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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 11:39
Rentrée 2015-2016

Bonjour à tous,

Les cours de Soo Bak Do de Shiwol do-jang reprennent cette semaine :

- Lundi 7/09, pour les enfants et adolescents gradés, 17h45-19h, dojo Tenchi

- Mercredi 9/09 pour les adultes, 19h15-20h30, au Point éphémère.

La rentrée pour les cours d'initiation aux arts martiaux des centre Verdier et Jemappes, et les cours de Soo Bahk Do dépendant de ces centres est fixée à la semaine du 14 septembre.

D'autre part, nous serons présents :

  • au forum associatif du 18ème arrdt, notre démonstration est prévue à 11h30
  • au forum du 10ème arrdt, le dimanche 20 septembre., démonstration autour de 15h30.

N'hésitez pas à passer nous voir à notre stand !

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:03

Rouges brunes et charnues de l'été

Passées de saison du vert mois de mai

Foison offerte plus que tout c'qu’on a vu avant

Englouties par poignées

Détour par la cagette sciemment

Plus tard

Sous nos yeux juteuses et délicieuses

On admire

La foison offerte plus que tout c'qu’on a vu avant

Certaines déjà poudroient légèrement

Il suffit d’en retirer détour par la cagette sciemment

Le bout blanchi et d’engloutir le reste de bon appétit

Puis

Déposée à terre la cagette encombrante

Aux fruits donne l’air moins glorieux

Les mains se promènent plus rarement

Lors d'un détour envieux

Foison offerte plus que tout c'qu’on peut en penser

Que n’a-t-on pas perçu qu’il fallait l’apprêter ?

Moment du temps lorsqu'il faut commencer

Commencement qui s’écoule en différentes branches

Branches qui se ramifient dans l’expérience cuisinière

Le temps d’imaginer et le temps du faire

Saturation du sucre par lui-même délétère

Au réveil

Une petite tâche brune gâte le fruit en son entier

Et contamine la voisine qui encore tardait

On s’étonne ne pas avoir été prévenu ?

Enfants du frigo et de la littérature,

De la connexion de la désinvolture

tout peut attendre, ou bien périr

Cerise noires du mois de juillet

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 13:32

J’ai commis mon infamie l’après-midi du troisième jour. Je comprenais désormais qu’on ne me donnerait pas l’occasion de présenter mon projet, je sentais que les autres me fuyaient comme la peste, hormis mes deux collègues que le désespoir poussait à s’enivrer. Lors du buffet servi sur une pelouse, des groupes de danseurs mohawks et iroquois se sont produits devant nous. A une certaine époque, ces derniers auraient volontiers rôti et dévoré leurs hôtes. Refusant d’assister à cette humiliation, je suis parti me promener dans les bois au bord du lac, à la recherche d’un endroit tranquille où prier et réfléchir. Mais les prières que je comptais réciter me sont restées coincées dans la gorge, et je suis revenu sur mes pas pour les allocutions de l’après-midi, fermement décidé à m’emparer du lutrin. J’ai écouté avec attention le révérend Gates, qui était aussi le président de l’Amherst College dire quelque chose du genre : « Les enseignements du Sauveur abondent d’exemples sur le bon usage de la propriété. Le fait d’être propriétaire entraîne une immense amélioration morale, et l’Indien a beaucoup à apprendre sur ce chapitre. Il faut, avant toute chose, faire naître chez l’Indien sauvage des désirs plus vastes et des besoins plus diversifiés. Dans sa sombre sauvagerie, il doit être touché par les ailes de l’ange divin de l’insatisfaction. Le désir de posséder un bien qui lui soit propre peut devenir une énorme force éducative. Le désir de ne pas se contenter d’un « tipi » et des maigres rations de nourriture en hiver dans les camps indiens, voilà ce qu’il nous faut pour tirer l’Indien de sa couverture afin de lui mettre un pantalon –un pantalon doté de poches, et des poches qui meurent d’envie d’être bourrées de dollars!… »

En entendant ce blasphème, je me suis surpris à courir vers l’avant de la salle. J’ai secoué cet imbécile, je l’ai lancé vers la foule et tenté d’entamer mon discours, mais on m’en a aussitôt empêché. Il a été établi que j’étais responsable de blessures corporelles, et l’on m’a jeté dans cette prison où j’attends maintenant ma libération.

Dalva, Jim Harrisson, p451

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 10:52

Parce que le fait colonial est toujours bien vivant, parce que la plus grande puissance actuelle, même annoncée sur le déclin, s'est construite sur l'éradication complète des Indiens et de toutes les valeurs qu'ils portaient, parce qu'enfin ces valeurs ("traditions"?) sont peut-être définitivement perdues, et que leur perte nous empêche, comme êtres humains d'être reliés à une partie de nous-mêmes, il faut lire le très beau roman de Jim Harrison, Dalva.

A la conférence de Mohonk sur la "Question indienne", j'ai été accueilli par mes hôtes avec de grandes marques d'amitié, à cause de mes efforts auprès du Congrès et de mes articles (...) Mais au cours de la soirée, les participants ont commencé à me mettre en quarantaine, car ils sentaient que j'étais parfaitement sérieux dans mon intention de créer une nation indienne d'un seul tenant à partir de l'ouest des deux Dakotas, de l'ouest du Nebraska, du Kansas et de l'Oklahoma, de l'est du Montana, du Wyoming, du Colorado, du nord-est de l'Arizona et du nord-est du Nouveau-Mexique. Malgré son équité, mon projet est considéré comme une pure folie par ceux-là même qui incarnent soi-disant la conscience tant religieuse que politique de la nation (...) On m'assure que ces hommes ne sont pas des agioteurs de terres, mais qu'ils désirent aider les Indiens en détruisant leur organisation tribale par le Dawes Act. On me raconte aussi que l'an dernier, Dawes a déclaré : "Quand vous avez un Indien devant vous, au lieu de lui dire Plante et laboure si tu ne veux pas mourir, il faut le prendre par la main et lui montrer comment faire pour gagner son pain quotidien". Cet homme, que j'ai vainement souhaité abattre d'un coup de revolver pour mettre fin à cette horreur, serait donc prêt à donner une fermette à chaque Indien ! Privés de leur autorité tribale, ils vont se faire dépouiller et mourir.

Malgré ma colère, je découvre lors du deuxième jour et avec amusement que trois seulement parmi les quatre-vingts participants ont déjà vécu avec des Indiens, détail qui ne nous confère aucune autorité particulière, car on dit que ce genre de fréquentation nous aveugle. L'un des deux autres hommes a travaillé comme missionnaire agricole auprès des Apaches en Arizona, et il a assisté au massacre de quatre-vingt-dix d'entre eux dans le canyon d'Arivaca par une bande d'habitants de Tucson. Le second a initié les Cheyennes à l'agriculture ; comme il est très pauvre, il porte une veste en daim, ce qui provoque de nombreux rires autour de lui. Après un dîner somptueux, les autres membres de la conférence nous demande d'évoquer les plaisirs de "la vie au grand air dans la nature de Dieu", mais nous refusons de prendre la parole. Ici dans l'Est et ailleurs, on me dit que beaucoup de gens se mettent à singer le mode de vie indien.

Dalva, Jim Harrisson, 10/18, p 450

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 19:05

Jour après jour

faire

et refaire

défaire

Froncement

féroce

crue la lumière

poussière des pas

suspendue

dans le soleil

tes jambes

te portent

te soutiennent

elles

mais il y a

la terre aussi

musique intérieure

sans fil

la chaleur

et son eau

le ciel

une idée juste

partage

le champ

des ego

Regard resserré

Entailles en visage

fermé en soi

élargissement du monde

Souviens toi

porte

au delà

au cran d'arrêt

supérieur

de douceur

et de solitude

Bienvenue

chez toi

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 10:13
Monkey see, monkey do

"Monkey see, monkey do" ! est un petit adage utilisé par les instructeurs états-uniens de Soo Bahk Do, repris régulièrement par maître Urs Spoerri, le Senior instructeur de Suisse, dans son enseignement. On pourrait traduire littéralement en français par "le singe voit, le singe fait". Ou si on cherche une expression du français, "tout ce que je fais, mon âne le refait".

Cette tendance à l'imitation est au fondement de la plupart des apprentissages chez les enfants. C'est en grande partie comme ça qu'ils apprennent à parler, à marcher, en reproduisant ce qu'ils perçoivent autour d'eux.

C'est aussi comme ça qu'on transmet la gestuelle des arts martiaux.L'élève regarde ce que fait son instructeur, et s'efforce de reproduire. Certains élèves, plutôt dans la frange de ce qu'on pourrait appeler "les intellectuels" éprouvent le besoin de comprendre complètement le geste, c'est-à-dire, d'avoir un concept du mouvement pour le réaliser. C'est un effort louable parce qu'il dénote une exigence et une volonté de maîtrise mais cela complique souvent l'apprentissage; dans l'imitation, il y a quelque chose de l'ordre du tâtonnement, quelque chose qui se fait, et se refait ; et se refaisant, qui s'affine. Y ajouter un impératif d'exactitude (le concept) est une façon de refuser ce tâtonnement. Pourquoi ? Peut-être parce que l'élève aimerait concevoir son geste comme une opération mathématique, afin de faire toujours "juste" et "bien" une fois pour toutes ; et donc de ne pas "risquer le geste à nouveau" ; peut-être parce que le moment du tâtonnement met l'élève dans un rapport à lui-même, où il se perçoit dans sa non-maîtrise, son hésitation, ses doutes, et expose aux autres cette facette là de lui-même.

Une fois le geste une ou quelques fois "correctement" imité, il convient de le faire sien, une sorte d'appropriation à travers laquelle l'élève passe de ce qu'il a vu, perçu à travers la gestuelle de l'instructeur, à la sienne propre. La plupart du temps, l'élève est physiquement différent de l'instructeur ; âge, taille, sexe, poids, morphologie différentes ; les chaînes musculaires, les articulations, une certaine souplesse dans le mouvement ont été moins travaillées. Il y a aussi ce qu'on pourrait appeler les "natures énergétiques" : l'énergie de l'élève, c'est la matière de son geste : il y a ceux qui sont plutôt feu, d'autres qui sont plutôt eau (souvent dans mon expérience, les enfants chinois), d'autre plus proche de l'air (ceux là ont souvent un petit côté "perché"); on parle aussi de l'élément bois, métal ou terre comme élément maître chez un individu.

Bref, le fait que l'élève n'est pas son instructeur constitue l'heureuse limite de l'imitation ; et en même temps ouvre un espace pour lui de création de son propre geste : le moment où l'élève n'est plus dans l'identification à l'instructeur, mais où il devient lui-même.

Au-delà de l'imitation technique, et dans la mesure où il y a un esprit du geste, l'imitation de l'instructeur ne s'arrête pas au mouvement physique mais il touche à des manières de parler, de se comporter, de penser. En un sens, les rapports humains à l'oeuvre dans un do-jang représentent assez bien la manière que l'instructeur a de considérer ses élèves. Par exemple, un élève qui est mis en avant, valorisé par l'instructeur comme celui qu'il faut suivre aura plutôt l'admiration et la faveur des autres élèves. A l'inverse, un élève sur lequel l'instructeur crie régulièrement ou qui est puni à chaque cours (chez les enfants) peut très bien devenir le souffre-douleur des autres. Mais ce peut être aussi bien l'inverse : celui qui est favorisé peut faire l'objet d'une certaine jalousie, tandis que celui auquel on fait souvent des reproches aura la sympathie de ses comparses. Dans tous les cas, il y a toujours une sorte de justice immanente, qui vient du groupe lui-même, et que l'enseignant doit enregistrer pour pouvoir harmoniser les rapports au sein du groupe. Car il a bien un rôle à jouer à ce niveau, aussi discret soit-il.

Il y a des do-jang où l'on rentre et où l'on sent immédiatement un groupe soudé, où les élèves pratiquent ensemble, et où l'on sent comme un rapport sacré entre eux dans l'entraînement. D'autres fois, on ne sent pas cela ; les élèves n'y pratiquent que dans une dimension individuelle (et n'arrive pas à se connecter les uns aux autres). C'est aussi souvent dans cet espace que l'instructeur encourage une sorte de cour autour de lui (maître Shipley, parlait du celui qui fait le "peacock") où les élèves sont en concurrence les uns avec les autres, de façon un peu malsaine. D'autres fois encore, les rapports qu'entretient l'instructeur sont empreints de fausseté, ou de calcul, tous simplement parce que c'est le jeu social qui l'emporte sur le jeu martial (maître Choi parlait de la dimension "client" de l'élève).

"Monkey see, monkey do" s'étend donc au delà de la seule gestuelle ; l'adage a une dimension morale. Au Soo Bahk Do, on parle de discipline et du respect comme valeurs liées. Comment avoir des élèves disciplinés, c'est-à-dire, qui respectent l'ordre collectif et ont une exigence subjective par rapport à leur pratique ? En étant discipliné soi-même, c'est-à-dire, en tant qu'instructeur, en favorisant un ordre collectif et en conservant une exigence par rapport à son propre entraînement. Comment avoir des élèves respectueux ? En étant soi-même respectueux du temps, de l'énergie, et de l'investissement mis par les élèves. La douceur des moeurs du do-jang n'est pas nécessairement à aller chercher dans une mystique taoïste ou bouddhiste, ou au sommet de la montagne (et il y en a beaucoup ces temps ci pour entreprendre le voyage) elle se résume à ce mot : respect

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 13:50
L'île de coude

Juste à côté de mon do-jang naturel, le paradis sur terre, sauf quand il recommence à être exploité (barrière posée, entrée payante) entre Mai et Septembre.

photo : Rémy Charrey

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 10:03

Ce matin, tous les éléments du drame sont réunis : le chant sifflé de la perruche qui se fait de nouveau entendre, les mégots jetés là et qui s'accumulent à l'endroit où je pratique, l'air déjà chaud et saturé du matin seuil d'alerte probablement atteint, le téléphone qui sonne. Et pourtant, tout cela va se mêler, se composer jusqu'à faire un très bon moment de pratique.

Prise de conscience de 2 positions de main incorrectes, d'un mouvement de bras bloqué trop tôt et qui empêche de l'aisance dans l'enchaînement avec le mouvement suivant.

Un jeune couple passe. Je vois la jeune fille de loin qui commence à faire les mêmes mouvements que moi. Son ami, casquette et chaîne dorée, façon gangsta rap vient vers moi, et m'interrompt en s'adressant à moi pour me saluer. Il me tend la main, nous nous la serrons, et il demande "ce que c'est". je lui réponds. Il dit "ça détend", sans qu'on sache si c'est une question ou une affirmation.

-Parfois ça détend, parfois ça défoule. Le matin, ça réveille.

La jeune fille demande s'il y a des combats et si "ça fait mal ". Que pourrais-je lui répondre ?

Elle enchaîne : " en tout cas c'est très joli vos mouvements".

Le combat, la douleur, tiens ça me donne l'idée de faire des assouplissements.

Pour finir, je trouve une position insoupçonnée dans laquelle je respire très en profondeur.

Merci!

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 07:19

Hier, au do-jang, petit effectif. Après avoir fait ensemble la forme de base n°1, Kicho hyung il bo, je cède "la scène" à celui qui voudra la recommencer seul, sans modèle, sans suivre la prof. Jules, 5 ans et demi, se propose avec son air mutin, et une assurance que je ne lui avais jamais vue. Les autres ont déjà jeté l'éponge, l'air fatigué, contents d'être assis, chacun avec son petit commentaire exprimant le renoncement.

Jules commence, je compte, je décris parfois le mouvement. Il a quelques hésitations sur les deux grands demi-tours mais ne fait aucune erreur. Je ne cache pas ma satisfaction, les autres enfants sont eux aussi étonnés, moitié admiratifs, moitié jaloux. Maintenant, ils savent que c'est possible.

A la fin du cours, c'est le moment des coups de pieds sautés. Je leur demande de traverser la cible, que la plupart ne fait qu'effleurer, trop préoccupée du saut initial. Jules commente cette idée de traversée: "c'est comme un écran de télé, au début on est dedans, avec le coup de pied, on casse la télé".

Ecrans plats, gare à vous!

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:29

 

Quand au mois de Janvier 2015, on me met en contact avec l'organisateur du festival des arts martiaux de Bourges, M. Henry de Beaupied, bref moment d'hésitation : il faut former l'équipe de démonstration, définir un thème de travail, hausser l'exigence technique, organiser les répétitions, c'est-à-dire bouleverser les emplois du temps de chacun, susciter la concentration, se rendre soi même disponible. Une promesse d'un immense travail, de tension nécessaire, d'une fatigue certaine. Et tout cela pourquoi ?

Il y a un réflexe mental ancien, présent depuis ses débuts périlleux à Shiwol. Tout est là, et il suffit de trouver à l'agencer. A nous de transformer cette petite île minoritaire en jaillissement collectif joyeux. Etre aussi présents qu'on peut l'être. Quelque chose comme la conjonction d'un esprit baladin, et l'intransigeance de l'art martial. Nicher la question de la vie et de la mort dans la légèreté d'un spectacle de quelques minutes. Faire du spectacle mais ne rien céder sur l'esprit qui nous tient et les techniques qui nous travaillent. Et enfin, se mettre soi même sur le gril, tant il est vrai que construire quelque chose ensemble est toujours une façon de se cuire.

arghhhh ...

Cette équipe, ce ne fut certes pas l'enrôlement des 7 samouraïs. Fragile, incertain, modeste mais avec un rien d'épique. Moyenne d'âge des heureux élus: 14 ans. Les dates de répétition furent posées, les paroles furent données, une maman par-ci qui répond, par là, un élève qui dit "oui" ... D'autres qui ne disent rien. Construire des châteaux forts sur du sable ?

Cet après-midi de vacances, Toto ne vient pas. Il était déjà partie prenante des opérations, bien en forme la veille pourtant ; mâture, stable. il a reçu l'autorisation de ses parents de rester seul spécialement à Paris pour répéter. Il n'est pas du genre à oublier, ou à se perdre, et il est toujours à l'heure. Pas de téléphone portable, Dieu sait qu'il a raison de ne pas se précipiter pour en avoir un. Mais bon, là, on voudrait bien lui parler.Bref, on s'inquiète.

Un appel au père plus tard, on apprend que Toto n'est pas venu parce que ...j'ai préféré ne pas entendre le motif de son absence, ou l'effacer sur le champ de ma bande enregistreuse. La tension n'est pas encore là, la flemme des vacances visiblement bien présente.Je lui aurais pardonné d'avoir croisé une fille, il semble que c'était un jeu vidéo.

Ce lundi, ils sont tous là, ça fait du monde en bleu marine. Il fait nuit, il est tard, on n'est pas encore bien au point. J, ceinture blanche fait remarquer qu'elle ne les avait jamais vus ces petits gars là. L'exceptionnel est là aussi : des gens qui ne se croisent pas habituellement se rencontrent. Pas le temps de bavarder, il faut raccompagner N. chez lui, on s'est engagés à le faire auprès de ses parents, merci L.

Jeudi, jour J -2

D'une exception à l'autre, la répétition d'aujourd'hui engage encore plus d'inhabituel. Les deux frères Zz ont chacun eu l'autorisation de sécher les cours pour participer à l'avant-dernière répétition. Ils ne cachent pas leur plaisir de le faire, ouvertement enfin, sans dissimulation avec un glorieux prétexte. La tour de contrôle a de nouveau pris les choses en mains, en récupérant, les zenfants les uns après les autres. Toto a bien dit qu'il viendrait de son côté ... on se demande où il est. Un texto arrive bientôt, et je manque de peu l'infarctus en le lisant "Excuse moi de ne pas venir ce soir, je suis super fatigué. J'ai eu EPS toute l'après-midi et j'ai mal partout. C'est une dure semaine. Par contre, je viens toujours vendredi soir". J'appelle en bondissant, je masque à peine les rugissements au téléphone. Bon, il vient, c'est-à-dire, il a dû sentir quelque chose comme l'absence de choix. (à suivre)

 

Festival de Bourges 2015 (1)
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