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SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan










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 Bienvenue sur le blog Shiwol do-jang !


Shiwol do-jang est un espace mental construit en France à partir de la pratique de l'art martial Soo Bahk Do -Moo Duk Kwan. 
Le Soo Bahk Do est un art martial coréen, façonné par la culture et la tradition coréennes. Si certaines de ses techniques remontent à plusieurs centaines d'années, l'art dans sa forme moderne naît en 1945. La Corée recouvre tout juste sa liberté après 30 ans d'occupation japonaise lorsque Hwang Kee fonde son école Moo Duk Kwan à Séoul, d'où est issu le Soo Bahk Do.

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La pratique du Soo Bahk Do repose sur les principes de respect du vivant ("hwal" en coréen) et d'harmonie nécessaire entre l'humain et la nature. Sont également considérées comme fondamentales la cohésion du groupe et la solidarité. Enfin, comme le veut l'empreinte confucéenne, la relation entre l'enseignant et l'élève étudiant est considérée comme étant de la plus haute valeur. On trouvera aussi toutes sortes de textes, réflexions, digressions comme autant de petites sentiers cheminant dans l'art martial et au-delà.

Articles Récents

13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:12

 

Seng-ts'an (?-606) serait venu voir le troisième patriarche alors qu'il était atteint de la lèpre.

Il lui dit :

- "mon corps souffre d'une maladie mortelle"; Maître veuillez me purifier de mes fautes".

Houei K'o répondit :

- Apporte-les moi et je t'en purifierai".

Seng-ts'an garda un moment le silence puis répondit :

- j'ai eu beau les chercher, je ne les ai pas trouvées.

- C'est que je t'en ai débarrassé.

Une version antérieure de la même histoire raconte que Houei K'o aurait accueilli Seng-ts'an par ces mots : 

- Tu souffres de la lèpre, qu'attends-tu de moi ?

- Même si mon corps est malade, mon esprit n'est pas différent de votre propre esprit.

Le deuxième patriarche comprit alors qu'il avait rencontré un éveillé, il l'accepta pour disciple et en fit par la suite son successeur.

In Les Maîtres Zen, Jacques Brosse, Albin Michel.

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 09:53

Samedi 24 mai, Shiwol organisait un stage de tui shou. 

 

Shou caractere chinois shou signifiant main autocollant-r320790b

Shou, la main, est le mot chinois pour le Soo coréen que l'on trouve dans "Soo Bahk Do" ; c'est aussi le 1er caractère chinois sur le drapeau de l'école Moo Duk Kwan.  

 A propos de mains, il nous fut expliqué par Maître Chen Yi-rhe le sens du salut chinois (utilisé également dans plusieurs styles coréens de sabre et d'Hapkido), avec un poing fermé recouvert par une main ouverte : salut à deux mains, dans lequel on trouve présente la dynamique yin/yang. Salut qui signifie que le poing, symbolisant la force des armes, doit être retenu par le fourreau, la main ouverte.  Intéressant sujet de méditation pour les élèves de l'école Moo Duk Kwan : qu'est-ce qui, dans notre école, fait office de fourreau pour ce poing jaune or, qui s'affiche sur le drapeau ? J'avancerai ici une hypothèse : c'est le caractère "Duk" material 139470986317562 400x300

 (de Moo Duk Kwan) c'est-à-dire la vertu, le fourreau comme retenue indispensable à tous ceux qui cultivent la force par l'entraînement. 

 

Tui

La poussée dont il est question s'avère être aussi bien un "tirer", le mouvement de base du tui shou étant circulaire. L'expérience toute simple mais instructive consistait dans le fait que le mouvement de pousser et de tirer se situe dans une continuité spatiale et temporelle. Pas d'interruption entre le fait de pousser et de tirer. Cette nécessaire continuité dans l'exercice implique que le travail à deux se fasse réellement à deux. Ce que montre la posture de base du binôme de tui shou : vue du dessus, il figure le yin/yang.

 

Tsing

 Pour que les deux partenaires travaillent effectivement à deux, le contact des mains est le moyen de l'écoute mutuelle "tsing". Voici comment on décompose le caractère pour "écoute".

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On s'aperçoit que ce caractère est très proche du Duk coréen (De en chinois), le seul élément les différenciant étant le caractère de gauche "oreille" qui remplace celui de "jambe et pied" dans le caractère De*

Il nous reste à souhaiter que tous les élèves participant aient autant d'écoute de l'énergie de leur partenaire que de jambes pour cheminer sur la voie et s'y tenir bien campés.


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Merci à Maître Chen Yi-rhe et à tous les participants !

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 12:55

 

Parce que les élèves ont souvent du mal à trouver du relâchement,

Parce que ce relâchement est important pour que l'entraînement soit un plaisir

Parce qu'il est  essentiel pour une meilleure efficacité des techniques

Shin/Chuk

 

Parce que toutes les disciplines martiales n'insistent pas sur les mêmes aspects

Parce que les discours de ces disciplines sont parfois contradictoires

mais pas forcément

 

Parce que les arts martiaux sont souvent accompagnés d'une propagande nationale ou nationaliste

Et que cette idéologie nationaliste à chaque fois qu'elle s'exprime 

abîme l'art, affaiblissent les idées les plus belles portées par ces "arts martiaux"

Et parce que nous prenons l'existence des nations comme un moment de l'histoire

sans plus

 

Et parce que nous aimons cette vieille idée humaniste, formulée par Pascal

qui est aussi celle de l'éucation populaire

qu'il est "bien plus beau de savoir quelque chose de tout que tout d'une chose"

 

Pour ces raisons et bien d'autres encore,

Shiwol do-jang organise un

 

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 Informations et inscription à l'adresse :

shiwolsoobahkdo@gmail.com

avant le 23 mai

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 12:25

 

Par un perpétuel pied de nez du réel,

c'était quand ils ne se comprenaient pas

qu'ils se comprenaient le mieux.

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:17

 

- Vous vous rendez compte, Jacques, on a gagné une heure sur le trajet Bordeaux-Paris ?

- Fort bien ... et, qu'allez-vous faire de cette heure ?

 

En-Macedoine-la-balade-artistique-d-un-ane-et-ses-panneaux-

 

anecdote à propos de Jacques Ellul

 

 

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 10:35

A l'entraînement parfois, pas de courage, le sentiment d'avoir des gestes brusques et maladroits. Et finalement, dans cette espèce de méforme, de désordre ou de confusion qu'on pourrait prendre pour une phase régressive, on sent, on trouve d'autres choses, inattendues, comme venues peut-être du fin fond du chaos d'où chaque être est sorti, ce qu'on appelle chez les Hébreux "tohu bohu".

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 10:37

Au jardin, ce matin, dans un doux soleil, un peu trop déjà peut-être :

Ne tenir à rien, est-ce la plus grande liberté ou le début de la barbarie ?

Un papa qui traverse avec son fils sur un petit tracteur s'arrête et s'approche en saluant à deux mains : "c'est joli ce que vous faîtes". 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 21:36

Depuis des temps sans commencement, l'Esprit n'est jamais venu à l'existence et n'a jamais cessé d'exister. Tel qu'il est le voici, réalité en soi. Mais dès qu'on le considère intellectuellement, on divague... Illimité, insondable il est comme l'espace vide.

Ainsi cet esprit unique est le Bouddha, et entre le Bouddha et les être vivants, il n'est pas de différence. Cependant, les êtres vivants parce qu'ils s'attachent à des caractères particuliers, cherchent toujours ailleurs, et ce faisant, en arrivent à tout perdre. Envoyant leur idée du Bouddha à la recherche du Bouddha, et leur esprit à la recherche de l'Esprit, ils ne peuvent aboutir à rien, même s'ils se consacrent exclusivement à cette recherche. Ils ignorent que le Bouddha apparaît spontanément à celui qui cesse de l'évoquer, en se dégageant du processus de la pensée.

Une silencieuse coïncidence suffit pour que s'arrête le discours intérieur.

 

                  kanji kokoro1 src

 

D'après Houang Po, Principes de la transmission de l'Esprit


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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 08:20

 Naviguant de bon matin sur les vagues de la toile, nous tombons sur une discussion de 2009, dans un forum. Les interlocuteurs sont cultivés polis et convaincus, et la discussion par conséquent assez intéressante. Il s'agit de décider si l'appellation "art martial traditionnel coréen" peut s'appliquer avec raison ou pas, au Soo Bahk Do.

Nous avons dans les pages de ce blog été travaillés par la question et avons à plusieurs reprises essayé d'éclairer le terme "tradition" (tradition 1, tradition 2, tradition 3qui est la cause de bien des malentendus. Pour l'un des interlocuteurs du forum, si l'on ne veut pas abuser du terme "tradition" il faudrait quantifier ce qui, dans une pratique est traditionnel et ce qui est moderne. Et à partir de ce pourcentage, valider si c'est un art moderne ou traditionnel. Savant dosage, qui ressemble à la pesée des âmes après la mort pour savoir si on les envoie en enfer ou au paradis. "Soit on fait du traditionnel, soit on fait du moderne", dit le même interlcuteur. 

Pour avancer et essayer de mieux comprendre de quoi on parle, on devrait commencer par dire que tous les arts martiaux coréens, sous la forme que nous avons reçue sont et ne peuvent être que modernes

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- D'abord du simple fait qu'ils nous sont parvenus, à nous occidentaux de bonne volonté (mais tendanciellement un peu paresseux et distraits quant à l'exigence d'un art asiatique). S'ils nous sont parvenus, c'est que quelque chose a permis qu'ils circulent d'une part, et qu'ils s'implantent d'autre part. Ce qui permet leur circulation, et donc leur conservation dans d'autres espaces que leur lieu d'origine, c'est un certain type de formalisation. Nous entendons par formalisation un programme d'enseignement fixé, correspondant à des niveaux, niveaux validés par des grades (ceintures ou autres), qui permet à l'élève de se rendre compte de sa progression. Peut-on imaginer un art martial coréen où un élève resterait ceinture blanche toute sa vie de pratiquant, jusqu'au jour lointain où peut-être le maître lui proposerait d'enseigner à son tour ?

L'occidental a un besoin viscéral de se sentir progresser, c'est-à-dire de recevoir la marque visible de sa progression ; il a aussi un fort besoin de se différencier, c'est-à-dire d'être reconnu pour lui-même. Enfin, il a besoin de frontière ou séparation symbolique : la ceinture noire, dans l'imaginaire occidental est la frontière entre le pratiquant lambda, et le bon pratiquant. 

Ainsi ce système protocolaire des grades et ceintures que nous aurions de prime abord tendance à considérer comme "traditionnel" pourrait bien plutôt être vu comme ce qui est moderne, parce qu'il a permis que des élèves occidentaux en nombre consistant, s'investissent dans une pratique.*

 Mais pourrait-on nous objecter : ce système est ancien, et existe depuis longtemps dans certaines disciplines. Oui, certes admettons. Mais ce système de grades prend une autre signification en Occident. On peut très bien penser qu'en Asie, traditionnellement, recevoir un grade a une signification telle qu'elle induit dans le même temps des obligations par rapport au groupe : responsabilité, maintien d'une cohésion, éducation des plus jeunes recrues. Dans nos pays de l'Ouest, de nos jours, celui qui reçoit une ceinture noire ou l'équivalent voit d'abord (et souvent presque exclusivement) la récompense de ses efforts et sa réussite propre. Si on lui dit qu'il doit s'engager dans telle ou telle tâche d'édification du do-jang, il le comprend comme quelque chose qui vient de l'extérieur, et comme une contrainte, mais non pas comme faisant partie intégrante de son grade. Faire comprendre à un occidental que sa réussite propre doit être en dialectique étroite avec ce qu'il rend au groupe qui le lui a permis est un grand travail auquel probablement, tous les instructeurs d'arts martiaux dits "traditionnels" sont au prise quotidiennement.

- La seconde raison pour laquelle on devrait dire que tous les arts martiaux coréens sont modernes est que la notion même d'art martial coréen peut être questionnée. Si l'on prend les processus de diffusion des techniques et des pensées en Extrême-Orient, on s'aperçoit qu'ils n'ont été possibles qu'à condition que la question nationale soit minorée voire ignorée. Savoir si telle technique de céramique était coréenne ou japonaise n'était simplement pas une question. Ce qui l'était par contre, c'est qu'elle était nouvelle, qu'elle produisait de beaux objets. Phénomène identique pour la diffusion du Ch'an (Zen) chinois au Japon et en Corée. Qui voulait s'instruire à la source sur le bouddhisme devait se rendre en Chine (voir dans ces pages les articles concernant Dôgen ou Choi Chi-won). Et les chinois eux-mêmes, pour avoir ces connaissances ont dû aller les chercher (voyages, traductions ...) comme en témoigne le roman de Wou Tch'eng-en Le singe pèlerin ou le pèlerinage d'Occident. 

La modernité de la Corée, c'est de faire des arts et produits culturels un espace d'affirmation nationale. Ce besoin d'affirmation qui va aisément jusqu'au nationalisme s'explique notamment par l'histoire de ce petit pays, récente avec la douloureuse occupation japonaise de 1910 à 1945, puis la séparation en deux espaces, Sud et Nord après la guerre de Corée. Mais si l'on va un peu au-délà, on doit se rappeler que la dynastie Yi qui dura la bagatelle de 6 siècles fut pendant longtemps inféodée à la Chine. Que les invasions japonaises furent nombreuses etc.

De ce point de vue, on peut aisémant comprendre que les japonais n'apprécient guère que l'on fasse remonter les sources de l'Hapkido à l'Aikido. La vision aristocratique de l'art des japonais, très sensible dans l'Aikido et la personalité religieuse de Maître Ueshiba ne correspondent guère à l'esprit de l'Hapkido d'aujourd'hui, qui se veut viril, efficace et tout désigné pour les interventions de police. 

 Mais alors quel sens cela peut-il avoir de parler d'art martial traditionnel coréen ?

C'est ce que nous essayerons d'expliquer dans ces pages lors d'un très prochain article.

 

*Le fait de chercher à obtenir suffisamment d'élèves rattachant l'art martial à la modernité.

 


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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 10:51

Dans l'histoire qu'il fait de la fin du voyage en Chine de Dogen, T. Deshimaru varie dans ses versions. Même partition, avec une autre façon de la jouer, c'est toute la richesse d'un morceau de musique. Aussi souhaitons-nous apporter quelques compléments à notre précédent article portant sur la même histoire.

 

Dogen était sur le point de rentrer au Japon, après de nombreuses années passées en Chine à étudier le bouddhisme, lorsqu'il fit la connaissance d'un vieux moine ; celui-ci était très occupé à cueillir et sécher des champignons. Dogen fut très étonné et lui demanda :

- Pourquoi vous qui êtes très âgé, avez un visage si noble et intelligent, un regard qui traduit la profondeur et la sagesse, pourquoi n'êtes-vous que cuisinier ? Je pensais que vous passiez votre temps à étudier les sutras et à faire zazen !

Telle était jusqu'à ce jour l'opinion de Dogen : la cuisine n'était pas le travail d'un vrai moine zen. Mais le vieux tenzo (cuisinier) lui dit :

- Jeune moine, vous ne connaissez pas la vraie lettre et ignorez le vrai sens des mots. Chacune des questions que vous me posez ne sont que paroles sans vie. Mais si vous voulez que vos paroles deviennent la pratique authentique, vous devez saisir profondément la valeur de l'homme de la voie.

Malgré la simplicité du langage, Dogen ne put comprendre immédiatement mais il sentait la véracité de ces paroles et ne désirait pas se séparer du vieux moine. "J'étais traversé d'un frisson et restai longtemps bouleversé. Je me sentais fort honteux", écrira-t-il plus tard. 

Dogen retrouva le vieux tenzo au monastère Keitokuji. Vint bientôt le moment de se séparer. Au moment où il faisait ses adieux, Dogen lui posa sa dernière question : 

- Qu'est-ce que les mots ?

- Un, deux, trois, quatre, cinq ... répondit le tenzo

- Qu'est-ce que la pratique de la Voie ? demanda encore Dogen.

- La Voie existe partout ! dit le vieux tenzo

-Je pensais que la lettre et les paroles, les sutras étaient extérieurs à l'esprit. Je pensais donc que zazen et l'enseignement étaient sur deux plans irrémédiablement différents, que la pratique de la Voie et l'accomplissement des tâches de la vie quotidienne étaient deux choses bien séparées. Je croyais que seul zazen et le soin porté à la conduite juste du moine constituaient la pratique de la Voie.

- Tout ceci n'est pas important, lui dit le cuisinier. tout cela se réfère à un idéal mais entre l'idéal et la réalité, entre zazen et la sagesse, il ne doit exister aucune dualité.

Grâce au vieux cuisinier, Dogen put comprendre la contradiction.

Il n'y a ni idée d'abondance, ni de manque. Toutefois, il y a naissance et destruction, illusion et satori (réalisation), il y a des êtres sensibles et des bouddhas. Les fleurs tombent même si on les aime et les regrette, la mauvaise herbe pousse même si on ne l'aime pas et la rejette. 

Dogen put réaliser la synthèse en comprenant que la contradiction est nécessaire. L'achèvement d'un seul côté ne peut conduire à la perfection du satori. La pratique de zazen est équivalente au satori.

 d'après En Chine, un vieux cuisinier in Le bol et le bâton

120 contes zen racontés par T. Deshimaru


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