Texte Libre

Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang!

Semptembre 2006
I
l sera  question, dans ces pages, des sujets les plus graves — parce que la vie est
courte — et des questions les plus futiles — parce qu'il arrive qu'on la trouve longue ;

Du Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, l'art martial traditionnel coréen cher à notre cœur.undefined
D'une certaine tendance de sa pratique : comment ça vit, ce que ça pense,pourquoi ça veut.
De ce qui s'effusionne dans la pratique de Shiwol et dans les alentours : les amis d'Europe ; les amis de plus loin et d'ailleurs.
De la Corée, cet étrange bout de terre qui n'a plus rien de calme, surtout pas son matin, et qui s'agite de tout son corps divisé.

 

Septembre 2007
Voici tout juste un an que Shiwol s'active! Que de chemin parcouru, mais que de distan
ce à parcourir encore!
Nous avons un peu réussi, peut-être.
Que tous les terrains, toutes les occasions, tous les états de conscience intéressent celui qui cherche ce qu'il y a d'art possible dans le Soo
Bahk Do Moo Duk Kwan. Ce qu'il y a à connaître est immense.

 

Samedi 10 mai 2008

Juste après la "victoire alliée", on nous a donc collé la fête de l'Europe, le 9 mai.
Est-ce à dire qu'on voudrait symboliquement fonder l'Europe sur la victoire contre l'Allemagne nazie et ses alliés (car alliance il y avait, et pas seulement du "bon" côté).
Pourquoi les Etats nations s'uniraient-ils, si ce n'est pas contre quelque chose ? Sont-ils capables de le faire pour quelque chose ?
 

Durant la dynastie des Song, (960-1279), Tseng-Ts'an, disciple de Kong Zi (Confucius) écrivait :

"Ceux qui, au temps jadis, désiraient faire briller leur vertu aux yeux du monde commençaient par mettre de l'ordre dans leur pays ; ceux qui désiraient mettre de l'ordre dans leur pays commençaient par le faire régner dans leur famille ; ceux qui désiraient faire régner l'ordre dans leur famille se cultivaient eux-mêmes d'abord ; ceux qui désiraient se cultiver eux-mêmes, commençaient par corriger leur propre coeur ; ceux qui désiraient corriger leur propre coeur devaient d'abord cultiver leur bonne volonté ; ceux qui désiraient cultiver leur bonne volonté devaient d'abord essayer d'atteindre la connaissance et ils y parvenaient en étudiant les phénomènes.

 Quand on a étudié les phénomènes, on peut atteindre la connaissance ; quand on a atteint la connaissance, on acquiert une bonne volonté ; quand la bonne volonté est acquise, le coeur est corrigé, l'homme est cultivé ; quand l'homme est cultivé, l'ordre règne dans sa famille ; quand l'ordre règne dans sa famille, il règne aussi dans son pays ; et quand l'ordre règne dans tous les pays, la paix règne dans le monde".



par Dodeline publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Jeudi 28 février 2008

Depuis que je suis en Europe, mon cher Rhédi, j'ai vu bien des gouvernements : ce n'est pas comme en Asie où les règles de la politique se trouvent partout les mêmes.
J'ai souvent cherché le gouvernement le plus conforme à la raison. Il m'a semblé que le plus parfait est celui qui va à son but à moins de frais ; de sorte que celui qui conduit les hommes de la manière qui convient le plus à leur penchant et à leur inclination est le plus parfait.
Si dans un gouvernement doux, le peuple est aussi soumis que dans un gouvernement sévère, le premier est préférable, puisqu'il est plus conforme à la raison, et que la sévérité est un motif étranger.
Compte, mon cher Rhédi, que dans un état, les peines plus ou moins cruelles ne font pas que l'on obéisse plus aux lois. Dans les pays où les châtiments sont modérés, on les craint comme dans ceux où ils sont tyranniques et affreux.
Soit que le gouvernement soit doux, soit qu'il soit cruel, on punit toujours par degrés : on inflige un châtiment plus ou moins grand à un crime plus ou moins grand. L'imagination se plie d'elle-même aux moeurs du pays où l'on est : huit jours de prison ou une légère amende frappent autant l'esprit d'un européen, nourri dans un pays de douceur que la perte d'un bras intimide un asiatique (...)
D'ailleurs, je ne vois pas que la police, la justice et l'équité soient mieux observées en Turquie, en Perse, chez le Mogol, que dans les républiques de Hollande, de Venise et dans l'Angleterre même ; je ne vois pas qu'on y commette moins de crimes, et que les hommes intimidés par la grandeur des châtiments y soient plus soumis aux lois.
Je remarque, au contraire, une source d'injustice et de vexation au milieu de ces mêmes états.
Je trouve même le prince, qui est la loi même, moins maître que partout ailleurs. Je vois que dans ces moments rigoureux, il y a toujours des mouvements tumultueux, où personne n'est le Chef, et que, quand une fois l'autorité violente est méprisée, il n'en reste plus assez à personne pour la faire revenir ;
Que le désespoir même de l'impunité confirme le désordre et le rend plus grand ;
Que dans ces états, il ne se forme point de petite révolte, et qu'il n'y a jamais d'intervalle entre le murmure et la sédition ;
Qu'il ne faut point que les grands évènements y soient préparés par de grandes causes ; au contraire, le moindre accident produit une grande révolution, souvent aussi imprévue de ceux qui la font, que de ceux qui la souffrent.
Lorsque Osman, empereur des Turcs fut déposé, aucun de ceux qui commirent cet attentat ne songeait à le commettre : ils demandaient seulement en suppliant qu'on leur fît justice sur quelque griefs ; une voix, qu'on n'a jamais connue, sortit de la foule par hasard, le nom de Mustapha fut prononcé, et soudain Mustapha fut empereur.
 
 
Montesquieu, Lettres Persanes, Usbek à Rhédi, de Paris, le 2 de la lune de Rebiab 1, 1715

 

par Dodeline publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Samedi 8 décembre 2007

"Le propre de l'Europe,c'est le souci qu'elle manifeste pour l'âme"

Réplique, émission sur France Culture du 8 décembre.


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                                              Socrate selon Lysippe, (4ème siècle avant J.C)
                                              Musée du Louvre, Paris.
                                              Le nez est d'époque moderne, nous dit-on.




ME0000087103-3--640x480-.JPG                                            Socrate, copie romaine anonyme d'une oeuvre grecque
                                                   British museum, Londres.





ME0000081982-3--640x480-.JPG                                               Socrate, artiste anonyme, époque impériale romaine
                                               musée de Pergame (Italie)

"Pour ce qu'est ce bonhomme-ci, et à quel point il est déroutant aussi bien dans sa personne que dans ses propos, impossible de rien trouver qui s'en rapproche ; on peut chercher, et parmi les gens d'aujourd'hui, et parmi ceux du passé ! À moins que d'aventure on n'en découvre une image chez ceux que j'ai dits : non pas chez les hommes, mais chez les silènes et les satyres ; et aussi bien pour la personne que pour les propos. Car c'est, voyez-vous, une chose encore que j'ai laissé passer dans ce que j'ai dit au commencement : ses discours sont on ne peut plus semblables aux silènes qui s'entr'ouvrent. Qu'on veuille bien, en effet, écouter les discours de Socrate : à la première impression, on ne manquera pas sans doute de les trouver absolument ridicules. Tels sont les mots, les phrases qui en sont l'enveloppe extérieure, qu'en vérité on dirait la peau d'un insolent satyre ! Car il vous y parle d'ânes bâtés, de forgerons, de cordonniers, de corroyeurs ; il a toujours l'air de se répéter, dans ses expressions comme dans ses pensées ; si bien qu'il n'y a pas au monde d'ignorant ou d'imbécile qui ne fasse de ses discours un objet de dérision. Mais arrive-t-il qu'on les voie s'entr'ouvrir et qu'on en arrive à l'intérieur, alors on commencera de les trouver, dans le fond, pleins d'intelligence, et les seuls qui soient tels ; puis divins au possible, pleins eux-mêmes du plus grand nombre possible d'images d'excellence, et tendant le plus haut possible, tendant, pour mieux dire, à tout ce qu'il convient d'avoir en vue quand on doit devenir un homme d'honneur !"

 

Platon, Banquet, 221d-222a


par Dodeline publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Samedi 13 octobre 2007

Quelqu’un demanda à Epictète comment on peut dîner d’une manière qui plaise aux dieux.
– Si, dit-il, tu mets dans cet acte de la justice, de la raison, de la retenue, de la décence, n’est-ce pas une manière de plaire aux dieux ?
Lorsque tu demandes de l’eau chaude et que l’esclave n’obéit pas, ou bien obéit en apportant de l’eau tiède ou encore est absent de la maison, n’est-ce pas plaire aux dieux que de ne pas s’irriter et de ne pas élever la voix ? – Mais comment supporter pareilles choses ? – Esclave, ne veux-tu pas supporter ton frère ? Comme toi, il a Zeus pour ancêtre, et il est né dans les mêmes germes que toi, du même principe venu d’en haut ; parce que tu es à un rang supérieur au sien, vas-tu t’instituer son tyran ? Ne te rappelles-tu pas qui tu es et à qui tu commandes, que c’est à des parents, à des frères par nature, à des descendants de Zeus ? – Mais je les ai achetés ; ce n’est pas eux qui m’ont acheté ! – Prends garde ! Où diriges-tu ton regard ? Vers la terre, vers le gouffre, vers les misérables lois des morts, non vers les lois des dieux.
 
                                                                                               
                                                                                            Epictète, Entretiens 1, 13

 

par Dodeline publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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Samedi 6 octobre 2007
Hourra, Viva

Ce matin, Madame Véronique Pélerin est revenue. Si vous ne connaissez pas ce nom, sachez que c'est la journaliste du week-end sur France Culture. Disparue des ondes depuis la fin août, nous craignions qu'elle n'ait été remplacée par un speaker bavard de plus ... Car Véronique Pélerin illustre que tout n'est pas encore tout à fait perdu en France, malgré l'abaissement complet de la période.
Mais pourquoi Véronique Pélerin nous est-elle si précieuse ?
- En premier lieu, parce que sa présence est un écart de France Culture avec elle-même et sa forte tendance au préchi précha cultureux. Dans une profession où le bien parler est certainement une qualité indispensable, Véronique Pélerin est un OVNI. Son ton est certes élégant, sa manière de parler distanciée, ironique ; mais le plus caractéristique est une tendance à un singulier bafouillage, une manière de notre journaliste de littéralement trébucher sur les mots, comme si elle perdait l'équilibre. Son discours devient alors un peu heurté et saccadé. Qui ne ferait qu'écouter la musique de ses nouvelles trouverait là une partition pour le moins déroutante ; sans aucun doute, Brice Hortefeux et son petit empereur de chef, s'ils l'entendaient, l'enverraient immédiatement repasser son test de français et faire vérifier ses gènes (le débat sur le test ADN pour les immigrés a voilé que la question était celle des gênes que présentent l'étranger).

Mais voilà, Véronique Pélerin a une âme, et ça s'entend. Avant elle, nous n'avions pas idée de ce qu'était un grand journaliste de radio. Un journaliste doit transformer le bruit du monde, la rumeur opaque qui nous glisse dessus, en quelque chose qui parle à chacun. Ce matin, il est question de la situation en Birmanie et des manifestations organisées à travers le monde en soutien aux agitateurs birmans, principalement moines et étudiants ; de celle de Paris, qui aura lieu devant l'ambassade de Chine -quelqu'un d'Amnesty nous explique pendant le flash pourquoi là-. Et tout d'un coup, que 30 secondes d'un flash mondial de 5 minutes soient consacrées à l'endroit précis où se tiendra cette manifestation, est une invitation : à comprendre les relations entre la Birmanie et le reste du monde, à savoir comment se conçoit une manifestation, à aller éventuellement manifester soi-même. Et Véronique Pélerin parle alors à tous les adeptes du "zen" à la mode, aux lecteurs avides du Dalaï Lama, et aux autres. Et avec son flash info, au moment où tout le monde rentre dans le week-end et ne veut plus penser, elle rentre en scène.

Autre sujet poignant de son journal : Marion Jones, la sidérante athlète américaine vient d'avouer qu'elle avait menti, et s'était dopée. C'est sa voix brouillée par les larmes qu'on entend avouer aux journalistes l'étendue de sa mystification. C'est beau et fort comme le meilleur théâtre. On sort de la bêtise moralisatrice contre le dopage. 
Se taire pour écouter. Cesser de commenter pour parler. Ne pas en dire trop pour faire entendre. Mettre en scène pour affecter et inciter à penser.

par Dodeline publié dans : L'Europe, au-delà du MDK
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