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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 09:49
    Here are some pictures of the team of Greece in action

           Viki and Johana






















                          Ioannis Karasauvas, Ilias Stefanatos
                   and Nikos Roussos performing Yukro Sa dan



                                                        Ioannis taking training notes






















              
                                Nikos Zouraris Sa Bom Nim
                                at  the airport, ready to fly...
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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 16:28

La semaine dernière, Jenny a quitté Paris pour rejoindre les States. Ceinture orange, chevelure assortie à la ceinture, elle était des plus sérieuses à l'entraînement. Elle a aidé notre groupe plus d'une fois, que ce soit  par la tempérance de son caractère ou  par son objectif photographique. Enfin, ses talents de traductrice nous manquent déjà ; ils nous avaient été particulièrement utiles pour notre travail sur les statuts européens.

Donc, Jenny, l'américaine, nous aidait à construire la Fédération Européenne ; tout comme le font d'autres citoyens américains du Moo Duk Kwan, à Rome par exemple, ou aux Etats-Unis. Jenny, pour rester à Paris était dans l'obligation d'enchaîner des "petits boulots". Comment fait-on, en 2006 pour rester en France, quand on n'est pas européen, qu'on a une vocation artistique, c'est-à-dire un métier où l'embauche à durée indéterminée n'existe pas ... Eh bien par exemple, on reste "illégal", en voguant sur les eaux grises du travail au noir et de la clandestinité. On se dit qu'on va trouver une solution, que c'est Paris, la ville où tant d'artistes ont pu faire leur oeuvre, qu'il n'y a pas de raison. On kiape fort quand on en a l'occasion, et on patiente. Jenny en a eu assez. Elle est rentrée "chez elle" parce qu'au moins, elle pourra faire des photos sans souci de papiers. Son do-bok qu'elle nous a confié est le premier étendard non permanent du Moo Duk Kwan élevé à la gloire des artistes et des clandestins. Et comme c'est un do-bok, cet étendard est blanc.

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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 14:20

Tattetan se mit à trottiner dans la rue de la Vega ... 
Ce n'est pas qu'elle en avait particulièrement envie, ni qu'elle en voyait l'absolue nécessité mais :
1) ça caillait dur.
2) elle connaissait leur tendance au papotage.
3) l'activation physique les réveillerait tout en les concentrant.

Elle attendait une plainte de Xiao Shan, qui n'arriva pas.

En entrant dans le bois encore plein de nuit, les demoiselles passèrent devant une camionnette faiblement éclairée ; ce n'était certes pas une lumière douce et tamisée, plutôt une pauvre ampoule dégageant une faible lueur blafarde et crue. Un bref instant, la dame de la camionnette considéra Tattetan et Xiao Shan, capuchonnées et emmitoufflées.
Ce fut le signe qu'elle pouvait lever le camp.

Les filles étaient seules, mais sur le périphérique qui passait juste en amont, les files d'automobiles se densifiaient.

Elles avancèrent en trottinant dans le bois, sombre, humide et mystérieux.

 Heureusement qu'au 18ème siècle, on avait, afin d'aménager le bois de Vincennes, intensément coupé les arbres. A cette époque bénie des Lumières, Tattetan et Xiao Shan devaient le fait d'oser rentrer. Avec davantage d'arbres et d'âmes errantes, on se demande comment les demoiselles auraient pu trouver le courage de préparer leur démonstration. 

Tattetan n'avait pas encore le programme intégral en tête. Elle se l'avoua à demi-mot : la nuit aurait dû lui porter conseil, et amener des éléments supplémentaires de chorégraphie ... Là, ça n'avait pas beaucoup progressé. "Peut-être, se dit-elle, est-ce dû à la brutalité de ma chute dans les bras de Morphée ? Mon corps lui sera passé entre les mains, tandis que seuls mes rêves seront demeurés accrochés à ses doigts." Elle se dit pour finir que tout cela n'était pas grave, et que s'ils y étaient, elle les retrouveraient bien la nuit suivante.

Elle proposa à Xiao Shan de commencer par 3 exercices respiratoires, Moo Pal Dan Gum. Puisque Xiao Shan les connaissait, il suffisait de caler leur souffle l'une par rapport à l'autre. Cela avait l'avantage de n'être pas trop fatiguant pour un début, et de pouvoir fonctionner comme un diapason. Ensuite, le travail en synchronie serait plus aisé. Assez rapidement, elles furent ensemble. Ce qui leur permit de travailler peu après la forme des Sept Etoiles, deuxième du nom, Chilsong Iro.

Elles virent le jour poindre à l'horizon. Le ciel devint blanc, puis rosé. Ce serait une belle journée, et elles l'avaient vu naître. Il n'était pas loin de 8 heures. Le périphérique rugissait plus que jamais et Tattetan pensa qu'il fallait se presser. La directice, sans aucun doute, se fichait pas mal des Chilsong au lever du jour. Tattetan eût beau se le dire, elle arriva, comme le jour d'avant, en retard.
                                                          (A suivre)

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25 décembre 2006 1 25 /12 /décembre /2006 09:42

                  Sa dan candidates performing Yukro Sa dan
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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 23:07
Après avoir englouti son menu quick, Tattetan annonça à Xiao Shan le programme qu'elle prétendait avoir concocté ; c'était en fait plutôt l'ébauche d'un programme, et il venait de lui traverser l'esprit.
"Réveil à 6h30" : cela sonna aux oreilles de Xiao Shan comme un couperet qui venait de tomber. Elle ronchonna comme à son habitude. Elle savait pourtant que ce réveil matinal était nécessaire, voire incontournable. Il n'y avait pas 36 solutions, il fallait bouleverser ses habitudes et prendre le temps là où il se trouvait, c'est-à-dire sur les heures de sommeil. Xiao Shan, pessimiste de nature, se coucha en songeant à la nuit qui allait lui filer entre les doigts, et à la fatigue qu'elle ressentirait à son réveil.

 
6h30. La musique maudite de son réveil retentit. Xiao Shan ouvrit les yeux ; son corps encore tout engourdi par le sommeil n'avait pas eu le temps de se détendre. Elle eut pourtant le courage de s'extraire de son lit. Elle savait vaguement ce qui l'attendait mais cela restait encore abstrait. Il faisait nuit et le froid ne l'avait pas encore transpercée.
Tattetan se  leva sans trop de difficultés, habituée aux entraînements extrêmes. Xiao Shan tint à prendre son petit déjeuner. Elle affirma ne pouvoir faire aucun effort sans avoir pris des forces auparavant. Plus probablement, tout était prétexte à retarder le moment où il faudrait franchir le hall si bien chauffé de son immeuble. Tattetan sauta dans son survêtement bleu lamé, frappé des lettres sacrées. Elle était gonflée à bloc, et se tenait près de la porte. Xiao Shan sentit une légère pression. Elle enfila son pantalon de jogging noir et son sweat jaune. Echarpe, gants, elle n'oublia rien, elle savait qu'elle aurait froid. Le hall de l'immeuble franchi, elles se dirigèrent vers le bois. Tattetan se mit à courir, Xiao Shan suivit. Là, elle prit conscience de l'entreprise dans laquelle elle s'était embarquée. Il faisait froid, très froid.
A l'entrée du bois, elles croisèrent plusieurs joggeurs et autres promeneurs de chien. Xiao Shan, peu habituée à ce genre d'aventure ne pensait voir âme qui vive. Et pourtant, il y avait une vie à 7heures du matin. Son expédition au bois lui paraissait folle ... eh bien non, elle ne l'était pas, ou alors les fous sont nombreux parmi nous.
L'échauffement entamé, elle sentit son petit déjeuner peser dans son ventre. Les choses sérieuses commençaient. Une chose était sûre : la prochaine fois, elle ferait une croix sur son petit déjeuner.
                                                           (A suivre)
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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 06:43
These pictures were taken the 22d of october 2006 at Hersonissos, Crete. Several demonstrations of this day were performed by practitionners who never met before. In a short time of preparation, thanks to Moo Duk Kwan technics standardization, they were able to practice together.     

          International (US-Australia-Swiss) female Po Wol hyong




                          US-Korean children Chilsong Ilo hyong

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21 décembre 2006 4 21 /12 /décembre /2006 13:06

Hier après-midi, 20 décembre s'est déroulé au Centre J. Verdier le passage de grades de Décembre. 25 enfants de 4 à 6 ans se sont présentés, tous très élégants avec leur do-bok et leur écusson géant sur la poitrine. Les parents et accompagnateurs ont pu assister au petit examen. Les enfants ont sans exception été particulièrement concentrés sur leurs techniques et ont donné le meilleur d'eux-mêmes, bien que la véritable épreuve ait plutôt consisté pour eux à rester silencieux, assis en tailleur en attendant leur tour.

Le grade que nous leur avons proposé est le "9ème gup 1/2 " , si l'on peut s'exprimer ainsi. Tandis que le cursus adulte commence à 10ème gup et va décroissant jusqu'au 1er gup, avant de devenir croissant au niveau dan, pour les jeunes enfants, nous mettons des paliers intermédiaires, symbolisés par une bandelette de couleur différente sur la ceinture. Ainsi, si les enfants persévèrent dans la pratique du Soo Bahk Do, nous leur proposerons de passer le 9ème gup en juin. Mais il y aura d'autres échéances avant, nous en reparlerons.

Bonnes fêtes à tous !

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 10:00

Le récit qui suit explique en plusieurs épisodes, comment deux demoiselles ont maintenu allumée la flamme du Moo Duk Kwan en dépit des vents violents ayant soufflé sur Paris cette semaine là.

Jeudi soir 1er décembre, Tattetan apprend au téléphone qu'aucun des amis qu'elle avait invités le 9 ne fera finalement le voyage.

Comment cette histoire avait-elle commencé, impossible de s'en souvenir vraiment. Cela devait remonter à plusieurs mois en arrière, si ce n'est plus.

Pendant un temps, elle n'y avait plus pensé ; et à nouveau l'idée était revenue, comme si elle ne l'avait jamais quittée. A bien y réfléchir, c'était peut-être une idée de petite fille qui veut préparer un spectacle de danse avec ses copines et épater les parents. Ou une lubie d’adolescente ayant voulu fuguer cinquante fois mais ne l'ayant jamais fait, qui adore les road-movies parce qu'il y a toujours une panne de voiture au milieu de nulle part et qu'il faut pourtant, pour que le film continue, sortir du désert. Ou une construction mentale venue de ses lectures post-ado, des histoires de camarades qui s'unissent, piquent des canons à une armée d'occupation trop sûre d'elle, et gouvernent Paris pendant trois mois avant de se faire finalement massacrer. Comme le dit souvent Baruch, le vendeur de lentilles de son quartier, " les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions mais ignorants des causes qui les déterminent".
C’était en tout cas une belle idée de Soo Bahk Do, ça, elle en était sûre ; une manière d’être au plus près de ce qu’est dans le fond, le Moo Duk Kwan.

Le vendredi, elle a encore pensé à faire venir des gens d'ailleurs. Mais d'où ? Il fallait arrêter de patauger dans l'ailleurs pour s'occuper de l'ici et maintenant.

Le samedi soir, au moment de se coucher, à moins que ce ne soit le dimanche matin, les choses avaient cheminé en elle ; Elle allait se rendre au rendez-vous d'Elbeuf, pris depuis le mois d'août, même si ce devait être seule. Après tout, c'était conforme à sa maxime d'autonomie : "ne compter que sur ses propres forces". Surtout si elles sont faibles.

Le dimanche dans l'après-midi, elle a appelé la seule personne susceptible de l'accompagner dans son road-movie chorégraphié au milieu de nulle part, sans les parents et sans le massacre : Xiao Shan, le petit volcan.

Après avoir mangé ses frites, tantôt de la main droite tantôt de la main gauche, puisqu'il lui en fallait toujours une de libre, soit pour tourner la poignée de l'accélérateur, soit pour serrer le frein, Tattetan descendit de son pégaze mécanique. Quelle fatigue déjà, et rien n'avait encore commencé! C'était peut-être l'alternance frein, accélérateur, frite. La lune était quasiment pleine, en arrivant près du bois, et cela lui donna une idée de la grandeur de cette fatigue.

Tattetan a proposé à Xiao Shan de s'installer chez elle. Il restait 6 jours avant le rendez-vous d'Elbeuf. C'est très court dans les conditions d'entraînement régulières, mais ça pouvait se révéler assez long à condition de changer de rapport au temps : le prendre où il est, au lieu de se laisser prendre par lui. Il fallait se donner le temps de la préparation, du travail, de la recherche. Il fallait se le donner. Fidèle à sa réserve, Xiao Shan n'a pas beaucoup manifesté. Le rendez-vous pour le lendemain soir était pris.

                                                     (A suivre)

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 09:59
Nous avons été invités le 9 décembre 2006 au gala d'arts martiaux de Elbeuf en Normandie organisé à l'occasion du Téléthon. Le maître d'oeuvre de  ce gala, M.  Jean-Marc Gracia nous avait demandé une petite introduction. A vous qui n'y étiez pas, voici l'humble petit discours qui a été prononcé par l'organisateur pour présenter notre programme.
A venir très prochainement sur ce blog, l'épopée de la préparation de cette démonstration ; les occasions sont infinies d'apprendre des nouvelles situations que la vie nous présente, et d'expérimenter l'importance de l'esprit Moo Do.

Présentation de la démonstration de Soo Bahk Do Moo Duk Kwan, par le club Shiwol do-jang de Paris :

Le Moo Duk Kwan est une Ecole martiale traditionnelle coréenne, fondée à Séoul par le Grand-Maître Hwang Kee en 1945, à la fin de  30 ans d'occupation japonaise.

A cette époque, le Grand-Maître Hwang Kee est très soucieux de retrouver les techniques martiales proprement coréennes. C'est dans ce but qu'il nomme son art martial SOO BAHK DO, en référence à l’art martial ancestral à mains nues pratiqué dans l’aristocratie coréenne. Il publie le premier livre moderne d'arts martiaux en 1949.

Le style du Soo Bahk Do se caractérise par une utilisation des hanches dans tous les mouvements. Il est à la fois puissant et souple. Dans l'apprentissage, l'accent est mis sur les enchaînements techniques codifiés.

La démonstration de ce soir est présentée par Elodie Mollet, 2ème dan, instructeur, régulièrement récompensée  au niveau européen en technique et combat. Elle est accompagnée par Agnès Torresi, ceinture verte, qui pratique le Soo Bahk Do depuis 1 an.

        Programme :

1) Trois Mouvements respiratoires : MOO PAL DAN GUM

2) Mouvements de base : KICHO
Ici, pratiqués en face à face.

3) Enchaînement CHILSONG IRO HYONG.
Pratiqué ici en miroir, cet enchaînement s’apprend au bout d’une année de pratique.

4) Techniques de combat à un pas :
IL SOO SIK DAERYON pratiquées en même temps, de manière chorégraphique, puis en applications.

5) Enchaînement codifié CHILSONG SARO HYONG.
Cet enchaînement s’apprend à partir de 2ème dan.

6) Casse : KIOK PA
En coup de pied sauté retourné, dui dolio chagui.

(Les applaudissements nourris du public ravi n'avaient pas été prévus dans notre programme)

Ci-dessous l'article de présentation du Gala paru dans le journal local -la photo, c'est un duo mixte de Soo Bahk Do sur une variation en Jang kap kwon kong kiok-.

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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 09:36
(De notre envoyé spécial a Bruxelles)

La plaisanterie culottée de certains journalistes de la RTBF -chaîne de télévision belge francophone-, à faire palir de jalousie les intermittents du spectacle de France, a provoqué une vive réaction depuis la semaine dernière en Belgique.

Au moment où tous les honnêtes gens, fatigués de leur journée de travail baissent leur garde face au monde et allument leur poste de télévision, entre 20 et 20h30, un flash spécial a présenté aux téléspectateurs l'inimaginable : la secession de la Flandre, et la fuite du roi (la rumeur disait "en direction de Kinshasa" ...).

Pourquoi ce canular serait-il impossible en France ?

Sur une chaîne nationale, personne ne serait prêt à prendre de tels risques pour sa place et la suite de sa carrière. Si les intermittents ont réussi à plusieurs reprises à utiliser la complicité d'employés de la télévision, il leur a toujours fallu un élément de violence pour "prendre l'espace publique" ne serait-ce que quelques minutes (on se souvient de l'envahissement du plateau de la Star Académy ou celui de la cérémonie des Césars). C'est dans la mesure où ils mettaient à nu la nécessité de cet élément de violence que leurs actions servaient véritablement leur cause.

Ce qui est épatant dans le cas du canular de la RTBF, c'est que c'est un journaliste investi de la parole "vraie", (imaginons un PPDA en France) qui s'est mouillé. Et ce faisant, il s'est montré plus que jamais, journaliste : il a joué avec ce qu'il représente comme corps, visage et discours, pour des dizaines de milliers de braves gens crédules. Il a donné du jeu entre les représentations dominantes que génère à chaque seconde l'écran de télévision, et le réel. Il est intéressant de savoir que tous les signes offerts aux spectateurs que ce flash était un faux sont passés inaperçus. Preuve que le vide entre représentation et réel, même s'il est offert, n'a pas été saisi par la majorité des récepteurs que sont les téléspectateurs.

Dignes successeurs de Magritte, les concepteurs du canular, même s'ils ont été rappelés à l'ordre, s'en sortent pour l'instant indemnes. Et selon des informations récentes, le canular commence à produire des effets intéressants : on apprend aujourd'hui par exemple le rapprochement des rédactions de grands journaux, l'un wallon, l'autre flamand, pour "lutter contre les stéréotypes".

Même si ce projet nous semble digne de Sysiphe -il demanderait une révolution complète du système de circulation de l'information, du système de production, du rapport à l'image animée ...-, il a le mérite de montrer qu'un grand éclat de rire malicieux bien placé peut beaucoup plus qu'on ne le pense.

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