Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

_________________

SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










Recherche

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

blogfev09-001.jpg


La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 15:24

 

Hwang Kee, Grand-Maître de l'école Moo Duk Kwan a créé 2 ensembles de formes qu'on trouve dans le cursus de Soo Bahk Do :

  • les forme Yuk Ro ( à prononcer "Yukno"), au nombre de 6, elles sont essentiellement apprises et  pratiquées du 1er dan au 6ème dan. A noter que les quatre premières ont été reprises par les pratiquants de Sun Moo Do, l'art martial coréen, qui se réclame du bouddhisme Son (le terme Sun du début ne désigne pas le soleil mais transcrit en anglais le nom en coréen du Chan chinois ou Zen japonais). Chaque forme est accompagnée d'un sous-titre qui précise leur orientation. 

Yukro Cho Dan (n°1) : Du Moon, signifie "la grande porte"

Yukro Ee Dan (n°2) : Jun Jol, signifie "couper au milieu"

Yukro Sam Dan (n°3) : Po Wol, ou "embrasser la lune"

Yukro Sa Dan (n°4) : Yang Pyon ou "donner le fouet"

etc ...

  • Les formes Chilsong, ou formes des 7 étoiles. Au nombre de 7, on les apprend de la ceinture verte jusqu'au 6ème dan. Les formes Chilsong font référence à la grande ourse, la constellation, qui permit pendant des siècles, et bien avant l'invention de la boussole et du GPS, aux humains voyageurs de s'orienter, une fois la nuit tombée. Ainsi le repère géographique, pour quelque terrien que ce soit, se trouve dans le ciel. Hwang Kee a souhaité que ces formes fassent repère, pour les élèves Moo Duk Kwan, comme la constellation.

Dans le taichi, une posture se nomme également "les sept étoiles". C'est une position de garde mains ouvertes, flexion jambe arrière. La référence aux 7 étoiles pour un esprit peu averti n'est pas tout à fait évidente. Après explication de Maître Chen Yi-rhe, on apprend que la tête est censée représenter l'étoile polaire ; les articulations épaule/coude/poignet gauche, hanche/genou/cheville droit comptent pour 3 étoiles, les articulations épaule/coude/poignet droit et hanche/genou/cheville gauche comptent pour 3. 

Pourquoi les articulations sont-elles groupées par 2, sur un membre inférieur et un membre supérieur d'une part ? Pourquoi le haut du corps d'un côté correspond au bas du corps de l'autre côté (et vice versa) ? Que doit-on entendre par le terme "correspond" ? 

Quoiqu'il en soit, cela se trouve corroborer une autre notion, qui circule dans l'école Moo Duk Kwan, celle de chaîne Moo Do (d'où la référence aux 7 étoiles est absente) où les articulations sont censées figurer la chaine entrant en jeu dans chaque mouvement d'une part, mais également le  système hiérarchique.

Pour une symbolique plus complète de la Grande ourse, voir ici, le site de l'association du même nom.

 

Sur l'imagination

      Pour en revenir aux formes Yukro, et notamment à leur sous-titre, on remarquera que ce sont à peu près les seuls noms de formes utilisés dans le Moo Duk Kwan qui donnent une direction, nous voulons dire par là, qui suscitent l'imagination. On peut supposer que c'est du fait que ces formes sont inspirées du Moo Yei do Bo Tong Ji, qui est écrit en chinois, et que la manière même dont se compose l'écriture chinoise implique l'imagination (dès qu'il y a composition d'un caractère avec 2 éléments ou plus, le fait même de les mettre ensemble appelle une opération de l'esprit, qui n'est pas présente dans l'écriture alphabétique, dans laquelle les lettres ne figurent rien). 

Prenons l'exemple de la forme Po wol "embrasser la lune", on voit assez bien comment cette image met déjà le pratiquant dans un certain état d'esprit : celui d'un mouvement doux, englobant, protecteur peut-être etc ... bref, cela fait appel à ce que signifie "embrasser" (prendre dans ses bras) et à toutes les expériences de ce type vécu par un sujet. Quant à la Lune, on sait qu'elle est la planète des rêveurs, le symbole féminin, etc, et là aussi cela fait appel à tout ce qu'un sujet et son espace culturel met sous le nom de l'astre. Si l'on ajoute le terme "embrasser" au terme "Lune", on voit bien que l'élève est placé par l'association des termes dans une disposition poétique : il lui faut jouer quelque chose qui lui appartienne en propre, il lui faut exprimer, plutôt que simplement réaliser une suite de techniques.

C'est une des forces des arts martiaux d'expression chinoise (c'est-à-dire dont le vocabulaire/la syntaxe nous sont traduits du chinois) : celle de faire appel, par la dénomination de ses techniques, au théâtre intérieur de chacun, à son aspiration à se projeter dans une image, une expression venue d'ailleurs, quelque chose comme un poème dont vous êtes le héros.

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires