Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

_________________

SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










Recherche

 

 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

blogfev09-001.jpg


La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 20:21

Nous avions sûrement bien des choses à fêter ce vendredi 17 décembre, c'est sans doute ce qui nous avait mis de bonne humeur.

 

Association 6171

L'instructrice, trop contente d'arriver en fin de trimestre, un peu moins le nez dans le guidon que les années précédentes, et avec la possibilité, enfin, de regarder le paysage ; de lever la tête, d'avoir envie de prendre une photo, de se demander comment la cadrer et si le jaune de la salle ne sera pas trop jaune pour le tein. Question futile, sans doute, mais qui ne peut se poser que lorsqu'on est sorti du stade de la survie, tant il est vrai qu'il n'y a de jugement esthétique qu'à partir du moment où l'on n'est plus dans la survie (c'est à un professeur de philosophie en terminale que l'on doit de nous avoir sensibilisé à la question : il disait que pour faire de la philosophie, il fallait d'abord être sûr de pouvoir manger le lendemain, tant il est vrai qu'on n'a guère le loisir de rechercher la vérité quand la faim vous tenaille).

Comment caractériser ce passage du stade de la survie à la ... vie ?

Dans la survie, n'importe quel obstacle, n'importe quelle difficulté qui se présente peut avoir raison de vous, de vos raisons, de votre projet, et vous savez que vous ne pouvez compter sur aucune justice, aucun tiers terme, aucune instance pour prendre votre parti. Non pas que vous ayez tort, mais plutôt que personne ne s'intéresse au fait que vous puissiez avoir raison. Il est très clair que le monde n'a pas besoin de vous pour continuer à tourner.

On parle dans les médias de "précarité", mais ce terme usé jusqu'à la corde, qui désigne dans l'imaginaire social une catégorie du gens "qui ont du mal" ne dit pas de quoi il s'agit : c'est le philosophe italien Giorgio Agamben qui nous semble avoir le mieux qualifié cet état en parlant de "la vie nue".

 Moon-Kyo, thésard en philosophie, lorsqu'il proposa sa deuxième séance de "Hwal Gung" (littéralement, "l'énergie du vivant") n'y pensait sans doute pas en nous suggérant d'amener de petites serviettes pour poser notre visage sur les tapis. Nous nous livrâmes à ses exercices de respiration et de massage de bonne guerre : respirer, sentir, toucher et se laisser toucher par les autres (les esprits mal tournés y verront spontanément du sexuel : c'est à eux-mêmes qu'ils songent plus qu'au sens de notre propos).

 Association 6215

 

 Introduction idéale pour la suite. Après un sourire à monsieur Choi, artiste peintre qui nous immortalisa d'un clic ce soir là, chacun put goûter aux propositions culinaires des autres, et boire à satiété. Quand tout le monde fut rentré dans la danse, avec une certaine inquiétude pour les voisins, tant la musique était forte et nos déhanchements sonores, on eut le sentiment que tout était normal et qu'en un sens, l'avait toujours été. C'était une fête, avec des joyeux et des joyeuses, qui somme toute, étaient tout à leur insouciance. Au moment de s'assoir, et de reprendre son souffle, un éclair de lucidité passa : tout n'avait certes pas toujours été comme ça.

 

Association 6184

Partager cet article

Repost 0
Published by Dodeline - dans shwl
commenter cet article

commentaires

Gaëlle 27/12/2010 22:19



Peut-être parce qu'il était près de 2 heures du matin ce 22 ou 23 décembre lorsque j'ai voulu poster un commentaire, j'ai visiblement appuyé sur la mauvaise touche pour qu'au final la fenêtre
soit aussi blanche que les plaines de l'Aisne d'où je reviens. Mektoub, il y a souvent des textes qui font aussi bien de se perdre. Ta digression sur l'esthétique qu'on ne peut prendre en
considération que le ventre suffisamment plein (c'est un raccourci de ce que tu exprimais) et sur la survie m'avait soudain titillée. Je repensais par exemple à Joseph Wresinski, le fondateur
d'ATD Quart Monde qui plaçait la culture au coeur de son action auprès des plus démunis. Apporter de la nourriture, aider matériellement, oui mais surtout amener les livres jusq'aux enfants.
Parce que justement le savoir, la connaissance, le beau, peuvent ou devraient être considérés comme des biens de première nécessité. J'ai toujours été partagée face à cette approche.
Intellectuellement l'idée est belle. Dans la pratique, on sait bien qu'il faut une force de caractère peu commune pour parvenir à philosopher ou à faire correctement ses devoirs quand on vit à 6
dans une chambre insalubre. Je me disais aussi que c'est l'esprit et ses divagations, l'écriture, les joutes verbales imaginaires qui peuvent parfois sauver des hommes, les maintenir alertes,
alléger leur peine ou les empêcher de devenir fous, dans des situations de grand danger ou de claustration. Je pensais aux otages ou, par esprit d'escalier, au mathématicien Wolfgang Doeblin, le
fils d'Alfred, qui a rédigé sur le front en 1940, me semble-t-il, des pages révolutionnaires pour l'histoire des mathématiques. Cela dit, ce n'est pas un très bon exemple, il a fini par se tirer
une balle dans la tête quand il s'est retrouvé encerclé par les Allemands. Mais bon, il planchait quand même sur l'équation de Kolmogorov un calepin dans une main, le fusil dans l'autre. Je
devais m'arrêter là. Je finissais en te souhaitant un joyeux noël. Je dois donc réactualiser en te souhaitant un bon réveillon du 31.


Gaëlle


 



Dodeline 27/12/2010 23:09



La page blanche en guise de commentaire, j'avoue avoir trouvé cela intrigant. mais j'ai pensé que c'était une façon discrète de se faire un signe. J'ai eu plus d'inquiétude quand j'ai cru
qu'Over-blog considérait les commentaire en blanc comme invalidable.


Finalement, après bien des hypothèses de part et d'autre, les choses semblent rentrer dans l'ordre avec ton long commentaire, très chouette contribution cultivée à l'article. Merci beaucoup et à
très bientot.



Guernalec Levy 22/12/2010 03:01