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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 11:29

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Fondée en Corée en 1945 par le Grand-Maître Hwang Kee, Moo Duk Kwan signifie Ecole de la vertu martiale.

Il aura fallu de nombreuses années entre le moment où le fondateur Hwang Kee découvrit les arts martiaux et la véritable naissance du Moo Duk Kwan. C’est à l’âge de 7 ans, en 1921, que Hwang Kee assista pour la première fois à une démonstration martiale. Lors du festival national du mois de Mai, il fut témoin d’une rixe qui opposait un groupe de 7 ou 8 hommes à un individu isolé ; ce dernier parvint à se défendre puis à se défaire de ses adversaires. Impressionné, le jeune Hwang Kee suivit l’homme jusque chez lui ; après l’avoir observé en train de s’entraîner pendant un certain temps, il lui demanda de lui enseigner ses techniques (l’homme pratiquait le Taekkyon). Il refusa, du fait du jeune âge de son interlocuteur. Pourtant, Hwang Kee ne fut nullement dissuadé ; il continua à l’observer de loin et imitait ce qu’il voyait.

Après être sorti diplômé du lycée en 1935, Hwang Kee travailla pour les chemins de fer en Mandchourie. L’année suivante, il fut présenté à un maître chinois, Maître Yang Kuk Jin. Jusqu’alors, Hwang Kee était strictement autodidacte ; c’est pourquoi il espérait bien que cette rencontre déboucherait sur un entraînement digne de ce nom. Il demanda à Maître Yang de l’accepter comme élève ; comme Hwang Kee insistait, il obtint gain de cause et put s’entraîner sous sa direction. Un an plus tard, il retourna en Corée, où il espérait pouvoir continuer à s’entraîner et éventuellement, commencer à enseigner. Le pays était occupé par les Japonais, ce qui l’empêcha de poursuivre son étude des arts martiaux. En 1939, Hwang Kee fut employé par les services des chemins de fer de Choson. Cela lui donna accès à une bibliothèque, où il se mit à étudier la philosophie et le karaté d’Okinawa. Pendant les années qui suivirent, il voyagea, continua à étudier, et gagna en maturité comme artiste martial.

A la fin de la seconde Guerre Mondiale, Hwang Kee réalisa son rêve, celui de se consacrer entièrement aux arts martiaux : il créa l’Ecole Moo Duk Kwan le 9 novembre 1945. Elle est l’une des 5 écoles principales d’arts martiaux en Corée. Pour rappel, ces cinq écoles sont :


* Song Moo Kwan, fondée par No Byong Jik

* Chung Do Kwan, fondée par Lee Won Kuk

* Yeon Moo Kwan (nom modifié en Ji Do Kwan), fondée par Chun Sang Sup

* YMCA Kwon Bop Bu (nom modifié en Chang Moo Kwan) fondée par Yun Byong In

* Moo Duk Kwan, fondée par Hwang Kee


La discipline que Hwang Kee enseignait fut appelée Hwa Soo Do, « art de la main fleurie ». La première année, il attira et perdit bon nombre d’élèves, les gens ignorant majoritairement de quoi il s’agissait. En 1947, Hwang Kee prit conscience de l’imprégnation japonaise qu’avait subie la culture coréenne. Cela modifia ses perspectives ; il décida d’intégrer l’art du Tang Soo Do, dont le nom était mieux connu du public, dans sa discipline le Hwa Soo Do. 

Avant le début de la guerre de Corée en 1950, Hwang Kee avait 4 élèves membres Dan. Ce fut le début du système Dan bon, unique au Moo Duk Kwan : chaque nouveau Dan est enregistré par un numéro qui lui attribue une place dans les lignes pendant les entraînements et plus globalement, une place dans l’histoire de l’école.

 Malgré les difficultés multiples causées par la guerre de Corée, l’art persista et se développa.  Hwang Kee approfondissait ses recherches techniques rigoureuses qui mettaient l’accent sur l’utilisation de la hanche. En 1957, il fit une découverte de première importance dans une bibliothèque de Séoul : un livre, du nom de Moo Yei Do Bo Tong Ji. Il y était question de Soo Bahk, un authentique art martial coréen. Hwang Kee se mit alors à étudier assidûment l’ouvrage. Il favorisa à travers l’enseignement du Moo Duk Kwan, l’étude du Soo Bahk comme un véritable art vivant et contribua à relier les élèves à sa longue histoire. Il choisit le nom Soo Bahk Do, qui provient de Soo Bahk Ki, technique de la main qui frappe et de Soo Bahk Hee, danse de la main qui frappe, toutes deux détaillées dans le livre Moo Yei Do Bo Tong Ji. Le sufixe Do fut ajouté car Hwang Kee pensait que le Soo Bahk devait enseigner la philosophie Moo Do, qui consiste à faire cesser les conflits internes et extérieurs.


En 1960, l’Association coréenne de Soo Bahk Do (Dae Han Soo Bahk Do Hoe) fut enregistrée officiellement auprès du gouvernement, comme diffusant l’art martial traditionnel coréen Soo Bahk Do. L’école devint mieux respectée et reconnue au niveau national ; dans le même temps, l’objectif  de Hwang Kee de favoriser les relations humaines par les arts martiaux au niveau international, progressait.

De septembre 1960 à avril 1961, l’école Moo Duk Kwan publia 8 bulletins d’informations, ce qui témoigne de son dynamisme à la veille du coup d’Etat militaire.La Corée connut bientôt une crise politique. Ce fut le début de 30 années tumultueuses pour l’Association coréenne de Soo Bahk Do et l’école Moo Duk Kwan. 

A partir de 1961, les nouvelles autorités voulurent unifier les 5 écoles coréennes d’arts martiaux, et les regrouper sous un seul nom. Entre 1945 et 1961, trois des cinq écoles initiales s’étaient subdivisées en plusieurs autres écoles. Ce n’était pas le cas de l’école Moo Duk Kwan, qui comptait à l’époque, le plus d’élèves, et conservait sa cohésion. 

En 1964, des négociations eurent lieu au cours desquelles Hwang Kee se prononça contre l’unification voulue par le gouvernement, jugeant que les propositions qui lui étaient faites n’étaient pas équitables. 

En mars 1965, trois de ses élèves les plus anciens Kim Young Taek, Hong Chong Soo, and Lee Kang Ik décidèrent de rejoindre le mouvement d’unification du Taekwondo initié par le gouvernement. Ils emmenèrent avec eux un nombre d’élèves significatif.

Après l’échec des négociations, il y eut sur Hwang Kee et son école des pressions politiques dont l’organisation et l’art souffrirent. Bien que reconnu par l’Etat coréen, le diplôme délivré de Soo Bahk Do Moo Duk Kwan ne constituait pas un élément suffisant pour obtenir un emploi. Lorsqu’ils voulaient voyager et enseigner en dehors de leurs frontières, les instructeurs avaient les plus grandes difficultés à obtenir un visa ; d’autre part, le Soo Bahk Do Moo Duk Kwan avait interdiction de participer à des rassemblements internationaux. Un peu plus tard, le gouvernement coréen annula la reconnaissance de l’Association coréenne de Soo Bahk Do. Hwang Kee fit valoir ses droits devant la Cour Suprême en 1966 et gagna, assurant ainsi l’avenir de l’organisation.

Les pressions politiques continuèrent jusqu’en 1979, rendant difficile pour Hwang Kee tout déplacement hors de Corée. Mais infatigablement, il continua à promouvoir son art. Cette période d’adversité déclarée vit tout de même des sections du Moo Duk Kwan se développer aux USA, en Grèce, au Royaume Uni, en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Suisse, aux Pays-Bas, à Puerto Rico, en Argentine, en Malaisie, au Brunei, et en Australie (auxquels il faut ajouter aujourd'hui en 2013, le Chili, l'Uruguay,la Colombie, l'Espagne, l'Islande, Israël, les Philippines et la Chine).


En 1982, Hwang Kee introduisit officiellement le Soo Bahk Do lors de manifestations internationales en faisant la démonstration de Hwa Sun hyung, forme directement issue du Moo Yei Do Bo Tong Ji. Il continua les années suivantes à enseigner ce qu’il avait appris de l’ouvrage, aussi bien lors de stages que de démonstrations, mais également dans des publications. Jusqu’à sa mort en 2002, Hwang Kee s’efforça de promouvoir l’art qu’il avait créé et témoigna de son histoire. Il posa les fondements et les objectifs de l’organisation, garantissant ainsi son développement à venir. Ce projet impliquait la préparation de sa succession. Aujourd’hui, comme le Fondateur Hwang Kee le souhaitait, son fils H.C Hwang a pris sa suite, et s’efforce de promouvoir sa vision de l’art auprès des pratiquants à travers le monde.


En Corée, en 2015, l’école Moo Duk Kwan fêtera les 70 ans de sa vie mouvementée. 

 

 

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commentaires

Irae 24/01/2013 14:21


Il faudrait aussi faire une histoire de l'Europe, la vieille Europe, comme on dit. Et ensuite, l'histoire, dans chaque pays, ou plutôt un récit historique.

Dodeline 24/01/2013 14:34



Bonjour Irae,


Ouis, bien d'accord avec vous mais c'est un énorme travail. Moi je dirais : il faudrait commencer par ce que vous appelez "récits historiques" par pays. Et à partir de là, envisager le récit des
rapports entre les pays...