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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 12:39

 

En allant en Belgique il y a quelques années, pour le passage de l'examen Kyo sa (instructeur) dans le do-jang de Maître Boussalaa à Wavre, j'avais fait une expérience assez singulière : le fait déroutant de n'être pas comprise dans les consignes les plus simples que je donnai aux élèves wallons.

Expérience angoissante, quand vous vous exprimez dans votre langue, qui est aussi celle de l' auditoire, par des mots simples, que rien ne se passe et que les gens prennent la direction inverse de celle que vous les invitez à prendre ; le pire était encore de constater qu'il n'y avait chez eux aucune insubordination, ou refus délibéré de faire ce que je leur avais demandé. Non, pas de rebellion, juste la plus innocente incompréhension.

Inversement, qui a voyagé un peu, aura remarqué que le fait de ne pas parler la même langue que son interlocuteur ne gêne pas beaucoup la communication. On pourrait même dire : "au contraire" (et ce n'est pas Marc Mangin, l'illustre photographe écrivain voyageur qui me contredira). Peut-être que le sentiment de partager quelque chose avec d'autres humains ne passe jamais aussi bien que dans les cas où il est impossible de dissimuler ce que nous sommes par des considérations spirituelles, ou autres bons mots, qui viennent à propos ; pourvu qu'il y ait la patience, l'écoute même dans le silence, et l'intérêt réciproque, les esprits s'unissent le temps de la rencontre, qu'elle dure l'instant d'une photo, un jour ou des années avant que chacun ne reprenne sa route.

L'expérience de Belgique et des voyages me laissent penser que si nous parlons avec des mots, ils sont largement insuffisants pour garantir la communication. Il y a aussi le geste, c'est-à-dire, quelque chose comme ce que parle le corps. C'est ce langage corporel auxquels sont habitués nos élèves, c'est en cela d'ailleurs qu'ils sont nos élèves ; ce qui fait que même sans un mot, un geste suffit à ce qu'ils comprennent. Il arrive aussi qu'ils ne comprennent pas ; pas plus tard qu'en début de semaine, les enfants et les adultes ne pigeaient plus rien à ce que je disais; il fallait presque que je marche et bouge à leur place ... là on se trouve très fatigués. Pourtant, on a envie de prendre cela pour le signe que ça vibre autrement, que quelque chose ne coïncide plus, et qu'il faut peut-être simplement trouver les gestes qui conviennent aux mots, ou à l'inverse partir des gestes et laisser se dire les mots. Et sans doute, c'est une sorte de laboratoire intérieur où il ne saurait être question de volonté.

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commentaires

Yotchol 01/06/2013 12:56


Parfaitement, la parole est "libératrice". Elle est "créatrice"… lorsqu'elle troue le silence (et non pas l'inverse). La parole est ce gouffre par lequel le silence se rue, disait Lacan. N'est-ce
pas Maître Choi qui, pour tout éditorial, s'était un jour contenter d'un "." Tchouang-tseu ou Confucius lui avaient ouvert la Voie.


Quant au fait de dire "Je t'aime" ou de l'entendre, je préfère que ces mots soient prononcés dans un murmure, un "souffle" proche du silence. 


 

Yotchol 31/05/2013 09:44


Encore une fois, ce n'est pas un hasard si les arts martieux se sont développés (en tous cas en Chine) sur l'observation des animaux. L'efficacité du geste, son sens, sa portée son sans commune
mesure avec la parole - sans intérêt dans le rapport martial - qui intervient justement comme une parenthèse dans la communication. A-ton seulement besoin de dire "Je t'aime" lorsque l'on aime ?

Dodeline 31/05/2013 09:53



Allez, je vais être lourdement occidentale (ou si tu préfères judéo-chrétienne) : il me semble bien qu'une grande partie des femmes que je connais ont besoin de dire je t'aime quand elles aiment.


C'est judéo-chrétien parce que c'est biblique : le verbe est créateur, c'est avec le verbe que Dieu a créé le monde. Je trouve belle et profonde cette idée (et toi qui connais la psychanalyse
devrait me l'accorder) : la parole, c'est le souffle créateur. La parole dans la Bible, c'est le souffle. Pour la psychanalyse, c'est le souffle libérateur. 



cécile 30/05/2013 20:24


Et quel repos de pouvoir se fier au corps...