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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 09:06

Le 25 mars 2007, pendant l'Euro Soo Bahk Do, on célébrait le 50 ème anniversaire du Traité de Rome.
Extrait d'un article de l'écrivain hongrois György Konràd, paru dans le Courrier International n°855 (22 au 28 mars 2007)

(...) S'il faut répondre à la question "Qu'est-ce qui rassemble l'Europe?", je réponds sans hésitation : sa culture symbolique, les arts, l'écriture, et à l'intérieur de cela, la littérature religieuse et laïque, qui a pris forme il y a des centaines et des milliers d'années. Le débat public sera sans doute de plus en plus centré sur les relations de l'Europe avec les autres parties du monde, du moins avec d'autres grandes puissances. Pour ce qui est de l'ancienneté de la civilisation et de la taille de la populataion, autrement dit du point de vue des ressources humaines, ce sont la Chine et ses voisins d'Asie du Sud-Est qui sont les pays les plus forts. Du point de vue de la possession d'une force armée sachant faire respecter sa volonté et d'une puissance économique et scientifique, les Etats-Unis sont évidemment à la première place. En revanche, du point de vue de la pluralité, de l'urbanité, du niveau de vie et de l'héritage artistique, c'est l'Europe.
L'Europe, en revanche, a chuté deux fois durant le siècle dernier, avec les deux guerres mondiales, et elle s'est couchée dans le lit des tyrannies les plus répugnantes. L'Europe n'a aucune raison, ni aucun droit de se pavaner. Il suffit de passer en revue mes expériences et celles de mon entourage proche et lointain pour que je ne tombe pas dans le panneau de l'autoportrait collectif vantant nos mérites. Je dois évoquer aussi le revers de l'autocongratulation : les procédés infâmes, les mésententes mesquines, l'éclipse des valeurs, l'ersatz d'idées en lieu et place d'une véritable politique humaniste.
Seule une minorité de l'humanité vit dans des Etats de droit démocratique. Il faudrait que les membres de la minorité démocratique de l'humanité se serrent les coudes et réfléchissent, de la façon la plus ouverte qui soit à leur biens communs, à leurs responsabilités et à leur stratégie (...)
L'Europe va user de ce qu'elle a : sa capacité intellectuelle fondée sur la pluralité. Elle sera obligée d'aimer sa diversité, car c'est sa force : l'homme à plusieurs niveaux, opposé à l'homme à un seul niveau. Quant à ce que nous avons appris de la liberté de penser, nous ne devons jamais nous en départir, sous peine de nous attirer la honte et le ridicule.

C'est ici en Europe qu'on trouve le plus de créations humaines et de monuments historiques par kilomètre carré. C'est ici que le moi pensant est devenu l'objet principal de la pensée. Ce qui est absolu ailleurs se révèle ici relatif. Chez nous, en Europe, un peu plus de mots, de réflexions, de citations et d'analyses entourent l'amour, la table, la politique et la littérature. C'est un continent verbal. Nous pensons en recourant à notre héritage textuel et iconographique. Nous vivons dans la mythologie que nous ont léguée ceux qui nous ont précédés sur ces terres. Nous nous reposons sans cesse les mêmes questions.
Les vrais Européens, ce sont les traducteurs. C'est grâce aux traducteurs que l'Europe multilingue a pu devenir, ici et là, un tissu culturel (...). Grâce à la curiosité des individus et aux traductions, la culture européenne est une culture d'accueil. L'Europe doit son statut de super-puissance à sa culture, au fait que ses habitants lisent relativement beaucoup et que l'on trouve toujours parmi eux des lecteurs passionnés.
La culture européenne n'a pas de frontières, elle est partout dans le monde (...). Mais une politique culturelle n'a de  succès que si elle favorise la connaissance mutuelle des individus et des communautés, au delà des frontières des Etats et des langues. Je compare la tâche de la politique culturelle européenne à celle de planter, soigner et nourrir une fleur rare : celle de la curiosité mutuelle (...).

Si vous voulez l'Union, vous devez vouloir vous mettre, de temps en temps, dans la peau d'un autre Européen -éventuellement à travers des livres. Sans une gymnastique de l'esprit européen, nous assisterons au grand abrutissement. Nous vivons sur un continent loquace, où les hommes parlent beaucoup et volontiers, où ils aiment formuler la réalité de mille et une manières. Nous pouvons rougir à cause de ce flot verbal, mais nous pouvons aussi en être fiers. Reconnaissons notre complexité et réjouissons-nous en.

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