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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 21:09

Heinrich Von Kleist (1777-1811), auteur notamment du Prince de Hombourg et de Penthésilée, fait partie des écrivains inclassables, capables d'oeuvres d'une fulgurante modernité. Nous publions ici des extraits de son texte court Sur le théâtre de marionnettes. Nous l'avons lu comme une étude sur le mouvement, question on ne peut plus centrale dans les arts martiaux.
Le texte se présente sous la forme d'une conversation entre un danseur et un journaliste admirateur, à propos du mouvement des marionnettes. Le journaliste cherche à comprendre l'admiration que voue le danseur célébre à ce type de spectacles réputés populaires et réservés aux enfants.


(...) Quel avantage cette poupée aurait-elle sur les danseurs vivants ?
- Quel avantage ? Avant tout mon excellent ami, un avantage négatif : elle ne ferait en effet jamais de manières. Car l'affectation apparait comme vous le savez, au moment où l'âme (vis motrix) se trouve en un point tout autre que le centre de gravité du mouvement. Et comme le machiniste ne dispose, par l'intermédiaire du fil de fer ou de la ficelle, pas d'un autre point que celui-ci, les membres sont comme ils doivent être, morts, de simples pendules, et se soumettent à la seule loi de la pesanteur ; une propriété merveilleuse, qu'on chercherait en vain chez la plupart de nos danseurs.
" Vous n'avez qu'à regarder la P..., poursuivit-il, quand elle joue le rôle de Daphné et que poursuivie par Apollon, elle se retourne vers lui ; son âme est logée dans les vertèbres des reins ; elle se plie comme si elle voulait se briser, telle une naïade de l'Ecole du Bernin. Voyez le jeune F..., quand il symbolise Pâris debout entre les trois déesses, et tend la pomme à Vénus : son âme se tient cachée (c'est effroyable à voir) dans le coude.
" De telles erreurs, ajouta-t-il pour couper court, sont inévitables depuis que nous avons mangé du fruit de l'Arbre de la Connaissance. Mais le Paradis est vérouillé, et le Chérubin à nos trousses ; il nous faudrait donc faire le tour du monde pour voir s'il n'est peut-être pas rouvert par derrière".
Je ris. il est vrai pensai-je, que l'esprit ne saurait se tromper là où il n'existe pas. Mais je remarquai qu'il ne m'avait pas encore tout dit et le priai de poursuivre.
" Du reste, me dit-il, ces poupées ont l'avantage d'être antigravitationnelles. Elles ne savent rien de l'inertie de la matière, propriété on ne peut plus contraire à la danse : car la force qui les soulève dans les airs est supérieure à celle qui les retient au sol. Que ne donnerait notre bonne G... pour peser soixante livres de moins ou pour qu'un contrepoids de cette importance vienne l'aider à exécuter ses pirouettes et ses entrechats ? Comme les elfes, les poupées n'ont besoin du sol que pour le frôler et réanimer l'envolée de leurs membres par cet arrêt momentané ; nous-mêmes en avons besoin pour y reposer un instant et nous remettre des efforts de la danse : instant qui n'est manifestement pas de la danse, et dont il n'y a rien d'autre à faire que de l'écarter autant qu'on peut."

(à suivre

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 16:12

A la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l’Un ni au multiple. Il n’est pas l’Un qui devient deux, ni même qui deviendrait directement trois, quatre ou cinq, etc. il n’est pas un multiple qui dérive de l’Un, ni auquel l’Un s’ajouterait (n + 1). Il n’est pas fait d’unités, mais de dimensions, ou plutôt de directions mouvantes. Il n’a pas de commencement ni de fin, mais toujours un milieu, par lequel il pousse et déborde. Il constitue des multiplicités linéaires à n dimensions, sans sujet ni objet, étalables sur un plan de consistance, et dont l’Un est toujours soustrait (n - 1). Une telle multiplicité ne varie pas ses dimensions sans changer de nature en elle-même et se métamorphoser. A l’opposé d’une structure qui se définit par un ensemble de points et de positions, de rapports binaires entre ces points et de relations biunivoques entre ces positions, le rhizome n’est fait que de lignes : ligne de segmentarité, de stratification, comme dimensions, mais aussi ligne de fuite ou de déterritorialisation comme dimension maximale d’après laquelle, en la suivant, la multiplicité se métamorphose en changeant de nature. On ne confondra pas de telles lignes, ou linéaments, avec les lignées de type arborescent, qui sont seulement des liaisons localisables entre points et positions. A l’opposé de l’arbre, le rhizome n’est pas un objet de reproduction : ni reproduction externe comme l’arbre-image, ni reproduction interne comme la structure-arbre. Le rhizome est une antigénéalogie. C’est une mémoire courte, ou une antimémoire. Le rhizome procède par variations, expansion, conquête, capture, piqûre. A l’opposé du graphisme, du dessin ou de la photo, à l’opposé des calques, le rhizome se rapporte à une carte qui doit être produite, construite, toujours démontable, connectable, renversable, modifiable, à entrées et sorties multiples, avec ses lignes de fuite. Ce sont les calques qu’il faut reporter sur les cartes et non l’inverse. Contre les systèmes centrés (même polycentrés), à communication hiérarchique et liaisons préétablies, le rhizome est un système acentré, non hiérarchique et non signifiant, sans Général, sans mémoire organisatrice ou automate central, uniquement défini par une circulation d’états. Ce qui est en question dans le rhizome, c’est un rapport avec la sexualité, mais aussi avec l’animal, avec le végétal, avec le monde, avec la politique, avec le livre, avec les choses de la nature et de l’artifice, tout différent du rapport arborescent : toutes sortes de “devenirs”. Un plateau est toujours au milieu, ni début ni fin. Un rhizome est fait de plateaux.

 

(…) Ne jamais faire racine, ni en planter, bien que ce soit difficile de ne pas retomber dans ces vieux procédés. “Les choses qui me viennent à l’esprit se représentent à moi non par leur racine, mais par un point quelconque situé vers le milieu. Essayez donc de les retenir, essayez donc de retenir un brin d’herbe qui ne commence à croître qu’au milieu de la tige, et de vous tenir à lui” (Kafka, Journal). Pourquoi est-ce si difficile ? (...). Pas facile de percevoir les choses par le milieu, et non de haut en bas ou inversement, de gauche à droite ou inversement : essayez et vous verrez que tout change. Ce n’est pas facile de voir l’herbe dans les choses et les mots (Nietzsche disait de la même façon qu’un aphorisme devait être “ruminé”, et jamais un plateau n’est séparable des vaches qui le peuplent, et qui sont aussi les nuages du ciel).

 

Mille Plateaux, capitalisme et schizophrénie 2, Gilles Deleuze Felix Guattari

 

 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 12:36

Nuage noir dévalant le papier

Encre impatiente qui ramasse en elle

sables pierres cendres d'éruptions étreintes

 

Puisant aux forces telluriques

Soudain déferle la vague blanche

des mondes anciens puissante revanche

 

Eau noire débordée du canot

portant en elle d'inattendus diamants

Fracas de foudre de tonnerre de glace

Etes-vous les battements du renouveau

 

Cristaux bien nés du ciel et de la terre

Diamants de gloire et de frayeur

Présent à ce qui croît

Fardeau pour ce qui désespère.

 

 

      Film2004 impression 3

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:33

Affamée mais incapable de toucher à quelque nourriture, je restai là, dans les courants d'air qui me glaçaient le sang.

Lorsqu'elle m'aperçut dans le grand hall, elle vint jusqu'à moi.

- Tu es libre de partir, me dit-elle d'une voix à la fois douce et ferme. Regarde autour de toi, il n'y a ni porte, ni serrure.

Je regardai autour de moi, sans bien savoir si ces alentours n'étaient pas plutôt l'intérieur de moi. Effectivement, ni porte, ni serrure, ni clé. Seulement un composé de cellules conscientes, rentrant en relation les unes avec les autres d'une infinité de manières au gré des instants successifs.

Dans l'obscurité silencieuse, je me répétai : ni porte, ni serrure, ni clé. Rassemblant mes forces, je me levai, et pris la direction qu'aucune flèche n'indiquait.

  Das Schwarze Auge, Ulrich Kiesow

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 21:48

"C'est parce que la racine de votre foi n'est ni vigoureuse ni profonde qu'il vous prend des envies de remballer vos affaires et de partir au loin, en errant sur les routes.

Que vous manque-t-il donc ? Tous les hommes ne possèdent-ils pas la nature de Bouddha ? Mais vous, la verriez-vous là, devant vos yeux, que vous la manqueriez encore !

Audrey Hepburn and Gregory Peck at the Mouth of Truth Roman

(...)

Dès qu'un maître ouvre la bouche, vous avalez tout ce qu'il dit comme des mouches qui se battent sur un tas de fumier. Puis vous vous réunissez par groupes de trois ou cinq pour des discussions interminables. Quelle misère !

Nos anciens patriarches n'ont pas pu s'empêcher de léguer quelques sentences pour vous aider à comprendre le tch'an, mais elles ne font que vous en éloigner. Soyez libres, redressez l'échine. N'est-ce pas là le chemin vers la Vérité ?

Laissez-moi seulement placer tout le ciel et toute la terre à l'extrêmité de vos paupières. Ne soyez pas impatients. Lentement, minutieusement découvrez la vérité de ce que je vous dis. Et lorsque vous l'aurez découverte, ça n'empêchera pas le maître du tch'an de vous briser la jambe quand vous vous présenterez à sa porte.

Si vous pensez qu'un grand maître du tch'an apparaitra en ce monde pour vous dispenser son enseignement, vous feriez mieux de me cracher au visage. Tant que vous ne serez pas maître de vous-mêmes, vous croirez toujours pouvoir tirer profit de ce que vous entendez, mais ce ne sera jamais que le bien d'autrui, non le vôtre."


Yun-mên, in Les maîtres Zen, ibid.

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:45

 

Un jour qu'il avait célébré un service pour l'anniversaire de la mort de son maître, un disciple interrogea Liang-chieh :

"Quand vous étiez chez maître Yun-yen, quelles instructions particulières avez-vous reçues de lui?

- Aucune.

- Dans ce cas, pourquoi lui adresser des offrandes ?

- Je ne vénère mon regretté maître ni en raison de ses vertus ni en raison de son enseignement mais parce qu'il ne m'a pas révélé son secret."

Le moine lui demanda alors s'il était d'accord avec l'enseignement de son ancien maître :

"J'en accepte une moitié, l'autre moitié je la rejette.

- Pourquoi n'acceptez-vous pas la totalité ?

- Si je le faisais, je serais indigne de mon maître."

 

in Les Maîtres Zen, J. Brosse


Cairn-Solene

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 09:08

 

 

Houei-neng était un jeune garçon qui subvenait à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa mère en vendant du bois sur le marché. Un jour, après avoir livré un client, Houei-neng en passant la porte, entendit provenant de la rue au-dehors, des paroles qui le saisirent. Il demanda à celui qui les avait prononcées d'où il les tenait. L'homme lui répondit qu'il s'agissait du sûtra du diamant, qu'il avait appris au monastère Feng-mao sur le mont Houang-mei où il avait séjourné. On prêtait à ce texte sacré des vertus puissantes, comme celles de permettre d'accéder directement à l'Eveil par la compréhension immédiate.

Houei-neng en fut bouleversé.

Après des adieux à sa mère, il prit la route pour se rendre au monastère.


Houei-neng y fut accueilli par Maître Hong-jen, qui lui demanda :

- Que viens-tu faire et qu'attends-tu de moi ? 

-Je ne suis qu'un pauvre garçon du peuple du Sintchéou. Si je suis venu de si loin, c'est pour vous présenter mes respects. Je ne cherche rien d'autre que l'enseignement qui permet de devenir un Bouddha.

- Tu n'es qu'un barbare. Comment peux-tu espérer devenir un Bouddha ?

- Sans doute existe-t-il des hommes du Sud et des hommes du Nord mais il n'y a ni sud ni nord dans la nature de Bouddha. Mon corps diffère du vôtre mais non ma nature profonde.

Le Maître fut frappé par cette réponse, il aurait souhaité poursuivre l'entretien mais la présence d'autres moines le retint. 

Houei-neng fut envoyé dans les cuisines, où on lui confia la tâche de piler le riz et d'éplucher les légumes.


Quelques temps plus tard, le Maître Hong-jen réunit les moines pour leur annoncer :

- Rien n'est plus important pour l'homme que la question de la vie et et de la mort. Pourtant vous, mes disciples, au lieu d'essayer de vous évader du cycle des naissances et des morts et de sortir enfin de l'océan de douleurs, vous pensez seulement à gagner par vos mérites le champ de bénédiction. Si votre nature est encore aveuglée, comment pourriez-vous entrevoir la porte de la libération ? Retournez dans vos cellules et cherchez par vous-mêmes la sagesse suprême (prajna) elle seule permet de voir sa nature profonde. Que chacun de vous compose une stance à ce sujet. Si je me rends compte que l'un d'entre vous a acquis la compréhension intime, je lui remettrai la robe et lui communiquerai le Dharma, ce qui fera de lui le 6ème patriarche. Retirez-vous et faites vite, une longue réflexion est tout à fait inutile.


En quittant la salle, les disciples se disaient entre eux :

" A quoi bon écrire cette stance et la soumettre au patriarche ? Le patriarcat ne peut revenir qu'à notre instructeur, le doyen Chen-sieou. Quand il aura reçu le Dharma, nous nous en remettrons à lui ". C'est ainsi que l'esprit en paix, aucun ne prit la peine d'écrire la stance.


De son côté, dans sa cellule, Chen-siou était tiraillé :

"Aucun des moines n'osera rentrer en compétition avec moi, leur instructeur. Si je ne présente pas ma stance, comment le patriarche pourrait-t-il juger de ma compréhension ? Si en quête du Dharma, je lui remets ma composition, mon intention sera pure. Mais si j'agis en vue d'obtenir le patriarcat, je ne serai qu'un intrigant et je me rendrai coupable d'usurpation en prenant la place d'un saint. Mais si je ne présente pas ma stance, j'aurai perdu toute chance d'obtenir le Dharma. Je ne sais vraiment que faire."


Finalement, Chen-siou décida, au lieu de la remettre au patriarche, d'aller écrire sa stance sur le mur du corridor sud, sur le point d'être repeint. Il pensa que si le maître approuvait la stance, il irait se prosterner devant lui, en lui disant qu'il en était l'auteur ; en cas contraire, que de temps perdu sur cette montagne, et que d'hommages reçus non-mérités !

A minuit, à la lueur de la torche, sur le mur du corridor sud, Chen-siou écrivit :

 

Ce corps est l'arbre de l'Eveil.

L'esprit est comme un miroir brillant

Efforcez-vous de le polir sans cesse

Afin que la poussière n'y puisse s'y déposer.

 

Le lendemain, Maître Hong-jen passant dans le corridor découvrit la stance sur le mur. Il réunit les moines, fit brûler de l'encens et dit :

-Vous tous, ne manquez pas de réciter cette stance. Grâce à elle, vous pourrez contempler votre propre nature. Si vous la mettez en pratique, vous ne sombrerez pas !

Tous les moines éprouvèrent une vive admiration, la récitèrent tous ensemble et s'exclamèrent : "quelle merveille !"


Le soir, Maître Hong-jen fit venir Chen-siou dans la grande salle.

- C'est bien toi, Chen-siou, qui a écrit la stance ?

- C'est bien moi Maître, afin que vous jugiez de mon humble sagesse et de la profondeur de ma compréhension.

- La stance montre que tu approches, mais tu as seulemnt atteint le seuil sans pouvoir le franchir. Va donc et médite encore quelques jours avant de me présenter une nouvelle stance. Si elle témoigne que tu es arrivé là, je te remettrai la robe et le Dharma.


Ce même jour, Houei-neng entendit un jeune moine qui récitait la stance. Il lui demanda de quoi il s'agissait. On lui raconta toute l'histoire. Houei-neng demanda alors :

-Depuis plus de six lunes que je suis ici, je n'ai pas pu m'approcher de la grande salle. Pourrais-tu m'amener jusquà elle, que je puisse moi aussi voir la stance, et la réciter afin de renaître dans une terre de Bouddha ? Houei-neng fut conduit devant la stance, il lui rendit hommage. Puis comme il était illettré, il demanda qu'on la lui lise. Ayant pénétré sa signification, il en composa une à son tour, qu'il demanda au moine qui l'accompagnait d'écrire sur le mur.

 

A l'origine, il n'y a pas d'arbre de l'Eveil

Ni non plus de miroir brillant

La nature de Bouddha est par elle-même vacuité

Où dont pourrait se déposer la poussière ?

 

Puis Houei-neng retourna à son travail en cuisine. Une grande agitation régnait dans le monastère, que Hong-jen s'efforça de calmer en disant que cette stance aussi était insuffisante.

Cependant, il fit venir Houei-neng en secret le soir dans la grande salle. Hong-jen lui donna la quintessence de son enseignement. 

-Maintenant que je t'ai transmis le kasâya (robe) et l'enseignement, tu es devenu le sixième patriarche. La robe qui n'est transmise qu'à un seul de génération en génération en est le témoignage. Le Dharma qui ne se communique que de coeur à coeur est propre à conduire directement les hommes jusqu'à la révélation de leur nature profonde.

Puis il ajouta :

- Depuis les temps anciens, chaque fois que le Dharma est ainsi transmis, la vie du moine qui devient le nouveau patriarche ne tient qu'à un fil. Si tu restes ici, tes jours seront en danger. Tu dois partir.

Houei-neng prit la route, accompagné jusqu'au fleuve par le cinquième patriarche, puis il continua seul. Des centaines de moines se lancèrent effectivement à sa poursuite. Il dut attendre une quinzaine d'années avant de sortir de l'anonymat, puis de fonder un monastère sur le mont Ts'ao-ki. Il y vécut et enseigna trente six années, avant de s'y éteindre en 713.


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Sources principales :  

- Les Maîtrez Zen, J. Brosse (Albin Michel)

- La pratique du Zen, Taisen Deshimaru (Albin Michel)

- Petite histoire du Tchan, Nguyen Huu Khoa (Point, sagesse)

 


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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 10:12

Ce moment particulier où vous êtes dans l'urgence de réaliser un acte simple, répété des milliers de fois et, où votre disque interne se bloque, ne trouve plus les informations. Par exemple en conduisant, quelqu'un vous demande si votre siège n'est pas trop près du volant. Réflexion faite oui, peut-être, le siège est trop près du volant, mais cela ne vous gêne pas tellement ; vous avez déjà conduit des centaines de kilomètres ainsi. Mais quand même, cela vous fait vous interroger globalement sur votre position, sur ce qu'il faut faire pour conduire.

Pendant ce temps la petite voiture descend dans la pente prend de la vitesse le virage en épingle à cheveu n'est plus qu'à une cinquantaine de mètres et vous voilà à vous demander sous lequel de vos pieds se trouve la pédale de frein l'accélérateur et l'embrayage. De toutes façons il y a déjà un problème il y a trois pédales mais vous n'avez que deux pieds alors comment faire ?

 La petite voiture n'est plus qu'à une trentaine de mètres et vous êtes bien incapable de choisir votre pédale mais maintenant vous avez conscience que si vous faîtes le mauvais choix en appuyant sur l'accélérateur plutôt que sur le frein vous emmenerez votre chère maman et vous-même dans le décor certes un beau paysage mais enfin un décor dans lequel vous n'aurez plus le loisir de vous poser tant de questions. La voiture n'est plus qu'à une vingtaine de mètres et vous savez aussi que votre vénérable maman fait un véritable effort pour vous prêter sa voiture car elle y apporte un très grand soin et d'ailleurs à chaque fois qu'elle vous laisse conduire elle ne peut s'empêcher d'aller discrètement vérifier si vous n'en avez pas rayé la carosserie pas vous bien sûr mais tous les individus malveillants qui voyant une si jolie voiture si bien soignée n'ont qu'une idée l'abîmer. Enfin en réalité ça peut être vous aussi qui rayez la voiture mais on ne le dit pas c'est sous-entendu depuis ce jour de vos vingt ans où avec des copains un peu excités et bruyants vous êtes rentré dans un pylone en marche arrière avec une autre voiture bien soignée de votre maman déjà. Une réputation pour la vie. Un erreur de pédale et on dira c'est sûr aussi que vous conduisez mal ou trop vite bref pas correctement et surtout que vous ne respectez pas la boîte de vitesse des voitures alors que c'est ce qui coûte cher dans les voitures la réparation de la boîte de vitesse. Déjà elle a pas d'argent et en plus elle abîme tout. Raison pour laquelle prêter une voiture à cette fille parce qu'on veut lui faire plaisir est vraiment la pire des idées la preuve. 

La voiture n'est plus qu'à une dizaine de mètres du virage et vous choisissez une pédale car au fond de vous vous sentez que la seule façon de vous en sortir est empirique. Vous devez expérimenter quelle pédale est la bonne parce que l'information reste introuvable et plus vous cherchez la réponse plus les réponses qui se présentent vous éloignent de la réponse dont vous avez maintenant absolument besoin. Cela tombe bien que vous ayez enfin pris cette décision car le virage n'est plus qu'à cinq mètres. Bing blang catatrouf pok.

La voiture hoquète bien que je regarde la route je sens le visage de ma mère qui se tourne vers moi avec une expression d'incompréhension de crainte et de colère. C'est dingue comme les arts martiaux développe la vision panoramique. Le temps de rectifier l'erreur qui s'est enfin déclarée. Une voix douce et tranquille pour s'excuser de cet accroc de conduite probablement dû à de l'inattention. 

 


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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:01

 

Il était une fois un mandarin qui possédait un chat et l'aimait beaucoup. Il en était si fier, il trouvait l'animal si extraordinaire qu'il décida de le nommer "Ciel".

Un jour, un ami lui dit :

- Permettez moi de vous faire remarquer qu'il est une chose plus puissante que le ciel, ce sont les nuages, puisque les nuages peuvent cacher le ciel.

- Vous avez raison dit le mandarin. Je vous remercie. Je vais désormais baptiser mon chat si extraordinaire de nom de "Nuage".

A quelque temps de là, un autre mandarin vint prendre le thé à la maison.

- Comment ? s'écria-t-il, vous appelez "Nuage" cet animal si extraordinaire ? Mais il est une chose bien plus forte que les nuages, c'est le vent qui les chasse devant lui.

Dès lors son maître nomma "Vent" le chat dont il était si orgueilleux.

Une semaine ne s'était pas écoulée que le maire de la ville invité chez le mandarin aperçut le chat si extraordinaire.

- "Vent" dit-il me paraît un nom bien indigne des mérites de votre animal préféré. Le vent trouve facilement son maître, c'est le mur qui peut l'arrêter.

- En effet, répondit le propriétaire du chat. Désormais mon animal le mieux aimé s'appellera "Mur".

Un peu plus tard, un étudiant qui travaillait chez le mandarin fit remarquer respectueusement au seigneur qu'il est un être capable de vaincre le mur, c'est la souris qui peut y percer son trou.

- C'est vrai, reconnut la mandarin. Je vais donc l'appeler "Souris".

Alors vint à passer le petit garçon du jardinier.

-"Souris" ! s'écria-t-il en riant, mais il y a quelque chose de bien plus puissant que la souris, c'est le chat qui l'attrappe et la mange.

Monsieur le mandarin comprit alors sa vanité. Désormais, il appela cet animal dont il était si fier, du plus beau des noms qu'on pût lui donner : "Chat".


1383162 479418558822660 1272453171 n

 

Conte du Vietnam, Madeleine Riffaut

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 17:35

 

- Maître, s'il vous plaît, enseignez-moi la véritable histoire du bouddhisme ! demanda un disciple à Maître Joshhu.

Joshhu répondit :

- As-tu terminé ton repas ?

- Bien sûr, Maître, j'ai terminé.

- Alors va laver tes bols.

 

 

version adaptée d'un conte in 

 Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par T. Deshimaru

 

 

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