Shiwol do-jang

Suite d'une expédition avec Maître Choi à la fin juin 2009

On ne plaisante pas avec la sécurité ; on aurait aussi bien pu dire "on ne rigole pas avec la propriété".
Que peut vouloir dire Le Kwan Jang Nim lorsqu'il exprime que le projet d'une fédération mondiale, c'est de construire un "home" (il n'a certes pas parlé de "sweet home"...) pour tous les adeptes du Soo Bahk Do ? La première des propriétés, c'est la cahute, la cabane, la grotte, ce qui abrite.
Nous nous retrouvions au rayon "matériaux de construction". On nous a envoyés au fond du rayon pour que nous trouvions de quoi nous abriter. Style plat. Le regard du Maître furète, et je constate que rien ne l'arrête. Il faut interpréter : c'est ce qui s'appelle revenir bredouilles. L'épuisement me guette ; est-ce les 6 heures de recherche au milieu des embouteillages et des routes inconnues ou la perspective d'une après-midi où les mamans viendront constater les progrès de leurs chers bambins ? Comme dirait Maître Wei, la sage tortue dans Kung Fu Panda : "hier est derrière, demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau"*. Il faut se le dire à certains moments.
Il n'est pas loin de midi lorsque nous arrivons à l'hôtel. Et pour je ne sais quelle raison, je me prépare à la prochaine tuile.
A la fin de l'après-midi, je retrouve le Maître au café. Je lui fais remarquer, qu'aujourd'hui, 18 juin, c'est le jour de l'appel du Général De Gaulle, qui appela 69 ans plus tôt les français à résister à l'envahisseur allemand nazi. Et un peu bêtement, dans une tentative pour l'immerger dans l'histoire de France, je demande : 
- Et nous Maître, à votre avis, à quoi nous devons résister ?
Et comme une évidence taoïste, il me répond :
- Mais on ne doit pas.

* probablement une traduction pas très fine du jeu de mots pas plus fin de l'amerenglish, "present is a present".

Ven 21 aoû 2009 2 commentaires
Le devoir étant une contrainte opère en lui-meme une résistance.
Fluidité et souplesse font passer les idées et les gestes sans les imposer, premier pas vers le totalitarisme
Yotchol - le 04/09/2009 à 16h19
Hum, peut-être Yotchol est-il particulièrement conditionné par ce qu'il voit autour de lui en ce moment. A dire vrai, le terme "résister"est assez riche sémantiquement. Evidemment, il y a une dimension polémique dans le fait de dire à des petits français qu'il ne faut pas résister. Presque une provocation.
Le totalitarisme ne fait à mon avis pas "dans la dentelle" de la non-résistance. Et ne pas résister à une force plus grande que la sienne, cela pourrait s'appeler tout simplement la prudence. Mais ne pas résister du tout (à l'ensemble des corps qui s'oppose au nôtre), cela s'appelle ultimement la mort.
Alors, nous résistons tous par quelque manière, si nous sommes vivants.
Dodeline
Loin de moi l'idée de renoncer a résister, chère Dodeline. Je m'attaquais au concept du devoir, cette espèce de "schlague" que l'on doit accepter pour se voir reconnaître un minimum de droits. Ce qui revient a dire qu'a l'origine, de droits, nous n'en avons pas et que seul le devoir nous laisse l'illusion d'en avoir. L'usage montre que les devoirs ne garantissent pas plus les droits que le Droit ne garanti la liberté. En ce sens, le devoir devient l'instrument des puissants pour spolier l'Homme des droits dont on le prive. Alors oui, j'abonde dans le sens de Maître Choi : je ne résiste pas par devoir.
yotchol - le 09/09/2009 à 13h41