L'Histoire, encore.
Obertschappina, Suisse, juillet 2008
Dans ses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard dit comment le cinéma, en optant pour la couleur, alors qu'il était né en noir et blanc, a comme voulu
ajouter des couleurs, une gerbe de fleurs, une couronne mortuaire, au deuil qu'est toute représentation.
Dans cette série de films, il y est question de l'Histoire, en tant qu'elle est un récit, une manière de raconter les choses. Et qu'à ce titre, on la
confond aisément avec l'histoire, comme l'ingénieux Mourad nous faisait justement remarquer en Suisse (pays de Godard).
On pourrait de manière assez intéressante mettre au programme de l'étude des "5 Moo Do values" ces histoire(s). Godard a laissé ouverte la possibilité de
mettre un pluriel. On élargirait le champ de la réflexion, biais par lequel notre pratique du Soo Bahk Do deviendrait meilleure.
Comment on raconte le cours des évènements, lesquels on retient, coment on lie ces évènements entre eux. Prenez un livre d'histoire lambda ; vous pouvez avoir l'impression de tout savoir de ce
qu'on vous raconte ; (un peu comme le journal télévisé : toutes les guerres sont les mêmes, tous les terroristes veulent la même chose, etc. )
Les choses y sont morcelées, il n'y a que des faits, muets. Ces livres vous tombent des mains, et vous vous demandez comment vous pouvez vous intéresser à de tels sujets. Et puis, par bonheur,
vous tombez sur un historien : quelqu'un qui sait les faits, et qui pense le cours des choses (lisez l'Histoire des Etats-Unis de René Raymond, dans la collection Que
sais-je ). Dans le premier cas, les livres vont jusqu'à vous empêcher de vous comprendre vous-mêmes ; dans le second, ils vous ouvrent l'intelligence, ils vous dévoilent une
petite partie du monde ;et vous voilà un peu plus civilisés peut-être.
L'Histoire, c'est l'intelligence de ce qu'il se passe. Ce n'est pas tant la question du passé, des vieilles choses, que celle du présent, du rapport de la pensée et du réel (puisque toute
pensée, comme le faisait justement remarquer Hegel ne s'effectue qu'à la fin du jour, lorsque la chouette prend son vol).

La question du rapport de la pensée et du réel est une question plutôt honnête, si l'on s'accorde sur le fait que l'être parlant se doit de chercher à dire le vrai, plutôt qu'à peu près
n'importe quoi.
Dans les " 8 concepts", on dit Jong Jik, pour honnêté. "History" et "Jong Jik" ont lieu d'être pensées ensemble.
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