Samedi 23 avril 2011
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Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre agneau pascal, le pitchagi.
Nous tentions de convaincre nos lecteurs de sa malignité au sens où c'est la technique par excellence dont la feinte est contenue
dans son exécution même.
Pour le décrire, on devrait commencer par dire que sa trajectoire part de l'intérieur, pour s'achever sur un plan de frappe à
l'extérieur ("intérieur et extérieur de quoi?" se demandera le béotien pas benêt ? Intérieur et extérieur en référence au centre de gravité du corps ou Dan
Jon)
Le pitchagi du Soo Bahk Do se donne avec le bol du pied, et c'est à notre connaissance la seule discipline qui le pratique de cette
façon (le Taekkyon, ou le Viet vo dao par exemple l'utilisent avec pour surface de frappe le dessus du pied).
Dans cette particularité, on peut distinguer :
- la rigueur technique propre au Soo Bahk Do (il est plus difficile de donner avec le bol du pied qu'avec le dessus du pied, c'est une
évidence ; si vous n'êtes pas convaincus, essayez, et vous verrez...)
- la dimension percutante du Soo Bahk Do (n'oublions pas que "Bahk" signifie "frapper, percuter"). Cette
dimension implique que le moindre coup porté doit être décisif. Si l'on frappe avec le bol, c'est-à-dire une surface dure, l'effet du coup de pied a des chances d'être plus cruel, destructeur, ou
encore, plus "efficace" en termes de dégâts causés.
- L'utilisation du bol du pied, une surface dure, désigne immédiatement la possibilité de pratiquer le pitchagi comme un coup de pied
de casse (Kiok Pa). Cette dimension est importante dans l'école Moo Duk Kwan : on sait qu'elle s'est spécialisée assez tôt, en Corée, dans les démonstrations de casse. A l'époque, cela devait
correspondre à une démonstration de courage, de détermination, de dépassement de ses limites et plus globalement d'affirmation de soi, après les années de dévastation due à l'occupation
japonaise. Si bien qu'aujourd'hui encore, une démonstration de Soo Bahk Do sans casse serait presque inimaginable en Corée, ou alors signe d'un affaiblissemnt des valeurs de l'école.
Maître Choi Eui-Sun en pitchagi, sous sa forme "classique" : le coup de pied est plus vertical que latéral*
Mais allez-vous me demander : que font les mains pendant le pitchagi ? Et vous aurez raison car la question est fort intéressante,
notamment de par sa dimension historique.
(A suivre)
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