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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 09:42

 Ei. n'arrive plus à rentrer dans la salle. Sa maman l'a amené à plusieurs reprises au cours ces dernières semaines, et l'enfant s'est mis à pleurer au moment de rentrer.

Aujourd'hui, sa maman pénètre dans la salle avec lui et nous demande ce qu'il faut faire. Ei. pleure un peu, se plaint, bougonne, mais il y a quelque chose qu'il ne veut pas. Je mentionne la fois où Ei. est monté sur les tapis, pendant que de dos, j'enfilais ma veste, et la pile des lourds tapis qui s'est écroulée, menaçant les enfants tout autour d'être assommés : on est rarement seuls dans ses exploits, ou dans ses bêtises. Nous avons bien bien crié ce jour-là, particulièrement sur Ei -qui aime déjà bien défier l'autorité-. Mais Ei. quand on le lui demande dit que ce n'est pas cela. La maman propose de rester, ce que nous accordons, et l'enfant retrouve ses voisins de ligne ses copains, et le sourire presque immédiatement.

Question du jour car il semble qu'il faut parler aujourd'hui :

"Pourquoi est-ce qu'on met le do-bok pour l'entraînement ?

Ei. veut répondre le premier. "Pour ne pas abîmer nos vêtements", plusieurs lèvent le doigt pour répéter la même chose. L'argument pratique du début d'année a bien été entendu. G. l'artiste italien propose : "si on mettait un pull en laine, on serait tentés de jouer avec les petites boules de laine, et ça abîmerait le pull".

Oui, sauvons les pulls !

"Mais pourquoi, à votre avis, est-ce que ce vêtement est blanc ? Pourquoi pas en couleur ?

Ed. lève la main. "Blanc, ce n'est pas une couleur". Vraiment, ces petits sont étonnants. Je reprends donc la question.

"Pourquoi ce vêtement est-il blanc, que le blanc soit une couleur ou pas ?"

La maman de Ei. se lève discrètement, fait un signe à son fils qui a tourné la tête vers elle et lui envoie un baiser, puis elle ferme la porte doucement derrière elle.

La discussion se poursuit, sur une veine assez poétique : le blanc du do-bok de la page où on peut écrire, dessiner ou colorier, mais aussi celui de la page qu'on peut/doit tourner à chaque nouvel entraînement, tout en conservant quelque part les pages précédentes. 



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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 08:20

 Naviguant de bon matin sur les vagues de la toile, nous tombons sur une discussion de 2009, dans un forum. Les interlocuteurs sont cultivés polis et convaincus, et la discussion par conséquent assez intéressante. Il s'agit de décider si l'appellation "art martial traditionnel coréen" peut s'appliquer avec raison ou pas, au Soo Bahk Do.

Nous avons dans les pages de ce blog été travaillés par la question et avons à plusieurs reprises essayé d'éclairer le terme "tradition" (tradition 1, tradition 2, tradition 3qui est la cause de bien des malentendus. Pour l'un des interlocuteurs du forum, si l'on ne veut pas abuser du terme "tradition" il faudrait quantifier ce qui, dans une pratique est traditionnel et ce qui est moderne. Et à partir de ce pourcentage, valider si c'est un art moderne ou traditionnel. Savant dosage, qui ressemble à la pesée des âmes après la mort pour savoir si on les envoie en enfer ou au paradis. "Soit on fait du traditionnel, soit on fait du moderne", dit le même interlcuteur. 

Pour avancer et essayer de mieux comprendre de quoi on parle, on devrait commencer par dire que tous les arts martiaux coréens, sous la forme que nous avons reçue sont et ne peuvent être que modernes

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- D'abord du simple fait qu'ils nous sont parvenus, à nous occidentaux de bonne volonté (mais tendanciellement un peu paresseux et distraits quant à l'exigence d'un art asiatique). S'ils nous sont parvenus, c'est que quelque chose a permis qu'ils circulent d'une part, et qu'ils s'implantent d'autre part. Ce qui permet leur circulation, et donc leur conservation dans d'autres espaces que leur lieu d'origine, c'est un certain type de formalisation. Nous entendons par formalisation un programme d'enseignement fixé, correspondant à des niveaux, niveaux validés par des grades (ceintures ou autres), qui permet à l'élève de se rendre compte de sa progression. Peut-on imaginer un art martial coréen où un élève resterait ceinture blanche toute sa vie de pratiquant, jusqu'au jour lointain où peut-être le maître lui proposerait d'enseigner à son tour ?

L'occidental a un besoin viscéral de se sentir progresser, c'est-à-dire de recevoir la marque visible de sa progression ; il a aussi un fort besoin de se différencier, c'est-à-dire d'être reconnu pour lui-même. Enfin, il a besoin de frontière ou séparation symbolique : la ceinture noire, dans l'imaginaire occidental est la frontière entre le pratiquant lambda, et le bon pratiquant. 

Ainsi ce système protocolaire des grades et ceintures que nous aurions de prime abord tendance à considérer comme "traditionnel" pourrait bien plutôt être vu comme ce qui est moderne, parce qu'il a permis que des élèves occidentaux en nombre consistant, s'investissent dans une pratique.*

 Mais pourrait-on nous objecter : ce système est ancien, et existe depuis longtemps dans certaines disciplines. Oui, certes admettons. Mais ce système de grades prend une autre signification en Occident. On peut très bien penser qu'en Asie, traditionnellement, recevoir un grade a une signification telle qu'elle induit dans le même temps des obligations par rapport au groupe : responsabilité, maintien d'une cohésion, éducation des plus jeunes recrues. Dans nos pays de l'Ouest, de nos jours, celui qui reçoit une ceinture noire ou l'équivalent voit d'abord (et souvent presque exclusivement) la récompense de ses efforts et sa réussite propre. Si on lui dit qu'il doit s'engager dans telle ou telle tâche d'édification du do-jang, il le comprend comme quelque chose qui vient de l'extérieur, et comme une contrainte, mais non pas comme faisant partie intégrante de son grade. Faire comprendre à un occidental que sa réussite propre doit être en dialectique étroite avec ce qu'il rend au groupe qui le lui a permis est un grand travail auquel probablement, tous les instructeurs d'arts martiaux dits "traditionnels" sont au prise quotidiennement.

- La seconde raison pour laquelle on devrait dire que tous les arts martiaux coréens sont modernes est que la notion même d'art martial coréen peut être questionnée. Si l'on prend les processus de diffusion des techniques et des pensées en Extrême-Orient, on s'aperçoit qu'ils n'ont été possibles qu'à condition que la question nationale soit minorée voire ignorée. Savoir si telle technique de céramique était coréenne ou japonaise n'était simplement pas une question. Ce qui l'était par contre, c'est qu'elle était nouvelle, qu'elle produisait de beaux objets. Phénomène identique pour la diffusion du Ch'an (Zen) chinois au Japon et en Corée. Qui voulait s'instruire à la source sur le bouddhisme devait se rendre en Chine (voir dans ces pages les articles concernant Dôgen ou Choi Chi-won). Et les chinois eux-mêmes, pour avoir ces connaissances ont dû aller les chercher (voyages, traductions ...) comme en témoigne le roman de Wou Tch'eng-en Le singe pèlerin ou le pèlerinage d'Occident. 

La modernité de la Corée, c'est de faire des arts et produits culturels un espace d'affirmation nationale. Ce besoin d'affirmation qui va aisément jusqu'au nationalisme s'explique notamment par l'histoire de ce petit pays, récente avec la douloureuse occupation japonaise de 1910 à 1945, puis la séparation en deux espaces, Sud et Nord après la guerre de Corée. Mais si l'on va un peu au-délà, on doit se rappeler que la dynastie Yi qui dura la bagatelle de 6 siècles fut pendant longtemps inféodée à la Chine. Que les invasions japonaises furent nombreuses etc.

De ce point de vue, on peut aisémant comprendre que les japonais n'apprécient guère que l'on fasse remonter les sources de l'Hapkido à l'Aikido. La vision aristocratique de l'art des japonais, très sensible dans l'Aikido et la personalité religieuse de Maître Ueshiba ne correspondent guère à l'esprit de l'Hapkido d'aujourd'hui, qui se veut viril, efficace et tout désigné pour les interventions de police. 

 Mais alors quel sens cela peut-il avoir de parler d'art martial traditionnel coréen ?

C'est ce que nous essayerons d'expliquer dans ces pages lors d'un très prochain article.

 

*Le fait de chercher à obtenir suffisamment d'élèves rattachant l'art martial à la modernité.

 


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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 09:08

 

 

Houei-neng était un jeune garçon qui subvenait à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa mère en vendant du bois sur le marché. Un jour, après avoir livré un client, Houei-neng en passant la porte, entendit provenant de la rue au-dehors, des paroles qui le saisirent. Il demanda à celui qui les avait prononcées d'où il les tenait. L'homme lui répondit qu'il s'agissait du sûtra du diamant, qu'il avait appris au monastère Feng-mao sur le mont Houang-mei où il avait séjourné. On prêtait à ce texte sacré des vertus puissantes, comme celles de permettre d'accéder directement à l'Eveil par la compréhension immédiate.

Houei-neng en fut bouleversé.

Après des adieux à sa mère, il prit la route pour se rendre au monastère.


Houei-neng y fut accueilli par Maître Hong-jen, qui lui demanda :

- Que viens-tu faire et qu'attends-tu de moi ? 

-Je ne suis qu'un pauvre garçon du peuple du Sintchéou. Si je suis venu de si loin, c'est pour vous présenter mes respects. Je ne cherche rien d'autre que l'enseignement qui permet de devenir un Bouddha.

- Tu n'es qu'un barbare. Comment peux-tu espérer devenir un Bouddha ?

- Sans doute existe-t-il des hommes du Sud et des hommes du Nord mais il n'y a ni sud ni nord dans la nature de Bouddha. Mon corps diffère du vôtre mais non ma nature profonde.

Le Maître fut frappé par cette réponse, il aurait souhaité poursuivre l'entretien mais la présence d'autres moines le retint. 

Houei-neng fut envoyé dans les cuisines, où on lui confia la tâche de piler le riz et d'éplucher les légumes.


Quelques temps plus tard, le Maître Hong-jen réunit les moines pour leur annoncer :

- Rien n'est plus important pour l'homme que la question de la vie et et de la mort. Pourtant vous, mes disciples, au lieu d'essayer de vous évader du cycle des naissances et des morts et de sortir enfin de l'océan de douleurs, vous pensez seulement à gagner par vos mérites le champ de bénédiction. Si votre nature est encore aveuglée, comment pourriez-vous entrevoir la porte de la libération ? Retournez dans vos cellules et cherchez par vous-mêmes la sagesse suprême (prajna) elle seule permet de voir sa nature profonde. Que chacun de vous compose une stance à ce sujet. Si je me rends compte que l'un d'entre vous a acquis la compréhension intime, je lui remettrai la robe et lui communiquerai le Dharma, ce qui fera de lui le 6ème patriarche. Retirez-vous et faites vite, une longue réflexion est tout à fait inutile.


En quittant la salle, les disciples se disaient entre eux :

" A quoi bon écrire cette stance et la soumettre au patriarche ? Le patriarcat ne peut revenir qu'à notre instructeur, le doyen Chen-sieou. Quand il aura reçu le Dharma, nous nous en remettrons à lui ". C'est ainsi que l'esprit en paix, aucun ne prit la peine d'écrire la stance.


De son côté, dans sa cellule, Chen-siou était tiraillé :

"Aucun des moines n'osera rentrer en compétition avec moi, leur instructeur. Si je ne présente pas ma stance, comment le patriarche pourrait-t-il juger de ma compréhension ? Si en quête du Dharma, je lui remets ma composition, mon intention sera pure. Mais si j'agis en vue d'obtenir le patriarcat, je ne serai qu'un intrigant et je me rendrai coupable d'usurpation en prenant la place d'un saint. Mais si je ne présente pas ma stance, j'aurai perdu toute chance d'obtenir le Dharma. Je ne sais vraiment que faire."


Finalement, Chen-siou décida, au lieu de la remettre au patriarche, d'aller écrire sa stance sur le mur du corridor sud, sur le point d'être repeint. Il pensa que si le maître approuvait la stance, il irait se prosterner devant lui, en lui disant qu'il en était l'auteur ; en cas contraire, que de temps perdu sur cette montagne, et que d'hommages reçus non-mérités !

A minuit, à la lueur de la torche, sur le mur du corridor sud, Chen-siou écrivit :

 

Ce corps est l'arbre de l'Eveil.

L'esprit est comme un miroir brillant

Efforcez-vous de le polir sans cesse

Afin que la poussière n'y puisse s'y déposer.

 

Le lendemain, Maître Hong-jen passant dans le corridor découvrit la stance sur le mur. Il réunit les moines, fit brûler de l'encens et dit :

-Vous tous, ne manquez pas de réciter cette stance. Grâce à elle, vous pourrez contempler votre propre nature. Si vous la mettez en pratique, vous ne sombrerez pas !

Tous les moines éprouvèrent une vive admiration, la récitèrent tous ensemble et s'exclamèrent : "quelle merveille !"


Le soir, Maître Hong-jen fit venir Chen-siou dans la grande salle.

- C'est bien toi, Chen-siou, qui a écrit la stance ?

- C'est bien moi Maître, afin que vous jugiez de mon humble sagesse et de la profondeur de ma compréhension.

- La stance montre que tu approches, mais tu as seulemnt atteint le seuil sans pouvoir le franchir. Va donc et médite encore quelques jours avant de me présenter une nouvelle stance. Si elle témoigne que tu es arrivé là, je te remettrai la robe et le Dharma.


Ce même jour, Houei-neng entendit un jeune moine qui récitait la stance. Il lui demanda de quoi il s'agissait. On lui raconta toute l'histoire. Houei-neng demanda alors :

-Depuis plus de six lunes que je suis ici, je n'ai pas pu m'approcher de la grande salle. Pourrais-tu m'amener jusquà elle, que je puisse moi aussi voir la stance, et la réciter afin de renaître dans une terre de Bouddha ? Houei-neng fut conduit devant la stance, il lui rendit hommage. Puis comme il était illettré, il demanda qu'on la lui lise. Ayant pénétré sa signification, il en composa une à son tour, qu'il demanda au moine qui l'accompagnait d'écrire sur le mur.

 

A l'origine, il n'y a pas d'arbre de l'Eveil

Ni non plus de miroir brillant

La nature de Bouddha est par elle-même vacuité

Où dont pourrait se déposer la poussière ?

 

Puis Houei-neng retourna à son travail en cuisine. Une grande agitation régnait dans le monastère, que Hong-jen s'efforça de calmer en disant que cette stance aussi était insuffisante.

Cependant, il fit venir Houei-neng en secret le soir dans la grande salle. Hong-jen lui donna la quintessence de son enseignement. 

-Maintenant que je t'ai transmis le kasâya (robe) et l'enseignement, tu es devenu le sixième patriarche. La robe qui n'est transmise qu'à un seul de génération en génération en est le témoignage. Le Dharma qui ne se communique que de coeur à coeur est propre à conduire directement les hommes jusqu'à la révélation de leur nature profonde.

Puis il ajouta :

- Depuis les temps anciens, chaque fois que le Dharma est ainsi transmis, la vie du moine qui devient le nouveau patriarche ne tient qu'à un fil. Si tu restes ici, tes jours seront en danger. Tu dois partir.

Houei-neng prit la route, accompagné jusqu'au fleuve par le cinquième patriarche, puis il continua seul. Des centaines de moines se lancèrent effectivement à sa poursuite. Il dut attendre une quinzaine d'années avant de sortir de l'anonymat, puis de fonder un monastère sur le mont Ts'ao-ki. Il y vécut et enseigna trente six années, avant de s'y éteindre en 713.


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Sources principales :  

- Les Maîtrez Zen, J. Brosse (Albin Michel)

- La pratique du Zen, Taisen Deshimaru (Albin Michel)

- Petite histoire du Tchan, Nguyen Huu Khoa (Point, sagesse)

 


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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 07:53

 

"En vue d'une actualisation du soi, la philosophie et la culture orientales ont traditionnellement fourni un riche héritage de méthodes holistiques et non-dualistes à l'égard du corps-esprit. Dans beaucoup de formes de religions et de philosophies orientales, notamment dans le bouddhisme, l'accent n'est pas mis sur l'adoration d'un être transcendant mais plutôt sur le processus d'actualisation du soi. Cette tendance de la religion s'est transmise à divers aspects des arts en Orient, si bien qu'au Japon, par exemple, il existe de nombreuses "voies de l'illumination" telles le judo, le kendo, le kado -arrangement des fleurs-, le sado-art du thé-. Ces arts visent à l'intensification de la conscience par le contrôle du corps (...)

Les participants à une cérémonie du thé, par exemple, peuvent accéder à une sorte d' "état modifié de conscience" grâce à des modifications dans les configurations de stimuli sensoriels, telles celles qui résultent de postures strictes, de mouvements raffinés et grâcieux, d'une respiration réglée, du parfum de l'encens qui brûle, du son monotone mais paisible de l'eau qui bout dans une bouilloire de fer, du goût délicat du thé et d'autres aspects tranquillisants du lieu réservé à la cérémonie du thé. C'est sur ce fond psychophysiologique qu'est enseignée la cérémonie du thé, qui peut s'exprimer succintement par les mots ichigo, ichie, c'est-à-dire "une occasion, une rencontre".

Cette philosophie admet que la cérémonie puisse être la première et la dernière occasion de faire du thé, et de rencontrer ces invités particuliers, dans cette maison de thé. C'est une leçon de la nature que chacun est destiné à mourir, bien que les gens aient tendance à l'oublier dans leur vie quotidienne. Cette acceptation lucide de la nature et de la loi de l'existence fait que l'on fera tout son possible pour préparer chaque bol de thé avec une affection profonde pour chaque invité. 

propos de Yujiro Ikemi et Akira Ikemi, cités dans Le rire du tigre, Marc de Smedt

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 10:12

Ce moment particulier où vous êtes dans l'urgence de réaliser un acte simple, répété des milliers de fois et, où votre disque interne se bloque, ne trouve plus les informations. Par exemple en conduisant, quelqu'un vous demande si votre siège n'est pas trop près du volant. Réflexion faite oui, peut-être, le siège est trop près du volant, mais cela ne vous gêne pas tellement ; vous avez déjà conduit des centaines de kilomètres ainsi. Mais quand même, cela vous fait vous interroger globalement sur votre position, sur ce qu'il faut faire pour conduire.

Pendant ce temps la petite voiture descend dans la pente prend de la vitesse le virage en épingle à cheveu n'est plus qu'à une cinquantaine de mètres et vous voilà à vous demander sous lequel de vos pieds se trouve la pédale de frein l'accélérateur et l'embrayage. De toutes façons il y a déjà un problème il y a trois pédales mais vous n'avez que deux pieds alors comment faire ?

 La petite voiture n'est plus qu'à une trentaine de mètres et vous êtes bien incapable de choisir votre pédale mais maintenant vous avez conscience que si vous faîtes le mauvais choix en appuyant sur l'accélérateur plutôt que sur le frein vous emmenerez votre chère maman et vous-même dans le décor certes un beau paysage mais enfin un décor dans lequel vous n'aurez plus le loisir de vous poser tant de questions. La voiture n'est plus qu'à une vingtaine de mètres et vous savez aussi que votre vénérable maman fait un véritable effort pour vous prêter sa voiture car elle y apporte un très grand soin et d'ailleurs à chaque fois qu'elle vous laisse conduire elle ne peut s'empêcher d'aller discrètement vérifier si vous n'en avez pas rayé la carosserie pas vous bien sûr mais tous les individus malveillants qui voyant une si jolie voiture si bien soignée n'ont qu'une idée l'abîmer. Enfin en réalité ça peut être vous aussi qui rayez la voiture mais on ne le dit pas c'est sous-entendu depuis ce jour de vos vingt ans où avec des copains un peu excités et bruyants vous êtes rentré dans un pylone en marche arrière avec une autre voiture bien soignée de votre maman déjà. Une réputation pour la vie. Un erreur de pédale et on dira c'est sûr aussi que vous conduisez mal ou trop vite bref pas correctement et surtout que vous ne respectez pas la boîte de vitesse des voitures alors que c'est ce qui coûte cher dans les voitures la réparation de la boîte de vitesse. Déjà elle a pas d'argent et en plus elle abîme tout. Raison pour laquelle prêter une voiture à cette fille parce qu'on veut lui faire plaisir est vraiment la pire des idées la preuve. 

La voiture n'est plus qu'à une dizaine de mètres du virage et vous choisissez une pédale car au fond de vous vous sentez que la seule façon de vous en sortir est empirique. Vous devez expérimenter quelle pédale est la bonne parce que l'information reste introuvable et plus vous cherchez la réponse plus les réponses qui se présentent vous éloignent de la réponse dont vous avez maintenant absolument besoin. Cela tombe bien que vous ayez enfin pris cette décision car le virage n'est plus qu'à cinq mètres. Bing blang catatrouf pok.

La voiture hoquète bien que je regarde la route je sens le visage de ma mère qui se tourne vers moi avec une expression d'incompréhension de crainte et de colère. C'est dingue comme les arts martiaux développe la vision panoramique. Le temps de rectifier l'erreur qui s'est enfin déclarée. Une voix douce et tranquille pour s'excuser de cet accroc de conduite probablement dû à de l'inattention. 

 


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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 13:16

 

 

Ceux qui, au temps jadis, désiraient faire briller leur vertu aux yeux du monde commençaient par mettre de l'ordre dans leur pays ; ceux qui désiraient mettre de l'ordre dans leur pays commençaient par faire régner l'ordre dans leur famille ; ceux qui désiraient faire régner l'ordre dans leur famille se cultivaient eux-mêmes d'abord ; ceux qui désiraient se cultiver eux-mêmes commençaient par corriger leur propre cœur ; ceux qui désiraient corriger leur propre cœur devaient d'abord cultiver leur bonne volonté ; ceux qui désiraient cultiver leur bonne volonté devaient d'abord essayer d'atteindre la connaissance et ils y parvenaient en étudiant les phénomènes.

Quand on a étudié les phénomènes, on peut atteindre la connaissance ; quand on a atteint la connaissance, on acquiert une bonne volonté ; quand la bonne volonté est acquise, le cœur est corrigé, quand le cœur est corrigé, l'homme est cultivé ; quand l'homme est cultivé, l'ordre règne dans sa famille ; quand l'ordre règne dans sa famille, il règne aussi dans son pays. Et quand l'ordre règne dans tous les pays, la paix règne dans le monde.

 

in La Grande  Etude ("Daxue")

oeuvre attribuée à Tseng-tseu (Zeng Zi), disciple de Confucius (Kong Zi)

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 12:59

On ne doit pas penser  

Sur l'avant et l'après

En avant en arrière

Seulement la liberté

Du point du milieu

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 08:24

Le 8 Décembre dernier a eu lieu le sixième tournoi de Noël.

36 inscrits certains enfants sur place, au dernier moment, ce qui nous a donné quelques palpitations. Hélas, nous n'avons pas de petit Jésus dans l'association qui transforme le vin en eau, ou les cartes de licence en sachets de bonbons. Mais un ange protecteur a bien voulu assurer l'autosuffisance.

Le tournoi de cette année était placé sous le signe du voyage, puisque Shiwol avait décidé de réduire les lots distribués dans l'optique d'utiliser les engagements récoltés pour financer un futur déplacement en Suisse au prochain stage européen, à l'été 2014.

Cette fois, un grand groupe de ceintures blanches s'est présenté, affamé et tourbillonnant, du haut de leurs 5, 6 ou 7 ans, chacun prêt à passer aux choses sérieuses. On ne sait pas encore où est le sérieux, mais chacun voulait s'y frotter. 

Des règles de combat un peu différentes, inspirées de celles du festival Moo Do en Espagne, a produit des face à face plus intéressants, avec des techniques plus diversifiées, et quelques mémorables facéties. 

Enfin, nous tenons à adresser nos plus chaleureux remerciements à Manelli Grisoni, de la Mairie du 10ème, qui nous a permis d'avoir le do-jang plus longtemps qu'à l'accoutumée, à Madame Toubiana de la DJS ; à Antoine Prost de l'OMS du 10ème, pour son soutien multiforme. Aux gardiens du gymnase J. Verdier pour leur aide à l'installation et leur patience.

A Caroline Leroy qui a gardé précieusement la table gâteaux et boissons, même quand une horde affamée d'enfants a déferlé. Et au très valeureux encadrement composé de Olivier Goujon, Agnès Torresi, Laurent Vannini et Marie Balas, la vénérable Présidente. A Maxim Driesen, qui continue à faire et à vendre ses gâteaux à la moindre occasion. 

A Sophie Bohrt pour les photos noir et blanc. 


 

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Résultats

groupe Yongi, petits blancs 

formes 

1/ Elouan Gautier

2/ Florian Dandrieux, Philippe Belbachir, Andréa Darnois

combat :

1/ Ai-Nhi Diep (une demoiselle de 5 ans!)

2/ Victor Jean, Elouan Gautier, Florian Dandrieux

 

 

groupe Innae, orange-vert

formes

1/ Garion Lacrépinière

2/ Yanis Rahmani

 

combat

1/ Garion Lacrépinière

 2/ Solal Salem

3/ Yanis Rahmani

 

 

groupe Chong sin Tong Il, grands blanc-orange

formes

1/ Jade Rousseau

2/ Ummu Uz, Okan Uz

 

combat

1/ Okan Uz

2/ Elie Herzog

3/ Ummu Uz

 

 

groupe Kyum Son, ceintures vertes

formes

1/Ilan Rousseau

2/ Alexandre Payen

3/ Islem Zouaoui

 

combat

1/ Louis Mathis Aide

2/ Ari Bohrt, Ilan Rousseau

 

 

groupe Muk nyom, rouge et Dans

formes

1/ Adrien Lacrépinière

2/ Sambre Lacrépinière, Noé Bailly, Aymeric Zheng

 

combat

1/ Adrien Lacrépinière

2/ Thierry Zheng

3/ Théo Angignard


Résultats concours de dessins

junior 6-8 ans

1/ Darius Beylot Bauer

2/ Elouan Gautier

3/ Lou Laffon

prix du dessin en famille : Ahi-Ni Diep

 

8-12 ans

1/ Louis Mathis Aide

2/Alexandre Payen

3/ Yasmine Karaol, Jade Rousseau



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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:01

 

Il était une fois un mandarin qui possédait un chat et l'aimait beaucoup. Il en était si fier, il trouvait l'animal si extraordinaire qu'il décida de le nommer "Ciel".

Un jour, un ami lui dit :

- Permettez moi de vous faire remarquer qu'il est une chose plus puissante que le ciel, ce sont les nuages, puisque les nuages peuvent cacher le ciel.

- Vous avez raison dit le mandarin. Je vous remercie. Je vais désormais baptiser mon chat si extraordinaire de nom de "Nuage".

A quelque temps de là, un autre mandarin vint prendre le thé à la maison.

- Comment ? s'écria-t-il, vous appelez "Nuage" cet animal si extraordinaire ? Mais il est une chose bien plus forte que les nuages, c'est le vent qui les chasse devant lui.

Dès lors son maître nomma "Vent" le chat dont il était si orgueilleux.

Une semaine ne s'était pas écoulée que le maire de la ville invité chez le mandarin aperçut le chat si extraordinaire.

- "Vent" dit-il me paraît un nom bien indigne des mérites de votre animal préféré. Le vent trouve facilement son maître, c'est le mur qui peut l'arrêter.

- En effet, répondit le propriétaire du chat. Désormais mon animal le mieux aimé s'appellera "Mur".

Un peu plus tard, un étudiant qui travaillait chez le mandarin fit remarquer respectueusement au seigneur qu'il est un être capable de vaincre le mur, c'est la souris qui peut y percer son trou.

- C'est vrai, reconnut la mandarin. Je vais donc l'appeler "Souris".

Alors vint à passer le petit garçon du jardinier.

-"Souris" ! s'écria-t-il en riant, mais il y a quelque chose de bien plus puissant que la souris, c'est le chat qui l'attrappe et la mange.

Monsieur le mandarin comprit alors sa vanité. Désormais, il appela cet animal dont il était si fier, du plus beau des noms qu'on pût lui donner : "Chat".


1383162 479418558822660 1272453171 n

 

Conte du Vietnam, Madeleine Riffaut

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 09:51

 

Ce matin, on frappe à la porte ; un recommandé. La FFTDA nous écrit. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas pris la peine de nous parler. La dernière fois que nous avions eu affaire à elle, c'était il y a plusieurs années. Nous avions reçu une invitation à une réunion du comité de Paris, à laquelle nous nous étions naïvement rendus pour nous tenir informés des activités des arts martiaux coréens à Paris ; nous avions appris après quelques instants que ... nous n'avions pas le droit d'y voter. Un peu gênés, les responsables de cette réunion cherchaient à éviter la fâcherie. Pour nous convaincre de leurs bonnes intentions, ils nous donnèrent une tâche : secrétaire de séance. 

Chacun appréciera : je ne portais pourtant pas, ce jour-là, ma mini-jupe en skai, ni n'avais chaussé mes escarpins à talon haut. Promue derechef de sans droit à secrétaire de séance, quel honneur ! 

Ayant de mauvaises habitudes depuis l'école primaire, j'étais sur le point de me démener en prise de note et autres reformulations élégantes pour me sauvegarder de ce qui ressemblait fort à une insulte. Las, je compris assez vite que la réunion était déjà faite, le PV était prêt, il ne restait plus aux participants qu'à le signer, sauf la secrétaire de séance, bien sûr, la potiche de service à l'ascension fulgurante. Le grand style littéraire n'était donc pas d'actualité. Plus tard, je compris que les arts martiaux coréens, censés être rassemblés dans la FFTDA l'étaient surtout hors de la FFTDA, et bien plutôt contre elle. Mais c'est une longue histoire, qu'on racontera peut-être un jour. L'étude si on l'entreprend, devrait porter sur la question : pourquoi un appareil d'Etat français (la FFTDA par exemple) est-il par nature incapable de promouvoir réellement des arts étrangers (coréens en l'occurence) ? Comment parce qu'il en est incapable par nature, oppriment-ils ceux qui les promeuvent effectivement, même modestement ?

Que nous veut aujourd'hui la FFTDA ? Comme tout le monde, dans cette période de crise, elle veut du flouze ! Aussi, nous menace-t-elle d'un procès pour "usurpation de grades".*

Précisons : aucun pratiquant de Soo Bahk Do n'a jamais passé de grades grâce à la FFTDA. Le Soo Bahk Do ne l'a jamais bien intéressé d'ailleurs : trop petit, trop international, techniquement trop archaique, difficilement repérable du grand public, bref, tout à fait négligeable pour les gens qui ont de l'ambition pour le Sport Français, Mesdames Messieurs, et n'ont pas envie de perdre du temps à des broutilles !

Comment avons-nous obtenu notre 2ème dan de Taekwondo ? En faisant un dossier présentant notre cursus de Soo Bahk Do à une commission de spécialistes, et en payant le tarif "équivalence 2ème dan". Il est vrai qu'en ce temps-là, nous avions quelques amis bienveillants dans le groupe d'expertise. Mais le temps a passé. Nous voilà 4ème dan. Et comme le dit l'adage, le temps, c'est de l'argent. Nous tenons à le repréciser ici : NOUS NE SOMMES QUE 2ème DAN  (FFTDA), option secrétaire de séance, et non 4ème DAN (option do-bok moulant ?)

En jetant un oeil au document faisant état de précédants procès intentés par la FFTDA, on note par exemple qu'elle s'en prend à un pratiquant liés au Chung Do Kwan, une des 5 écoles coréennes existant avant la création du Taekwondo. Ce cas est assez semblable au nôtre avec l'école Moo Duk kwan, elle aussi chronologiquement antérieure à l'émergence du Taekwondo. En réfléchissant un instant, on voit donc qu'un appareil d'Etat français fait des procès à des pratiquants liés à des écoles d'où est issu le Taekwondo. Or ces écoles, que l'Etat français le veuille ou non, continuent à exister, à avoir des élèves au-delà de la Corée.

Que ces élèves aient à payer un impôt pour leur grade, c'est prendre le cours des choses à l'envers. On sait aussi que l'Etat français est assez coutumier de la négation de l'histoire, à commencer par la sienne propre. Alors celle des autres ... 

 

* "Nous tenons à vous alerter très fermement sur les conditions légales d'utilisation d'un Dan de Taekwondo et d'une discipline associée (...) Vous ne pouvez donc pas utiliser les grades que vous citez. Pour vous convaincre, nous joignons à la présente mise en garde la décision de la cour d'Appel de Lyon, qui a condamné pénalement et civilement une personne qui n'avait pas souhaité régulariser sa situation". Nous vous invitons à stopper toute usurpation de Dans et à prendre contact avec les services de la Fédération (...)

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Published by Dodeline - dans shwl
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