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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 08:01

Une des questions qui nous trottait dans le ciboulot durant cette saison martiale a été : comment différencier art martial interne et art martial externe. Une première intuition a été posée ici, il y a quelque temps.

La plupart des gens quand ils parlent d'interne et d'externe font comme si la distinction était claire, limpide. On entend certains dire : "cette pratique est plus externe, celle-ci plus interne". En fait, si l'on s'exprime ainsi, c'est que "externe" est devenu synonyme de : travail cardio, musculaire, et éventuellement, vitesse d'exécution. C'est par différence, ensuite, qu'est défini l'interne : il serait lent, doux et l'on dépenserait moins d'énergie.

Il faudrait essayer de dépasser autant que possible cette manière de parler.

L'homme intelligent comprend les autres, le sage comprend les autres ainsi que lui-même, dit le proverbe. Ce  qui implique qu'il y a un degré d'écart de l'intelligence à la sagesse. Comprendre les autres, c'est comprendre son environnement, tout ce qui est extérieur. C'est un premier espace de compréhension, d'exercice de l'intelligence. Mais la sagesse ce serait de revenir à soi, à la dimension interne*. 

Essayons de proposer deux ou trois éléments :

Ce qu'on appelle art interne, d'après ce que nous en percevons, repose sur l'attention à ce qui se passe en soi : la lenteur n'est qu'un moyen pour permettre cette attention, et non pas le but. La manière de respirer est le rythme sur lequel peut se caler l'attention. La respiration, c'est le processus qui capte la matière (les gaz) à l'extérieur, pour nourrir l'intérieur. C'est la raison pour laquelle, la respiration est l'idéale métaphore pour valider l'idée que l'extérieur est premier (puisqu'il est nourricier) par rapport à la dimension interne. La lenteur peut impliquer que la dépense d'énergie soit moindre. Mais pas nécessairement ; si l'on s'exerce par exemple, sur des positions très basses, la lenteur produit un travail musculaire intense, et pas vraiment doux !

Techniquement parlant, nous serions tentés de penser qu'il n'y a ni style interne, ni style externe : il n'y a que des façons de pratiquer. 

Lorsque l'on pratique avec un partenaire, la nécessité de se coordonner avec lui implique qu'il y a un travail externe (on répond à une sollicitation extérieure, attaque, coup de poing de pied, saisie etc). Mais si maintenant, on ferme les yeux, et qu'on s'est mis d'accord sur une codification qui permette aux deux partenaires de coordonner/synchroniser attaque et défense, alors, les mêmes techniques peuvent être travaillées de façon interne.

On peut discuter longtemps (indéfiniment !) du type de mouvement qui favorise le ressenti. Les mains ouvertes, facilitent semble-t-il la circulation du Qi plus que les poings fermés. La décontraction du corps est plus favorable que sa tension. Mais ceci peut aussi bien être contredit par les pratiques respiratoires lentes, en extrême contraction musculaire qu'on observe dans certains styles de karaté par exemple. Tout dépend de ce qui est recherché.

Enfin, un art interne semble considérer d'une façon bien particulière l'image mentale. A partir du moment où le regard quitte l'extérieur pour se tourner vers soi, il change de nature (les yeux comme organes de la vue ne sont pas la même chose que l'oeil interne). Le travail avec les images mentales, reçues et/ou suscitées, ouvre un champ d'investigation immense, dont l'exploration nous semble être la véritable spécificité de l'art interne.

To be continued.

 

*En termes de philosophie, le proverbe jouerait Spinoza contre Descartes. Spinoza, dans l'Ethique, c'est : Dieu ou la Nature existe, avec un certain nombre de caractéristiques, et c'est seulement dans la deuxième partie qu'on en vient au mode fini, dont l'humain, puis aux affects. Ce à quoi on a d'abord rapport, c'est aux autres, à l'altérité, au Deus sive natura. Descartes, ce serait la définition d'une intériorité, d'un sujet pensant le cogito, comme préalable à toute connaissance. Mais le cogito, c'est aussi l'ego.
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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 19:33

 

Le scarabée roule sa boule et dans la boule naît la vie comme effet du travail non dispersé de sa concentration spirituelle. Or si même un embryon dans le fumier peut se développer et dépouiller ses enveloppes, comment l'habitation de notre coeur céleste ne pourrait-elle pas engendrer aussi un corps, si nous concentrons notre esprit sur lui ?

Le secret de la fleur d'or


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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 08:55

 

Les cinq éléments fondamentaux de l’univers (terre, eau, feu, vent, éther) produisent des sons au moindre contact. Cela signifie qu’il existe des langages en tout. Dans ce cas-là, tout ce qu’on voit, entend, sent, goûte, et pense sont également des mots.

On peut ainsi dire que tous les phénomènes de l’univers sont tous des mots qui enseignent la vérité. Les chants des oiseaux, le courant de l’eau, les bruits du vent, tous disent constamment la vérité éternelle.

Kukai*

 

 *Dans quel but êtes vous venu d'aussi loin,

N'est-ce pas pour nous montrer votre excellent talent

Pour apprendre davantage et trouver la Vérité

Aurait écrit le célèbre poète Basho à Kukai lors d'un banquet où ils se rencontrèrent. Kukai, japonais, avait entrepris un voyage en Chine pour approfondir sa connaissance du Bouddhisme. Entre 805 et 806, il reçut l'enseignement de Huiguo, qui reconnut en lui son disciple auquel il devait transmettre son enseignement le plus complet.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 12:39

 

En allant en Belgique il y a quelques années, pour le passage de l'examen Kyo sa (instructeur) dans le do-jang de Maître Boussalaa à Wavre, j'avais fait une expérience assez singulière : le fait déroutant de n'être pas comprise dans les consignes les plus simples que je donnai aux élèves wallons.

Expérience angoissante, quand vous vous exprimez dans votre langue, qui est aussi celle de l' auditoire, par des mots simples, que rien ne se passe et que les gens prennent la direction inverse de celle que vous les invitez à prendre ; le pire était encore de constater qu'il n'y avait chez eux aucune insubordination, ou refus délibéré de faire ce que je leur avais demandé. Non, pas de rebellion, juste la plus innocente incompréhension.

Inversement, qui a voyagé un peu, aura remarqué que le fait de ne pas parler la même langue que son interlocuteur ne gêne pas beaucoup la communication. On pourrait même dire : "au contraire" (et ce n'est pas Marc Mangin, l'illustre photographe écrivain voyageur qui me contredira). Peut-être que le sentiment de partager quelque chose avec d'autres humains ne passe jamais aussi bien que dans les cas où il est impossible de dissimuler ce que nous sommes par des considérations spirituelles, ou autres bons mots, qui viennent à propos ; pourvu qu'il y ait la patience, l'écoute même dans le silence, et l'intérêt réciproque, les esprits s'unissent le temps de la rencontre, qu'elle dure l'instant d'une photo, un jour ou des années avant que chacun ne reprenne sa route.

L'expérience de Belgique et des voyages me laissent penser que si nous parlons avec des mots, ils sont largement insuffisants pour garantir la communication. Il y a aussi le geste, c'est-à-dire, quelque chose comme ce que parle le corps. C'est ce langage corporel auxquels sont habitués nos élèves, c'est en cela d'ailleurs qu'ils sont nos élèves ; ce qui fait que même sans un mot, un geste suffit à ce qu'ils comprennent. Il arrive aussi qu'ils ne comprennent pas ; pas plus tard qu'en début de semaine, les enfants et les adultes ne pigeaient plus rien à ce que je disais; il fallait presque que je marche et bouge à leur place ... là on se trouve très fatigués. Pourtant, on a envie de prendre cela pour le signe que ça vibre autrement, que quelque chose ne coïncide plus, et qu'il faut peut-être simplement trouver les gestes qui conviennent aux mots, ou à l'inverse partir des gestes et laisser se dire les mots. Et sans doute, c'est une sorte de laboratoire intérieur où il ne saurait être question de volonté.

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:31

L'homme moderne collectionne les clés sans savoir ouvrir une porte ; sceptique, il se débat entre des concepts sans en soupçonner la valeur intrinsèque ni l'efficacité. Il classe des idées à la surface de la pensée et n'en réalise aucune en profondeur. Il se paie le luxe du désespoir, ce qui est bien le luxe de la commodité. Il croit avoir fait des expériences alors qu'il ne fait qu'éviter celles qui s'imposent et qu'il n'a même pas les possibilités intellectuelles de faire ; son expérience, c'est celle de l'enfant qui s'étant brûlé, veut abolir le feu.

Perspectives spirituelles et faits humains, Fritjhof Schuon

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 05:47

 

 La ritualisation dans le do-jang existe et elle est nécessaire. Pas seulement parce que les techniques de combat, du fait de leur signification, et de l'orientation qu'elle donne à l'âme humaine sont de l'ordre du sacré. A-t-on songé à ce que signifiait de passer une partie de sa vie à apprendre à comment se défendre de l'autre, ou encore, à le mettre "hors d'état de nuire" ?

Mais la ritualisation concerne aussi ceci : indépendemment des techniques, l'essentiel de ce qui a lieu dans le do-jang met en jeu cette chose toute simple : on y donne, et on y reçoit. 

Donner et recevoir, ça a l'air très simple, et pourtant, comme la psychanalyse le met constamment en évidence, c'est une des dimensions de l'humain les plus complexes (disons le carrément, l'une des dimensions les plus bordéliques).

  •  posons une première question : que donne celui qui donne, ou celui qui offre ? Que reçoit de ce don celui qui reçoit ?

 Si l'on admet comme acquise l'existence d'un inconscient, cette question devient :

  • que croit donner celui qui donne ? Que croit recevoir celui qui reçoit ?

(on pourrait ajouter à cette question celle-ci : pourquoi celui qui donne veut-il donner ceci ? Pourquoi celui qui reçoit veut-il acquérir cela ?)

  • En posant un étage supplémentaire à ce petit échaffaudage, et en s'intéressant à la structure de l'échange (et non pas à son objet) : Celui qui reçoit ne donne-t-il pas aussi dans le fait même qu'il reçoive (comme le rappelle le symbole yin/yang, la partie active a aussi en son sein une partie passive, et réciproquement, la partie réceptive-qui reçoit- intègre une partie active-ce que nous appelons ici "don") ? Et réciproquement celui qui donne ne reçoit-il pas dans le fait même de donner ?

Le bref aperçu de ce miroir aux alouettes nous sert seulement à rappeler ceci : il est bon et essentiel de se remercier l'un l'autre à la fin d'un cours !

 

Si l'on se réfère au texte de Maître Choi, la manière dont on reçoit, la manière dont on donne (ou encore les coordonnées de l'échange pédagogique) se caractérisent de 3 manières différentes :

1/ Le rapport don/réception est caractérisé par le fait que l'élève paie : il achète un produit, en l'occurence des techniques, et bien sûr, le service de celui qui les montre, et considère que cet achat lui donne des droits : celui de "posséder" les techniques qu'il a payées d'une part, et de ne pas souffrir pour les apprendre d'autre part. Une des fonctions de l'argent étant d'obtenir une vie plus confortable, il faudrait être fou pour acheter quelque chose qui nous la rende moins confortable ! La relation élève/instructeur est alors définie par l'échange commercial.


2/ Le rapport don/réception se fonde sur le fait que l'élève a un but. Il aspire à apprendre des techniques, parce qu'il les admire, les trouve belles ; il est conscient que son perfectionnement passe par là. Pour cette raison, il est prêt à accepter les difficultés que présentera l'entraînement. 

 

3/ Le rapport don/réception se fonde sur la relation au maître (il n'y a peut-être de "maître" à proprement parler que s'il y a cette relation). Maître Choi dit que l'élève en ce cas est capable de se représenter le cheminement que représente une vie dans et pour l'art martial ; le fait de se représenter cette existence donne à l'élève une idée sur la philosophie de l'art martial, tel qu'enseigné par le maître. Conscient de l'effort pour gravir le chemin escarpé que cela représente, l'élève est alors disciple. 

La vie d'un do-jang, c'est parvenir à faire cohabiter ces différentes manières d'être là, d'apprendre, et d'enseigner. 

 

Ritualisation alors ?

La ritualisation devrait être la musique du do-jang, être là pour adoucir les moeurs ; servir à ce que le don de l'enseignant ne soit pas arraché par l'élève, ou exigé ; et inversement que la manière dont l'élève reçoit ne soit pas l'objet de brutalité parce que l'enseignant exige que son enseignement soit reçu d'une manière et d'une seule, celle qu'il souhaite, dans le style qu'il souhaite. Une des lignes de fuite1 du do-jang, ce serait : l'élève reçoit ce que l'enseignant lui donne d'une façon telle qu'il lui apprend quelque chose qu'il ignorait sur ce qu'il pensait donner.

 

http://www.youtube.com/watch?v=Q-KVoDJYXcY

 

1 "c’est que les gens, que ce soient les individus ou les groupes, ils sont composés de lignes. C’est une analyse de linéaments, tracer les lignes de quelqu’un, à la lettre, faire la carte de quelqu’un. Alors là, la question même : est-ce que ça veut dire quelque chose ou pas ? Évidemment elle perd tout sens. Une ligne, ça veut rien dire. Simplement faire la carte avec "les espèces de lignes de quelqu’un" ou d’un groupe, d’un individu, à savoir qu’est-ce que c’est que toutes ces lignes qui se mélangent. En effet... Il me semble, on pourrait concevoir les gens comme des "mains". Chacun de nous c’est comme une main ou plusieurs mains. On a des lignes, alors ces lignes ne disent pas l’avenir parce qu’elles préexistent pas, mais il y a des lignes, bon, de toutes sortes de natures, et entre autres il y a des lignes qu’on peut appeler de bordures, de pentes ou de fuites.

-  Et d’une certaine manière vivre, c’est vivre sur - en tout cas aussi - c’est vivre sur ces lignes de fuite. Alors c’est ça que j’ai essayé d’expliquer, mais chaque type de lignes a ses dangers. C’est pour ça que, c’est pour ça que c’est bien, c’est pour ça que c’est très bien, on peut jamais dire - c’est là que je me sauverai - le salut ou le désespoir, vient toujours d’une autre ligne que celle qu’on attendait. On est toujours pris par surprise.

Je disais le danger propre à la ligne de fuite, c’est qu’elle frôle à des choses tellement étranges que d’une certaine manière c’est d’elles qu’il faut qu’on se méfie le plus. C’est de celles que nous traçons qu’il faut se méfier le plus en ce sens que c’est là qu’on frôle les plus grands dangers. A savoir les lignes de fuite, elles ont toujours une potentialité, une espèce de puissance, de possibilité de tourner en ligne de destruction, en ligne de désespoir et de destruction. Alors que - j’ai essayé d’expliquer la dernière fois - que pour moi en tout cas, c’était des lignes de vie, c’était avant tout là, et sur ces "pointes", sur ces "pointes de fuite" c’était là que se faisait et se créait la vie. 

 cours de Gilles Deleuze à Vincennes « Anti-Œdipe et autres réflexions », du 27/05/1980 - 1 Transcription : Frédéric Astier -

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 22:54

 

Le Maître Ch'an Changing Huileng entra dans la salle pour s'adresser aux moines.

Après un long silence il dit : "Ne dîtes pas que ça ira un peu mieux ce soir".

Puis il quitta la salle.

 

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 15:24

 

Hwang Kee, Grand-Maître de l'école Moo Duk Kwan a créé 2 ensembles de formes qu'on trouve dans le cursus de Soo Bahk Do :

  • les forme Yuk Ro ( à prononcer "Yukno"), au nombre de 6, elles sont essentiellement apprises et  pratiquées du 1er dan au 6ème dan. A noter que les quatre premières ont été reprises par les pratiquants de Sun Moo Do, l'art martial coréen, qui se réclame du bouddhisme Son (le terme Sun du début ne désigne pas le soleil mais transcrit en anglais le nom en coréen du Chan chinois ou Zen japonais). Chaque forme est accompagnée d'un sous-titre qui précise leur orientation. 

Yukro Cho Dan (n°1) : Du Moon, signifie "la grande porte"

Yukro Ee Dan (n°2) : Jun Jol, signifie "couper au milieu"

Yukro Sam Dan (n°3) : Po Wol, ou "embrasser la lune"

Yukro Sa Dan (n°4) : Yang Pyon ou "donner le fouet"

etc ...

  • Les formes Chilsong, ou formes des 7 étoiles. Au nombre de 7, on les apprend de la ceinture verte jusqu'au 6ème dan. Les formes Chilsong font référence à la grande ourse, la constellation, qui permit pendant des siècles, et bien avant l'invention de la boussole et du GPS, aux humains voyageurs de s'orienter, une fois la nuit tombée. Ainsi le repère géographique, pour quelque terrien que ce soit, se trouve dans le ciel. Hwang Kee a souhaité que ces formes fassent repère, pour les élèves Moo Duk Kwan, comme la constellation.

Dans le taichi, une posture se nomme également "les sept étoiles". C'est une position de garde mains ouvertes, flexion jambe arrière. La référence aux 7 étoiles pour un esprit peu averti n'est pas tout à fait évidente. Après explication de Maître Chen Yi-rhe, on apprend que la tête est censée représenter l'étoile polaire ; les articulations épaule/coude/poignet gauche, hanche/genou/cheville droit comptent pour 3 étoiles, les articulations épaule/coude/poignet droit et hanche/genou/cheville gauche comptent pour 3. 

Pourquoi les articulations sont-elles groupées par 2, sur un membre inférieur et un membre supérieur d'une part ? Pourquoi le haut du corps d'un côté correspond au bas du corps de l'autre côté (et vice versa) ? Que doit-on entendre par le terme "correspond" ? 

Quoiqu'il en soit, cela se trouve corroborer une autre notion, qui circule dans l'école Moo Duk Kwan, celle de chaîne Moo Do (d'où la référence aux 7 étoiles est absente) où les articulations sont censées figurer la chaine entrant en jeu dans chaque mouvement d'une part, mais également le  système hiérarchique.

Pour une symbolique plus complète de la Grande ourse, voir ici, le site de l'association du même nom.

 

Sur l'imagination

      Pour en revenir aux formes Yukro, et notamment à leur sous-titre, on remarquera que ce sont à peu près les seuls noms de formes utilisés dans le Moo Duk Kwan qui donnent une direction, nous voulons dire par là, qui suscitent l'imagination. On peut supposer que c'est du fait que ces formes sont inspirées du Moo Yei do Bo Tong Ji, qui est écrit en chinois, et que la manière même dont se compose l'écriture chinoise implique l'imagination (dès qu'il y a composition d'un caractère avec 2 éléments ou plus, le fait même de les mettre ensemble appelle une opération de l'esprit, qui n'est pas présente dans l'écriture alphabétique, dans laquelle les lettres ne figurent rien). 

Prenons l'exemple de la forme Po wol "embrasser la lune", on voit assez bien comment cette image met déjà le pratiquant dans un certain état d'esprit : celui d'un mouvement doux, englobant, protecteur peut-être etc ... bref, cela fait appel à ce que signifie "embrasser" (prendre dans ses bras) et à toutes les expériences de ce type vécu par un sujet. Quant à la Lune, on sait qu'elle est la planète des rêveurs, le symbole féminin, etc, et là aussi cela fait appel à tout ce qu'un sujet et son espace culturel met sous le nom de l'astre. Si l'on ajoute le terme "embrasser" au terme "Lune", on voit bien que l'élève est placé par l'association des termes dans une disposition poétique : il lui faut jouer quelque chose qui lui appartienne en propre, il lui faut exprimer, plutôt que simplement réaliser une suite de techniques.

C'est une des forces des arts martiaux d'expression chinoise (c'est-à-dire dont le vocabulaire/la syntaxe nous sont traduits du chinois) : celle de faire appel, par la dénomination de ses techniques, au théâtre intérieur de chacun, à son aspiration à se projeter dans une image, une expression venue d'ailleurs, quelque chose comme un poème dont vous êtes le héros.

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 21:36

 

 

028

Bouddha

 

 

027

Jeux

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 08:11

 

 

 

026

Pavillon et jardin

 

 

 

037

Shanghai, laveur de vitres

 

 

 

019

Camera obscura

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