation, on passe beaucoup de temps à parler de la manière juste d'exécuter un mouvement, et de celle qui ne l'est pas. C'est autant de temps perdu pour l'entraînement et le développement de nos aptitudes. Cette standardisation est la base fondamentale qui permet des relations harmonieuses entre pratiquants. Si je parle coréen et que vous parlez français ou allemand, sans un langage commun, il est impossible de communiquer. On est obligé de rechercher une compréhension mutuelle si on veut résoudre les problèmes et contribuer à la bonne fin des choses. Je pense que la standardisation sous-tend la créativité. C'est le langage pour communiquer et coordonner notre mouvement. J'aime penser que la standardisation est perçue comme un guide aussi longtemps qu'elle ne bride pas la créativité. Le Grand-Maître a dit clairement que le Soo Bahk Do n'avait aucune limite. Tout peut être fait du moment que cela reste dans la philosophie de l'Art. Cette philosophie transparaît au travers de nos techniques. Il est très important que, quoi que nous fassions, nous restions en harmonie avec cette philosophie. Elle est ce qui ne changera jamais.
Quand vous utilisez votre créativité à partir de ces principes, c'est très productif. Certaines créations n’émanent pas de principes adéquats et deviennent très dommageables pour l’être humain. Les hommes sont capables de terribles inventions. Ils pensent pouvoir créer quelque chose pour leur seul profit mais la société humaine n’en profite pas car aucun principe ne guide leur action.


BB : A votre avis, quelle différence y-a-t-il entre Taekwondo, Tang Soo Do et Soo Bahk Do ?

KJN Hwang: Le Taekwondo s'est développé comme sport et a, comme tel, beaucoup de succès. Avec son accession aux J.O, il a atteint son objectif. Il s'est développé autant qu'un sport peut le faire. Le Tang Soo Do fait partie de notre histoire. Après l'occupation japonaise, le peuple coréen ne savait plus rien de ses propres arts martiaux. La plupart des gens connaissait seulement le karaté japonais, prononcé Tang Soo Do en coréen. Le Grand-Maître a d'abord introduit le « Hwa Soo Do » mais personne ne savait de quoi il s'agissait. Il a alors
adopté les caractères de « Tang Soo Do ». Plus que le terme général « karaté » d'aujourd'hui, Tang Soo Do signifiait alors « art martial » pour les non-pratiquants. En 1954, on a donné au Kwan Jang Nim une copie du Moo Yei Do Bo Tong Ji, le livre le plus vieux et le plus complet sur les arts martiaux coréens datant de 2700 ans, sous la dynastie Koguryo. Il l'a traduit et interprété. Il a commencé à utiliser le terme Soo Bahk Do afin de rendre hommage aux arts coréens desquels le Soo Bahk Do est dérivé. Le Soo Bahk Do est un moyen de vivre la tradition coréenne.

BB : Le Soo Bahk Do est connu pour être « un art vivant ». Qu'est-ce que cela signifie ? Cela va-t-il changer sous votre direction ?

KJN
Hwang: L'art est comme l'enseignement de notre Fondateur Hwang Kee : il se perpétue même en son absence. Nous continuons sur sa lancée. La pratique de l’effort n’est pas liée au seul exercice physique, c’est aussi une habitude au quotidien. Le Grand-Maître voulait que la créativité se prolonge dans une approche intellectuelle en connection avec les origines de l'Art. Ainsi, l'Art se prolonge dans nos pensées, dans nos mouvements et dans nos actions.

BB : Où en est le Soo Bahk Do en Corée ?

KJN
Hwang : Depuis 1965, le Moo Duk Kwan a connu beaucoup de difficultés. Tous les jeunes gens font leur service militaire. Les pratiquants de Soo Bahk Do devaient apprendre le Taekwondo à l'armée et une fois rentrés avaient tendance à négliger leur affiliation première au Moo Duk Kwan. Pendant les années 60 et 70, pour de multiples raisons, le Soo Bahk Do n'a pas été très bien accepté par le public coréen, surtout à cause de son manque de visibilité. C'est toujours vrai 30 ans plus tard. Il y a de nombreux pratiquants de Soo Bahk Do en Corée. Beaucoup d'instructeurs de Taekwondo s'y intéressent même si on n'en entend pas beaucoup parler. Actuellement, de nombreux instructeurs coréens sont très motivés. Nous partons d'un petit groupe, mais ses membres se rencontrent souvent et font en sorte de construire l'avenir pas à pas. Le premier Ko Dan Ja Shimsa (un examen de 8 jours pour atteindre le niveau de maître) s'est tenu en Corée en 2002. Des pratiquants des USA et du Mexique sont venus soutenir l'événement. Certains participants étaient des instructeurs de Taekwondo. Nous étions ouverts à leur type d'entraînement. Nous avons eu de bons échos de leur part. Je pense qu'ils n'avaient jamais vécu ce genre d'expérience.

BB : L'examen du Ko Dan Ja passe depuis ses débuts, il y a 20 ans, pour l'expérience martiale ultime. De quelle manière a-t-il influé sur la qualité des instructeurs de Soo Bahk Do à travers le monde ?

KJN
Hwang: Le Ko Dan Ja est une des meilleures choses qui soit arrivée à cette organisation. Cela permet aux candidats d'apprendre l'art d'une manière unique et très approfondie. Cela crée des liens entre les plus gradés. C'est enthousiasmant de voir certains candidats qui passent l'examen et ne se sont jamais rencontrés, nouer des liens fraternels et durables. C’est un apport à la pérennité de l’Art.

                   -traduit de l'anglais par PJ Bonnat et Elodie Mollet-

Merci beaucoup à J. Scholtz SBN et Anupa Doraiswami, qui ont réalisé l'entretien et nous ont autorisés à le publier.

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