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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 09:08

 

 

Houei-neng était un jeune garçon qui subvenait à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa mère en vendant du bois sur le marché. Un jour, après avoir livré un client, Houei-neng en passant la porte, entendit provenant de la rue au-dehors, des paroles qui le saisirent. Il demanda à celui qui les avait prononcées d'où il les tenait. L'homme lui répondit qu'il s'agissait du sûtra du diamant, qu'il avait appris au monastère Feng-mao sur le mont Houang-mei où il avait séjourné. On prêtait à ce texte sacré des vertus puissantes, comme celles de permettre d'accéder directement à l'Eveil par la compréhension immédiate.

Houei-neng en fut bouleversé.

Après des adieux à sa mère, il prit la route pour se rendre au monastère.


Houei-neng y fut accueilli par Maître Hong-jen, qui lui demanda :

- Que viens-tu faire et qu'attends-tu de moi ? 

-Je ne suis qu'un pauvre garçon du peuple du Sintchéou. Si je suis venu de si loin, c'est pour vous présenter mes respects. Je ne cherche rien d'autre que l'enseignement qui permet de devenir un Bouddha.

- Tu n'es qu'un barbare. Comment peux-tu espérer devenir un Bouddha ?

- Sans doute existe-t-il des hommes du Sud et des hommes du Nord mais il n'y a ni sud ni nord dans la nature de Bouddha. Mon corps diffère du vôtre mais non ma nature profonde.

Le Maître fut frappé par cette réponse, il aurait souhaité poursuivre l'entretien mais la présence d'autres moines le retint. 

Houei-neng fut envoyé dans les cuisines, où on lui confia la tâche de piler le riz et d'éplucher les légumes.


Quelques temps plus tard, le Maître Hong-jen réunit les moines pour leur annoncer :

- Rien n'est plus important pour l'homme que la question de la vie et et de la mort. Pourtant vous, mes disciples, au lieu d'essayer de vous évader du cycle des naissances et des morts et de sortir enfin de l'océan de douleurs, vous pensez seulement à gagner par vos mérites le champ de bénédiction. Si votre nature est encore aveuglée, comment pourriez-vous entrevoir la porte de la libération ? Retournez dans vos cellules et cherchez par vous-mêmes la sagesse suprême (prajna) elle seule permet de voir sa nature profonde. Que chacun de vous compose une stance à ce sujet. Si je me rends compte que l'un d'entre vous a acquis la compréhension intime, je lui remettrai la robe et lui communiquerai le Dharma, ce qui fera de lui le 6ème patriarche. Retirez-vous et faites vite, une longue réflexion est tout à fait inutile.


En quittant la salle, les disciples se disaient entre eux :

" A quoi bon écrire cette stance et la soumettre au patriarche ? Le patriarcat ne peut revenir qu'à notre instructeur, le doyen Chen-sieou. Quand il aura reçu le Dharma, nous nous en remettrons à lui ". C'est ainsi que l'esprit en paix, aucun ne prit la peine d'écrire la stance.


De son côté, dans sa cellule, Chen-siou était tiraillé :

"Aucun des moines n'osera rentrer en compétition avec moi, leur instructeur. Si je ne présente pas ma stance, comment le patriarche pourrait-t-il juger de ma compréhension ? Si en quête du Dharma, je lui remets ma composition, mon intention sera pure. Mais si j'agis en vue d'obtenir le patriarcat, je ne serai qu'un intrigant et je me rendrai coupable d'usurpation en prenant la place d'un saint. Mais si je ne présente pas ma stance, j'aurai perdu toute chance d'obtenir le Dharma. Je ne sais vraiment que faire."


Finalement, Chen-siou décida, au lieu de la remettre au patriarche, d'aller écrire sa stance sur le mur du corridor sud, sur le point d'être repeint. Il pensa que si le maître approuvait la stance, il irait se prosterner devant lui, en lui disant qu'il en était l'auteur ; en cas contraire, que de temps perdu sur cette montagne, et que d'hommages reçus non-mérités !

A minuit, à la lueur de la torche, sur le mur du corridor sud, Chen-siou écrivit :

 

Ce corps est l'arbre de l'Eveil.

L'esprit est comme un miroir brillant

Efforcez-vous de le polir sans cesse

Afin que la poussière n'y puisse s'y déposer.

 

Le lendemain, Maître Hong-jen passant dans le corridor découvrit la stance sur le mur. Il réunit les moines, fit brûler de l'encens et dit :

-Vous tous, ne manquez pas de réciter cette stance. Grâce à elle, vous pourrez contempler votre propre nature. Si vous la mettez en pratique, vous ne sombrerez pas !

Tous les moines éprouvèrent une vive admiration, la récitèrent tous ensemble et s'exclamèrent : "quelle merveille !"


Le soir, Maître Hong-jen fit venir Chen-siou dans la grande salle.

- C'est bien toi, Chen-siou, qui a écrit la stance ?

- C'est bien moi Maître, afin que vous jugiez de mon humble sagesse et de la profondeur de ma compréhension.

- La stance montre que tu approches, mais tu as seulemnt atteint le seuil sans pouvoir le franchir. Va donc et médite encore quelques jours avant de me présenter une nouvelle stance. Si elle témoigne que tu es arrivé là, je te remettrai la robe et le Dharma.


Ce même jour, Houei-neng entendit un jeune moine qui récitait la stance. Il lui demanda de quoi il s'agissait. On lui raconta toute l'histoire. Houei-neng demanda alors :

-Depuis plus de six lunes que je suis ici, je n'ai pas pu m'approcher de la grande salle. Pourrais-tu m'amener jusquà elle, que je puisse moi aussi voir la stance, et la réciter afin de renaître dans une terre de Bouddha ? Houei-neng fut conduit devant la stance, il lui rendit hommage. Puis comme il était illettré, il demanda qu'on la lui lise. Ayant pénétré sa signification, il en composa une à son tour, qu'il demanda au moine qui l'accompagnait d'écrire sur le mur.

 

A l'origine, il n'y a pas d'arbre de l'Eveil

Ni non plus de miroir brillant

La nature de Bouddha est par elle-même vacuité

Où dont pourrait se déposer la poussière ?

 

Puis Houei-neng retourna à son travail en cuisine. Une grande agitation régnait dans le monastère, que Hong-jen s'efforça de calmer en disant que cette stance aussi était insuffisante.

Cependant, il fit venir Houei-neng en secret le soir dans la grande salle. Hong-jen lui donna la quintessence de son enseignement. 

-Maintenant que je t'ai transmis le kasâya (robe) et l'enseignement, tu es devenu le sixième patriarche. La robe qui n'est transmise qu'à un seul de génération en génération en est le témoignage. Le Dharma qui ne se communique que de coeur à coeur est propre à conduire directement les hommes jusqu'à la révélation de leur nature profonde.

Puis il ajouta :

- Depuis les temps anciens, chaque fois que le Dharma est ainsi transmis, la vie du moine qui devient le nouveau patriarche ne tient qu'à un fil. Si tu restes ici, tes jours seront en danger. Tu dois partir.

Houei-neng prit la route, accompagné jusqu'au fleuve par le cinquième patriarche, puis il continua seul. Des centaines de moines se lancèrent effectivement à sa poursuite. Il dut attendre une quinzaine d'années avant de sortir de l'anonymat, puis de fonder un monastère sur le mont Ts'ao-ki. Il y vécut et enseigna trente six années, avant de s'y éteindre en 713.


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Sources principales :  

- Les Maîtrez Zen, J. Brosse (Albin Michel)

- La pratique du Zen, Taisen Deshimaru (Albin Michel)

- Petite histoire du Tchan, Nguyen Huu Khoa (Point, sagesse)

 


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