Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

_________________

SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










Recherche

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

blogfev09-001.jpg


La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:29

 

(...) A quoi pourrait répondre, au sein de notre propre civilisation, ce phénomène de l'allusif, qui vous paraît si caractéristique de l'Extrême-Orient et ramifie entre elles les cultures de la Chine et du Japon ?

 

F.J : A la valeur allusive, j'opposerai ici la confiance rhétorique. C'est elle qui, pour une large part, a fait l'Europe. Si dans le cas de l'allusif, ce qui est donné à la manifestation, en même temps qu'il se montre, se dérobe et se tient en retrait, la confiance réthorique qui est la "nôtre" repose au contraire sur l'espoir d'aller le plus loin possible, d'aller jusqu'au bout, de la manifestation envisagée. Comme tension sans relâchement, comme attachement sans détachement. Non point le discontinu mais la continuité, non point le sporadique ou l'épars mais articulation et enchaînement : non point ce sentier sur le versant, tel que le montrent tant de rouleaux, n'apparaissant momentanément que pour disparaître dans la brume, et ne plus reparaître que vaguement ça et là, mais un bout de chemin à partir de quoi tout s'organise et se dispose et dont le tracé continu serve à construire la perspective du tableau. Non point jouer sur un effet de manque, mais viser un maximum d'intensité positive (la persuasion), tendre à l'optimum de la plénitude ; non point jouer sur un effet de distance qui déréalise, mais s'adonner à la quête passionnée de la densité, de la proximité : non seulement ce corps mais ce nu, non seulement le grain infiniment doux de cette peau, mais toute la profondeur de cette surface de chair. cette confiance réthorique se présente, du point de vue du langage, comme une confiance insondée, non point tant dans le pouvoir de dire (car nous avons aussi notre tradition de l'ineffable), mais dans l'importance de dire ; le "simple" fait qu'il vaut la peine de dire, de dire, le plus possible : d'user des mots pour presser la réalité. A cet égard, la réthorique ne naît pas seulement en Grèce avec Corax et Tisias, mais elle s'affirmait déjà dans Homère, et elle s'approfondit dans Platon : puisqu'elle est cette confiance intime, la "nôtre", d'user des signes pour aller toujours plus près.

 

Penser d'un dehors (La Chine), entretiens d'Extrême-Occident, Seuil 

 François Jullien, Thierry Marchaisse

Partager cet article

Repost 0

commentaires