Shiwol do-jang
Samedi soir 28 juin, dans la salle Claude Levi-Strauss du musée des arts premiers avait lieu la dernière des présentations des sidérants danseurs de Hip-Hop Last 4 one. Dans cette même programmation, était intégrés des morceaux classiques d'un
ensemble de Gayageum, appelé de manière regrettable par les medias "cithare coréenne".
Cet ensemble intégralement féminin, dont chacune des musicienne était vêtue d'un majestueux han bok, était dirigé par une femme plus âgée à l'allure noble et à l'air sévère. Sa fonction
était de jouer du tambour, c'est-à-dire de marquer le temps. Où nous avons reconnu ce que nous appellerions volontiers Sonbé, dans le do-jang. A moins qu'elle n'ait eu celle de
maître de musique.
Plus tard, et pour un morceau contemporain, un chef d'orchestre est venu. Occasion de comprendre par comparaison, que la Corée avait conservé pour jouer sa musique ancienne
une structure traditionnelle des fonctions. Et que se superposaient là différentes époques, inspirations et styles qui cohabitent.
Un des intérêts de cette programmation était de rassembler un public jeune, habitué aux cris et aux exclamations des battles de hip-hop, portant volontiers baggy et casquettes retournée
et des spectateurs plus tranquilles, amateurs de culture coréenne ou curieux.
A l'applaudimètre, ce furent les danseurs de Hip-Hop, aux exploits physiques impressionnants qui l'emportèrent haut la main. Il est vrai que nos oreilles sont peu habituées à la musique
ancienne d'extrême-Orient. Nous nous garderons bien de dire que ces applaudissements allaient vers ceux qui maîtrisent réellement un art. Dans 800 ans, que restera-t-il du
Hip-Hop? Ce qu'il y a d'appréciable, c'est que les danseurs de Hip-Hop, véritables stars en Corée, ont gardé la modestie de ceux qui savent que la véritable épreuve est
celle du passage du temps.